Selon les données publiées vendredi 3 avril par le ministère russe des Finances, les recettes fiscales issues du pétrole se sont élevées à 494,9 milliards de roubles en mars 2026, contre 956,8 milliards un an plus tôt. Une évolution à la baisse est observée également pour les revenus tirés du gaz : les producteurs gaziers ont versé 122,1 milliards de roubles au budget de l’État, contre 124,5 milliards en mars 2025.

Ainsi, au total, les revenus issus du gaz et du pétrole se sont élevés à 617 milliards de roubles en mars 2026, contre 1 081,3 milliards en 2025 1.

  • Cette baisse s’explique notamment par le fait que les taxes de mars ont été calculées sur la base des prix de février pour le brut Urals, autour de 45 dollars le baril — bien en dessous des 59 dollars retenus dans le budget 2026.
  • Sur l’année 2026, Moscou table sur des revenus de 8 918 milliards de roubles provenant des ventes de pétrole et de gaz, soit une légère hausse par rapport à 2025 (8 480 milliards). 

La tendance observée en mars devrait s’inverser complètement en avril, la fermeture du détroit d’Ormuz ayant propulsé le prix du brut russe Urals au-delà de 60 dollars le baril et se vend avec une prime en Inde, dépassant les 100 dollars.

  • Le baril de brut russe n’avait pas dépassé la barre des 80 dollars depuis avril 2024.
  • Selon plusieurs estimations officielles, les exportations de pétrole russe pourraient générer des revenus supplémentaires de l’ordre de 40 milliards de dollars si les prix du brut restent élevés jusqu’à la fin de l’année 2.
  • Jusqu’au 11 avril, Moscou bénéficie également d’une dérogation accordée par les États-Unis pour ses exportations de brut déjà en mer, concernant 139 millions de barils.

Si la guerre en Iran profite à court terme à Moscou, la Russie pourrait néanmoins avoir du mal à tirer pleinement parti de la hausse de la demande mondiale, notamment en raison des frappes ukrainiennes répétées sur ses infrastructures pétrolières — ports, oléoducs et raffineries.

  • La capacité d’exportation de la Russie aurait été réduite d’un million de barils par jour, soit un cinquième de la capacité totale 3.
  • Le 2 avril, la Russie a annoncé une interdiction d’exportation de l’essence jusqu’à la fin du mois de juillet, afin d’assurer l’approvisionnement du marché intérieur. 
  • Le 26 mars, au forum de l’Union russe des industriels et des entrepreneurs, Vladimir Poutine a mis en garde contre la tentation de dépenser les bénéfices exceptionnels liés à la hausse des prix du pétrole, avertissant que les conditions du marché pourraient rapidement changer.