La menace d’une opération américano-israélienne en Iran a provoqué une hausse considérable du prix du pétrole. Le Brent a atteint 71,95 dollars par baril le vendredi 20 février, soit 11 dollars de plus qu’au 31 décembre (+ 18 %).

Si la production iranienne pourrait être impactée par de potentielles frappes, les marchés évaluent également les risques d’une perturbation plus large à l’échelle régionale.

  • En moyenne, près de 17 millions de barils de brut et de condensats ont transité chaque jour par le détroit d’Ormuz en 2025.
  • Le goulot d’étranglement pourrait être jugé impraticable par les entreprises pétrolières en cas de campagne militaire prolongée.

Si les principaux producteurs de pétrole, comme l’Arabie saoudite (6,6 million de barils exportés par jour) et les Émirats arabes unis (3,2 millions), pourraient détourner une partie de leur production vers la mer Rouge ou le golfe d’Oman, l’Iran, le Koweït, l’Irak et le Qatar dépendent d’Ormuz pour la totalité de leurs exportations. Les 10 milliards de mètres cubes de GNL exportés chaque jour par le Qatar risqueraient eux aussi d’être bloqués en cas de fermeture du détroit.

Les objectifs poursuivis par les États-Unis et Israël en Iran restent peu clairs. Trump a déclaré vendredi 20 février, en réponse aux questions des journalistes, qu’il envisageait une frappe limitée contre le pays.

  • Des sources proches de l’administration affirment que le Pentagone a présenté plusieurs options au président américain, parmi lesquelles un scénario maximaliste qui prévoit l’élimination de l’ayatollah, de son fils et des mollahs 1.

L’accumulation massive de moyens militaires américains au Moyen-Orient, qui dure depuis plusieurs semaines, éloigne la perspective d’une résolution diplomatique. 

  • Le consultant américain Rapidan Energy Group a ainsi écrit dans une note publiée après la rencontre du 17 février entre le ministre Iranien des Affaires étrangères, Witkoff et Kushner : « Le compte rendu des négociations entre les États-Unis et l’Iran à Genève indique que la voie diplomatique touche à sa fin » 2.
  • Rapidan estime désormais à 30 % la probabilité qu’une riposte iranienne entraîne une perturbation importante des flux énergétiques dans le Golfe — contre 20 % avant les dernières négociations.

Les consommateurs américains pourraient bientôt faire face à un prix plus élevé du gallon d’essence. Celui-ci était passé sous la barre symbolique des 3 dollars le 1er décembre, mais n’a cessé d’augmenter depuis les premières menaces d’intervention de Trump, début janvier.

  • Le CSIS estime qu’une riposte iranienne contre les pays du Golfe pourrait entraîner une flambée des prix du pétrole, potentiellement supérieure à 130 dollars par baril — ce qui pourrait se traduire par un prix à la pompe de 4 dollars par gallon 3
  • Un tel niveau n’avait pas été atteint depuis 2022, suite au lancement de l’invasion russe de l’Ukraine.
Sources
  1. Barak Ravid et Marc Caputo, « Trump’s Iran options : « Token » nuclear enrichment to taking out Khamenei », Axios, 21 février 2026.
  2. Alex Longley et Mia Gindis, « Oil Rises as Traders Weigh Risk of US-Iran Conflict After Talks », Bloomberg, 18 février 2026.
  3. Clayton Seigle, If Trump Strikes Iran : Mapping the Oil Disruption Scenarios, CSIS, 18 février 2026.