Aujourd’hui, lundi 13 avril à partir de 16h (Paris), les États-Unis devraient commencer un blocus des ports iraniens, situés dans le détroit d’Ormuz et le Golfe persique. 

  • Selon l’armée américaine, le blocus ne devrait concerner que les navires en provenance ou à destination des ports iraniens. 
  • Trump a également menacé « d’intercepter tout navire dans les eaux internationales ayant payé un droit de péage à l’Iran », sans toutefois préciser comment cette mesure pourrait être appliquée.

Si les États-Unis parvenaient à imposer un blocus sur les ports iraniens, l’impact économique pourrait être considérable pour le régime.

  • En effet, plus de 90 % du commerce annuel du pays passe par le détroit d’Ormuz (soit environ 100 milliards de dollars par an).
  • À eux seuls, le pétrole et le gaz représentent 80 % des recettes d’exportation du pays, et près d’un quart (23,7 %) de son PIB.

Ainsi, selon le chercheur à la Foundation for Defense of Democracies (FDD) Miad Maleki, un tel blocus pourrait coûter environ 435 millions de dollars par jour à l’Iran, soit 13 milliards par mois 1.

  • Depuis le début de la guerre, l’Iran a bénéficié d’un prix du baril de pétrole plus élevé, et connu une hausse de ses exportations.
  • Toutefois, s’ils se trouvent dans l’incapacité d’exporter du brut pendant une période prolongée, les réserves iraniennes pourraient arriver à pleine capacité en seulement 13 jours.
  • Passé ce délai, les producteurs seront contraints de fermer leurs puits. Cela pourrait avoir un impact sur le long terme, et conduire à la perte définitive d’une capacité de production de 300 000 à 500 000 barils par jour (9 à 15 milliards de dollars de recettes par an).

Le blocus américain pourrait aussi conduire à une hausse du prix du baril, et accroître la pression pesant sur l’administration Trump. Selon l’économiste américain Robin Brooks, le rôle secondaire que joue l’Iran sur les marchés énergétiques mondiaux ne devrait pas conduire à un prix du baril supérieur à 120 dollars.

  • Au lundi 13 avril à 13h, le baril de Brent est repassé au-dessus de la barre des 100 dollars. Il se trouve toutefois à un niveau plus faible par rapport au 8 mars, une semaine avant le lancement de la guerre, lorsqu’il avait atteint 116 dollars.
  • Téhéran a menacé de viser « tous les ports situés dans le golfe Persique et à proximité » si ses propres infrastructures étaient menacées 2.
  • Celui-ci pourrait également conduire les Gardiens de la révolution à reprendre leurs frappes sur des navires commerciaux, qui ont cessé depuis le début du mois.
  • Au 13 avril, au moins 19 navires civils ont été touchés par des projectiles iraniens.
Sources
  1. Publication sur X de Miad Maleki, 13 avril 2026.
  2. Arsalan Shahla et Dana Khraiche, « Iran Sends Warning on Gulf Ports After US Threat to Block Hormuz », Bloomberg, 13 avril 2026.