Pour la première fois depuis 1986, l’élection présidentielle portugaise pourrait ne pas être décidée au premier tour, signe d’un paysage politique en profonde transformation. En poste depuis deux mandats de cinq ans, le président sortant, Marcelo Rebelo de Sousa (PSD, PPE), ne peut se représenter.
- Onze candidats sont en lice pour lui succéder, dont cinq sont susceptibles d’approcher ou de dépasser les 15 % des voix : s’agit de Luís Marques Mendes (PSD, PPE), António José Seguro (PS, S&D), André Ventura (Chega, PfE), João Cotrim Figueiredo (IL, Renew) et Henrique Gouveia e Melo (indépendant).
- Deux candidats sont favoris pour le second tour : d’un côté, António José Seguro, ancien secrétaire général du PS et proche de l’ancien Premier ministre António Guterres, dont il fut le numéro deux il y a vingt-cinq ans, et de l’autre, André Ventura, le leader de la formation d’extrême droite Chega.
- L’arrivée de Ventura au second tour — une première depuis la restauration démocratique — serait cohérente avec la vassalisation préconisée dans la nouvelle Stratégie de sécurité nationale américaine. Chega est devenu la seconde force politique au parlement au printemps dernier.
Héritier d’un régime semi-présidentiel, le futur président, qu’il soit issu des rangs traditionnels ou d’une force nouvelle, héritera d’un rôle influent qui peut affecter l’équilibre du pouvoir politique national.
- Selon Yves Léonard, « Quel que soit le vainqueur, le futur locataire du palais de Belém pourra capitaliser sur l’interventionnisme hérité de son prédécesseur ou bien revenir à une pratique plus arbitrale des institutions, dans un pays qui cherche un nouveau souffle démocratique, cinquante ans après les premières élections législatives et présidentielle libres. »