Le trafic maritime dans le détroit a considérablement ralenti aujourd’hui, lundi 13 avril, par rapport aux deux jours précédents, à la suite de l’annonce, hier, dimanche 12 avril, par la marine américaine, de l’imposition d’un « blocus » visant les navires transportant des marchandises iraniennes.
- Ce week-end, le trafic maritime a été le plus élevé dans le détroit depuis le début de la guerre, le 28 février : 38 navires ont effectué la traversée samedi et dimanche, soit 19 par jour en moyenne, contre 12 depuis le 1er mars.
- Aujourd’hui, lundi 13, entre minuit et 17h, seulement 9 navires sont passés par le détroit. Une majorité (5) est rentrée dans le golfe Persique, ce qui est assez inhabituel.
- Depuis le début du blocus, deux navires (non chargés) l’auraient potentiellement violé, mais aucun n’est pour l’heure sorti du détroit : l’un se dirige vers Bandar Abbas, et le deuxième a quitté la semaine dernière le port iranien de Bandar-e Emam Khomeyni.
- Le manque de clarté quant à la circulation dans le détroit a conduit plusieurs navires commerciaux à tenter la traversée, avant de faire demi-tour.
- C’est notamment le cas du Guan Yuan Fu Xing, un vraquier navigant sous pavillon du Panama et lié à une entreprise chinoise, qui s’est engagé dans le canal de navigation longeant les côtes iraniennes ce matin avant de se rétracter.
- Le Rich Starry, un pétrolier visé par des sanctions américaines, a également renoncé à sortir du Golfe persique en début d’après-midi, et se situait à 17h (Paris) au large de l’île de Qeshm, dans les eaux iraniennes.
- L’Auroura, également sous pavillon panaméen, est quant à lui sorti du détroit dans la matinée après une tentative avortée le 8 avril. Durant la traversée, le capitaine du navire a signalé avoir un « équipage indien à bord » — une tactique désormais répandue destinée à signaler son affiliation aux autorités iraniennes afin d’éviter d’être ciblé par un drone.
Les armateurs occidentaux restent très prudents quant à l’idée d’emprunter le détroit. L’armée américaine y a déployé deux destroyers durant le week-end — une première depuis le début de la guerre — afin de « permettre la libre circulation dans le détroit ». Selon le communiqué de l’armée, des forces supplémentaires, notamment des drones sous-marins, devraient se joindre aux opérations de déminage dans les prochains jours.
- L’UKMTO a indiqué plus tôt dans la journée que des restrictions d’accès seraient imposées aux navires battant n’importe quel pavillon et effectuant des opérations en lien avec des installations iraniennes (ports, terminaux pétroliers ou installations côtières), précisant que les navires neutres présents dans ces ports bénéficieraient d’un délai de grâce limité pour quitter les lieux.