En 2023 et 2024, le keynésianisme de guerre de Vladimir Poutine avait fonctionné. Les salaires en hausse, du fait de l’économie de guerre, combinés aux primes distribuées aux familles de ceux qui s’engageaient dans l’armée et aux veuves des soldats morts avaient dopé la consommation des ménages, et ce malgré les sanctions occidentales.

  • Mais ce ressort s’est progressivement rompu l’an dernier, en raison des taux d’intérêt élevés, de la baisse des recettes provenant des exportations d’hydrocarbures et des difficultés budgétaires croissantes de l’État et des régions.
  • Pour ces raisons, la consommation des ménages russes a commencé à baisser en fin d’année 2025.
  • C’est ce que montrent les indices de consommation établis par Sberbank, la plus grande banque de Russie, lorsqu’on les corrige de l’inflation — telle qu’elle est publiée officiellement, et probablement sous-estimée, par la Banque centrale. 

Si on analyse la consommation de façon plus détaillée, on constate des chutes importantes au mois de décembre, supérieures à 10 %, pour les produits de beauté (-17 %), l’électroménager (-16 %), les matériaux de construction (-16 %), les téléphones portables (-15 %), les meubles (-13 %), les bijoux (-12 %), les vêtements (-11 %) ou encore le matériel de sport (-11 %).

  • Mais les dépenses pour ces produits, d’appoint pour la plupart, ne sont pas les seules à avoir enregistré une baisse.
  • C’est également le cas, bien que dans une moindre mesure, des achats de produits alimentaires (-5 %), de carburant (-7 %), de restauration hors-domicile (-1 %) et de transports en commun locaux (-2 %).

Les achats de billets de train ou d’avion et de télécommunications résistent en revanche à cette tendance, tout comme les dépenses de médicaments. Les achats en ligne (notamment pour la seconde main) ont quant à eux explosé depuis le début de la guerre (+ 64 % en décembre 2023, + 30 % en 2024 et +21 % l’an dernier), et connaissent toujours une forte croissance. 

  • Après un recul sensible en 2022, les ménages russes avaient de nouveau fortement augmenté leur endettement en 2023 et 2024.
  • Mais depuis la fin de l’année 2024, ils ont brusquement cessé de le faire.