On ne trouve pas de bauxite, le minerai de base qui sert à produire de l’aluminium, dans la région du Golfe, mais sa transformation est très énergivore. C’est pourquoi la production d’aluminium est surtout concentrée dans les pays qui disposent d’une énergie abondante et peu chère comme le Canada, avec son énergie hydroélectrique, ou les pays du Golfe, avec leur gaz et leur pétrole.

  • En 2025, les pays du Golfe ont représenté environ 8 % d’une production mondiale dominée à hauteur de 60 % par la Chine.
  • Cette part, bien que modeste, peut suffire à déstabiliser le marché global de l’aluminium si elle devait venir à manquer durablement.
  • Le prix spot de l’aluminium sur le London Metal Exchange (LME) a déjà augmenté de 28 % en un an, en grande partie au cours des dernières semaines. 

Mais le risque lié à la hausse des prix n’est pas le seul que prennent les utilisateurs d’aluminium, qui se fournissaient jusqu’à présent auprès des pays du Golfe.

  • Le principal risque est surtout celui d’une rupture pure et simple d’approvisionnement, car les producteurs sont la plupart du temps liés par des contrats à long terme.
  • Ce risque concerne en particulier les industriels américains qui utilisent l’aluminium comme intrant, et notamment les industriels de l’automobile, de l’aviation et de l’armement — des industries clefs pour les États-Unis.
  • Les industriels américains se fournissaient en effet traditionnellement en aluminium pour l’essentiel au Canada, le quatrième producteur mondial après la Chine, l’Inde et la Russie.

Avec 3,3 millions de tonnes en 2025, le Canada produit 5 fois plus d’aluminium que les États-Unis, qui dépendent très largement dans ce domaine de leurs importations.

  • Mais en 2025, Donald Trump s’est engagé dans une guerre commerciale avec Ottawa, qui fait face aujourd’hui — comme le reste du monde — à des droits de douane de 50 % sur ses exportations d’aluminium.
  • En conséquence, les producteurs canadiens ont cessé de vendre leur aluminium aux États-Unis et se sont tournés vers le marché européen.
  • Aluminerie Alouette, le principal producteur nord-américain d‘aluminium, a ainsi vu ainsi la part de sa production vendue en Europe passer en quelques mois de 4 à 57 %. Les autres producteurs canadiens, Alcoa, Rio Tinto, ont suivi un chemin similaire.

Pour les remplacer, les industriels américains se sont tournés principalement vers les producteurs du Golfe. Mais aujourd’hui cette production est à l’arrêt et ne peut plus quitter la région. 

  • À cause de la guerre lancée par Trump et de sa politique commerciale agressive, les industriels américains risquent ainsi d’être contraints de fermer leurs usines faute de matière première, si le conflit dans le Golfe venait à durer.