La France compte environ 40 % des communes de toute l’Union européenne. 

  • Elle en totalise ainsi davantage que l’Allemagne (environ 11 000), l’Italie (environ 8 000) et l’Espagne (environ 8 000). 
  • Aujourd’hui, ce sont donc environ 35 000 conseils municipaux que les Français renouvelleront, dans le cadre du plus grand scrutin décentralisé d’Europe. 
  • Dans 68 % des communes, il n’y a qu’une seule liste. 
  • On compte environ 900 000 candidats pour 500 000 sièges municipaux. 

Pour l’emporter au premier tour, il faut obtenir 50 % des suffrages. Sinon, un second tour est organisé entre les listes ayant obtenu plus de 10 % des voix, qui peuvent éventuellement fusionner avec celles ayant atteint au moins 5 %. Le deuxième tour aura lieu le 22 mars.

La grande nouveauté de ce scrutin concerne les trois plus grandes villes, divisées en arrondissements : Paris, Lyon et Marseille (le « PLM »).

  • Jusqu’à présent, les citoyens élisaient les conseillers d’arrondissement, qui élisaient ensuite les conseillers de la ville, chargés de désigner le maire. Ce système créait un scrutin indirect.
  • Désormais, les Parisiens, les Marseillais et les Lyonnais voteront deux fois le même jour : une fois pour les conseillers d’arrondissement, et une fois pour les conseillers de la ville.
  • Ce système implique de fait deux campagnes : une au niveau local de l’arrondissement, et une au niveau de la ville. Mais les habitants continuent d’élire des conseillers, et non le maire directement.

À Paris, Emmanuel Grégoire, candidat du Parti socialiste (PS, S&D), député et ancien premier adjoint de la maire sortante Anne Hidalgo, affronte Rachida Dati, adoubée par Les Républicains (LR, PPE) mais également par une minorité de ministres de l’actuel gouvernement.

  • Renaissance et Horizons (RE) ont également un candidat, Pierre-Yves Bournazel, qui affiche environ 12 % dans les sondages, parfois devancé par la candidate d’extrême-droite Reconquête (REC) Sarah Knafo.
  • Si Grégoire est quasiment assuré de l’emporter au premier tour avec environ 34 % des voix contre 28 % pour Dati, le second tour s’annonce très serré.

Dans la deuxième ville de France, à Marseille, le candidat du Rassemblement national (RN), Franck Allisio, arrive en tête ou en deuxième position dans les différents sondages, talonnant le candidat de la gauche unie (non insoumise) et sortant, Benoît Payan. 

  • La candidate soutenue par le gouvernement, ainsi que par LR, Martine Vassal, plafonne à environ 15-18 %.
  • Jusqu’à présent, la seule grande ville dirigée par le RN en France est Perpignan, qui compte 120 000 habitants — Marseille en a près de 900 000.

La plupart des élections municipales ont une dimension locale et les candidats sont sans étiquette.

  • Il est néanmoins impossible de ne pas y voir une première étape en vue de la présidentielle de 2027.
  • Outre Marseille, le RN estime avoir des chances de l’emporter à Nice — où Éric Ciotti (UDR-RN) est donné favori dans toutes les configurations face au sortant Christian Estrosi (centre-droit) — Toulon, Menton ou Calais.
  • De son côté, Renaissance/Horizons pâtit d’un ancrage local assez limité et, en dehors des cas de Paris ou de Strasbourg, où une liste autonome existe, le « socle commun » s’allie le plus souvent à la droite dans les grandes villes. Parfois, il présente des candidats sous ses propres couleurs, mais avec le soutien de LR, comme à Nice ou à Bordeaux. Parfois, il soutient directement le candidat LR, comme à Marseille, à Toulouse ou à Lyon.

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