Les données vectorielles de la situation sur le front en Ukraine, publiées chaque jour par l’Institute for the Study of War (ISW), montrent que le territoire contrôlé ou revendiqué par l’armée russe s’est contracté de 262 km² sur la période allant du 5 au 19 février.
- Il est à noter qu’une part significative de ce territoire correspond à la zone de contact entre les deux armées, au sein duquel les positionnements des troupes sont mouvants.
- Plutôt qu’une « contre-offensive » au cours de laquelle les forces ukrainiennes seraient parvenues à repousser les assaillants russes hors de positions délimitées, il faut plutôt y voir des « contre-attaques » localisées.
- Un analyse ukrainien notait le 15 février sur Telegram qu’il s’agissait d’opérations de stabilisation du front limitées à certains secteurs spécifiques qui visent à freiner l’avancée russe.
Le changement dans la dynamique n’en demeure pas moins significatif, notamment dans les régions de Zaporijia et de Dnipropetrovsk. Tirant profit de la déconnexion des forces russes de Starlink autour du 5 février, et des conditions météo, l’armée ukrainienne a pu mener ces derniers jours plusieurs assauts mécanisés — un fait devenu rare ces dernières années sur le front en raison de la menace constante que font peser les drones.
Les contre-attaques ukrainiennes à Zaporijia semblent relever d’un choix stratégique.
- Tandis que Kiev a avancé dans le sud du pays, l’armée russe continue de gagner du terrain plus au nord, dans l’oblast de Donetsk, notamment autour de Pokrovsk.
- Depuis plusieurs semaines, Moscou progressait vers la capitale éponyme de l’oblast de Zaporijia, profitant d’une fenêtre d’opportunité relativement dégagée en raison de l’absence de fortifications majeures.
- Si elles venaient à s’approcher suffisamment de la ville, les forces russes pourraient placer leur artillerie à portée des faubourgs du sud et du sud-est de Zaporijia.
- La population de la ville est estimée à plus de 700 000 habitants.
Officiellement, Moscou nie l’impact qu’a eu la déconnexion de Starlink sur les opérations en Ukraine. Le vice-ministre de la Défense, Alexey Krivoruchko, a déclaré à la télévision russe mardi 17 février : « Les systèmes de communication et de commande existants garantissent un échange d’informations stable via des canaux sécurisés. Je tiens à préciser que les terminaux Starlink sont hors service depuis deux semaines, mais cela n’a eu aucune incidence sur l’efficacité ni sur le déploiement des systèmes sans pilote » 1.
- Toutefois, les messages publiés sur Telegram par des comptes pro-Kremlin indiquent clairement que la déconnexion des terminaux a eu un impact considérable sur les capacités de communication de l’armée russe.
- Des hauts responsables européens ont également déclaré, jeudi 19, qu’ils voyaient l’impact de la déconnexion de Starlink comme étant « significatif ». Un responsable de l’OTAN a directement lié les victoires ukrainiennes sur le front à la perte de Starlink 2.
Après une poussée significative entre le 11 et le 15 février, le rythme de progression de l’armée ukrainienne a ralenti ces derniers jours. Il semble actuellement peu probable que les contre-attaques de ces deux dernières semaines donnent lieu à une opération plus large.
Sources
- « Минобороны сообщило, что отключение Starlink не повлияло на войска », RBC, 17 février 2026.
- Alex Wickham, Alberto Nardelli et Daryna Krasnolutska, « Russia’s Front-Line Comms Hit by Curbs to Starlink, Telegram », Bloomberg, 19 février 2026.