Seulement 6 navires ont traversé le détroit d’Ormuz dans la journée du vendredi 10 avril, entre minuit et 17h (Paris). Tous ont emprunté les nouveaux couloirs de circulation imposés par Téhéran, à l’exception de l’Al Muhammad Sameer, un cargo battant pavillon de l’Inde, qui a longé la côte d’Oman, au large de Khasab.
- Le rythme du trafic maritime dans le détroit reste ainsi inférieur à la période qui a précédé l’annonce par Donald Trump du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 avril.
- Depuis mercredi, seulement 24 navires sont entrés ou sortis du golfe Persique, soit une moyenne de 8 par jour. C’est moins que les 12 navires par jour enregistrés depuis le début de la guerre, sur la période du 1er mars au 7 avril, selon une analyse de la revue.
Les armateurs sont toujours dans l’attente des résultats des négociations directes entre Washington et Téhéran, qui devraient se tenir demain, samedi 11 avril. Si J.D. Vance, qui représentera la Maison-Blanche à Islamabad, a déclaré aujourd’hui, vendredi 10, s’attendre à des discussions « positives », de nombreuses incertitudes subsistent, notamment concernant la campagne israélienne au Liban 1.
- Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a déclaré que les négociations seraient « dénuées de sens » si elles se déroulaient alors que le territoire libanais fait toujours l’objet de frappes israéliennes.
La grande majorité des navires qui transitent via le détroit d’Ormuz ont fait escale dans des ports iraniens ou transportent des marchandises iraniennes.
- Hier, jeudi 9, l’Arhimeda, un des rares supertankers battant pavillon russe (il n’en existe que 4 dans le monde) appartenant à la flotte fantôme, est entré dans le golfe Persique en éteignant ses transpondeurs.
- Plusieurs producteurs de pétrole et de gaz de la région ont également signalé à des raffineurs asiatiques qu’ils anticipaient une éventuelle reprise de la production. Le géant Saudi Aramco a notamment demandé à ses clients de soumettre leurs offres pour des cargaisons qui devront être chargées en mai dans les ports de Yanbu et de Ras Tanura, dans le golfe Persique 2.
Dans une note publiée vendredi 10 avril, JPMorgan estime que le prix du baril de pétrole pourrait rester à des niveaux élevés, soit autour de 100 dollars, si la reprise totale des expéditions via le détroit d’Ormuz ne se concrétise pas avant juillet 3. Au 10 avril à 17h, un baril de Brent s’échangeait contre 96 dollars, contre 65 avant le début de la guerre.
Sources
- James Politi, « JD Vance ‘positive’ about fraught negotiations with Iran », Financial Times, 10 avril 2026.
- Florence Tan et Siyi Liu, « Middle East producers prepare for oil export resumption via Hormuz, sources say », Reuters, 10 avril 2026.
- Yongchang Chin, « Oil to Test Wartime Highs If Hormuz Standstill Drags, JPM Warns », Bloomberg, 10 avril 2026.