Selon des sources citées par Axios, l’administration Trump étudie des plans visant à occuper ou à bloquer l’île de Kharg 1.
- Une source proche de la Maison-Blanche, citée par le site américain, a affirmé qu’une telle opération ne serait lancée qu’une fois les capacités militaires de l’Iran davantage affaiblies dans la région du détroit d’Ormuz : « Il nous faut environ un mois pour affaiblir davantage les Iraniens par des frappes, prendre l’île, puis les tenir à notre merci et l’utiliser comme levier de négociation ».
- Un autre responsable américain a déclaré à propos de Trump : « Il veut que le détroit d’Ormuz reste ouvert. S’il doit s’emparer de l’île de Kharg pour y parvenir, il le fera. S’il décide de lancer une invasion sur la côte, il le fera. Mais cette décision n’a pas encore été prise ».
- Des responsables de l’administration Trump ont également évoqué la possibilité de déployer des forces américaines pour sécuriser les stocks d’uranium enrichi à 60 % 2.
- La semaine prochaine, un groupe amphibie devrait arriver au Moyen-Orient, accompagné d’une unité expéditionnaire de la marine américaine comptant 2 500 soldats 3.
- Une autre unité de taille similaire sont également en route vers la région. Les États-Unis déploient déjà environ 40 000 soldats dans la région.
Samedi 14 mars, l’armée américaine a mené des frappes aériennes de grande envergure contre des dizaines de cibles militaires sur l’île de Kharg, laissant toutefois les infrastructures pétrolières intactes.
- Trump a déclaré jeudi 19 mars : « On peut détruire l’île quand on veut. Je l’appelle la petite île qui se trouve là, complètement sans défense. On a tout détruit, sauf les oléoducs. On a laissé les oléoducs parce que ça leur prendrait des années pour les reconstruire ».
Ces déclarations ne sont pas nouvelles.
- Le 8 mars, des responsables américains avaient déclaré à Axios que la prise de l’île de Kharg fait partie des objectifs stratégiques de la guerre.
- Entre 90 % et 96 % du brut iranien exporté transite par l’île de Kharg, et ses installations de chargement ont une capacité théorique de sept millions de barils par jour.
- Environ la moitié de l’industrie pétrolière iranienne, estimée à 50 milliards de dollars, est contrôlée par les Gardiens de la Révolution. Cette rente finance la bureaucratie d’État, les forces armées, les milices régionales et l’appareil sécuritaire du régime.
Toute action contre les infrastructures énergétiques du pays sera certainement suivie par des représailles de Téhéran contre les infrastructures des pays de la région.
- Suite aux frappes sur les infrastructures du champ gazier de South Pars, hier, 19 mars, Téhéran a notamment ciblé la zone industrielle de Ras Laffan, au Qatar, qui abrite la plus grande usine de traitement de gaz naturel liquéfié au monde.
Les deux tiers (65 %) des Américains estiment que Donald Trump va déployer des troupes au sol pour une guerre terrestre à grande échelle en Iran, mais seuls 7 % d’entre eux y sont favorables. Un tiers (34 %) des électeurs soutient le déploiement de forces spéciales en Iran. Ce chiffre monte à 63 % pour les républicains, mais descend à 30 % pour les indépendants et 10 % pour les démocrates 4.
- Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé la guerre contre l’Iran le 28 février, 13 militaires américains ont été tués et au moins 200 auraient été blessés.
Sources
- Barak Ravid et Marc Caputo, « Trump mulls risky Kharg Island takeover to force Iran to open strait », Axios, 20 mars 2026.
- Phil Stewart, Idrees Ali, Erin Banco et Gram Slatteryn, « Exclusive : US weighs military reinforcements as Iran war enters possible new phase », Reuters, 19 mars 2026.
- Idrees Ali et Phil Stewart, « US to deploy thousands of additional troops to the Middle East, officials say », Reuters, 20 mars 2026.
- Jason Lange, « Americans think Trump will send ground troops to Iran and don’t support it, Reuters/Ipsos poll finds », Reuters, 19 mars 2026