Hier, mardi 24 mars, les Démocrates ont remporté deux élections spéciales sur trois organisées en Floride, un État solidement républicain qui avait été gagné par Trump avec une avance de 13 points en 2024.
L’État n’a pas voté pour un candidat démocrate à une élection présidentielle depuis Barack Obama, en 2012.
- Dans la 87e circonscription de la Chambre de la législature de Floride, qui comprend notamment la résidence de Mar-a-Lago de Donald Trump, à Palm Beach, la candidate démocrate Emily Gregory a remporté le scrutin avec 2,4 points d’avance sur le républicain Jon Maples, soutenu par Trump.
- Dans la 14e circonscription du Sénat, le démocrate Brian Nathan a créé la surprise en battant la républicaine Josie Tomkow, élue à la Chambre de Floride depuis 2018. Les données préliminaires donnaient pourtant un net avantage financier à Tomkow, dans un district où les républicains représentent 39 % des électeurs, contre 31 % de démocrates 1.
- Les Républicains conservent le contrôle de la 51e circonscription de la Chambre, dont le siège était précédemment occupé par Tomkow. La candidate du GOP Hilary Holley l’a remporté face au démocrate Edwin Pérez avec une avance de 8,4 points. En 2024, Tomkow avait gagné l’élection avec une marge de près de 14 points.
Avec ces deux victoires, les Démocrates ont repris 30 sièges aux Républicains depuis le retour au pouvoir de Trump, en janvier 2025. Ces derniers sont parvenus à conserver plusieurs sièges, mais n’en ont fait basculer aucun, selon une recension réalisée par The Downballot.
Les résultats renforcent l’hypothèse d’un basculement de la Chambre en faveur des Démocrates lors des élections de mi-mandat, en novembre.
- Les Démocrates n’ont besoin de faire basculer que trois sièges pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants.
- Au Sénat, quatre sièges supplémentaires seraient requis.
- Les résultats de ces élections spéciales en Floride envoient un signal important car l’État comporte une part considerable d’électeurs latino-américains (26,5 % selon le dernier recensement) qui ont joué un rôle clef dans la réélection de Trump en 2024.
- Selon le Pew Research Center, près de la moitié (48 %) des latino-américains ont voté pour Trump en 2024 — soit 12 points de plus qu’en 2020 2.
- Or, le Cook Political Report estime que la côte de popularité de Donald Trump auprès de ces derniers est tombée à seulement 34 % depuis.
- La représentante républicaine de Floride Maria Salazar considère que l’élection en décembre d’un maire démocrate à Miami — le premier depuis près de 30 ans — constitue « un signe avant-coureur de ce qui pourrait arriver » en novembre 3.
Ces victoires démocrates témoignent du fait que le soutien de Trump ne suffit plus à assurer des victoires républicaines lors de scrutins locaux. Durant la campagne, la démocrate Emily Gregory a mis en avant des projets visant à lutter contre le coût de la vie en Floride et a pointé du doigt la hausse des primes d’assurance habitation, un sujet également abordé par Brian Nathan.
Sources
- Janelle Irwin Taylor, « Dems hope for long-shot upset in SD 14 Special Election between Josie Tomkow, Brian Nathan », Florida Politics, 24 mars 2026.
- Hannah Hartig, Scott Keeter, Andrew Daniller et Ted Van Green, Behind Trump’s 2024 Victory, a More Racially and Ethnically Diverse Voter Coalition, Pew Research Center, 26 juin 2025.
- Augusta Saraiva et Alicia Diaz, « Republicans at Risk of Losing Latino Support Ahead of Midterms », Bloomberg, 24 mars 2026.