Plus de deux semaines après le début de la guerre lancée par Donald Trump et Benyamin Netanyahou contre l’Iran, les effets du conflit sur les prix des matières premières les plus affectées par le blocage du détroit d’Ormuz restent plus limités que ceux de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
- Le prix du pétrole Brent, qui avait bondi début mars 2022 à près de 130 dollars par baril, se trouvait au 17 mars à 103 dollars.
- De même, le prix du contrat à terme TTF, qui avait connu un pic à 340 euros le MWh au cours de l’été 2022, semble s’être stabilisé autour de 50 euros le MWh depuis le début du mois de mars.
- Avant le lancement de la guerre contre l’Iran, le prix d’un MWh de gaz se trouvait autour de 32 euros en moyenne au cours du mois de février.
Le prix de l’aluminium, une matière première dont la production est très importante dans le Golfe en raison de l’abondance d’énergie bon marché, est en hausse de plus de 40 % par rapport à son niveau le plus faible atteint en avril 2025, à 2 340 dollars la tonne.
Au 17 mars, une tonne s’échangeait contre 3 350 dollars sur les marchés.
- Ce niveau reste toutefois plus faible qu’en mars 2022, lorsque le prix de la matière première s’était approché des 4 000 dollars par tonne, une semaine après le lancement de l’invasion russe de l’Ukraine.
Le prix du polyéthylène, l’un des plastiques les plus utilisés dans le monde, a lui aussi bondi de près de 30 % à 8 500 yuans la tonne. En mars 2022, il avait toutefois dépassé les 9 300 yuans, avant de commencer à baisser au début de l’année 2025.
- Son prix a augmenté de plus de 2 000 yuans par rapport à son niveau le plus faible de ces dernières années, atteint fin décembre.
L’urée, l’un des composants essentiels des engrais chimiques, lui aussi massivement produit dans la région à partir d’hydrocarbures, a également connu une hausse considérable : +36 % entre le 27 février et le 17 mars.
- Son prix se situe désormais à 660 dollars par tonne, ce qui reste bien en-deçà du pic à plus de 900 dollars atteint en avril 2022.
Si le blé n’est pas produit dans la région, son prix a été affecté par la hausse du prix du pétrole et des engrais chimiques. Un boisseau échangé sur le Chicago Board of Trade atteint aujourd’hui environ 6 dollars, soit son niveau le plus élevé depuis près d’un an.
- Si la hausse pourrait se prolonger à mesure que le conflit dure, son prix avait dépassé les 14 dollars par boisseau dans les jours qui avaient suivi le lancement de la guerre russe contre l’Ukraine, en 2022.
L’évolution du prix des matières premières est dépendante de l’évolution du conflit — et notamment d’une potentielle escalade — ainsi que de sa durée. Si la guerre, ou du moins sa « phase chaude » reste limitée dans le temps, ce que semble vouloir Donald Trump, son impact inflationniste devrait être plus limité que celui de l’invasion de l’Ukraine.