L’année 2025 a été marquée par un basculement sans précédent de la stratégie de vote des États-Unis aux Nations unies.
- Dès le 24 février dernier, un mois seulement après le retour de Trump au pouvoir, Washington votait aux côtés de la Russie, de la Biélorusse, des juntes d’Afrique subsaharienne, de la Corée du Nord et de la Hongrie contre une résolution appelant à la fin des hostilités russes contre l’Ukraine.
- Quelques semaines plus tard, en avril, les États-Unis votaient de nouveau aux côtés de Moscou et d’autres régimes autoritaires contre une résolution contenant plusieurs mentions de la guerre d’agression russe.
- Le 14 avril, Trump attribuait la responsabilité de la guerre russe contre l’Ukraine à Kiev en déclarant que Zelensky avait « commencé la guerre contre quelqu’un qui fait 20 fois votre taille en espérant que les gens vous donneront des missiles ».
Tandis que les pays européens partageaient fréquemment les mêmes positions que les États-Unis lors de votes à l’ONU au cours des années précédentes, sous les mandat d’Obama et de Biden notamment, 2025 a été marquée par une divergence sans précédent qui a conduit la totalité des pays européens à se rapprocher de Pékin.
- Selon un rapport de Focal Data publié le 6 février et classant les pays membres des Nations unies en fonction de leurs votes sur un axe d’alignement sur les États-Unis ou la Chine, le nombre d’États considérés comme étant « fortement alignés » sur Washington s’est effondré l’an dernier 1.
- En moyenne, sous Trump, seulement sept pays partagent des positions très proches de celles des États-Unis à l’ONU — le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, Israël, la Moldavie, les Îles Marshall et la Micronésie —, contre 46 en moyenne sous les mandats de Joe Biden et de Barack Obama.
- Le nombre de pays considérés comme étant « alignés » sur Pékin est quant à lui resté stable : 73 — dont l’Inde, la Russie, l’Iran ou les Émirats arabes unis —, contre 87 sous les mandats des deux précédents présidents américains démocrates.
Les pays européens sont toujours considérés par Focal Data comme partageant des positions plus proches de celles défendues par les États-Unis que par la Chine.
Ils se sont toutefois considérablement éloignés des positions américaines l’an dernier.
- Sur la base de l’indice développé par Focal Data, seulement deux pays se sont alignés sur la Maison-Blanche de Donald Trump à l’ONU l’an dernier : Israël et l’Argentine.
- Prise dans son ensemble, l’Amérique du Sud est considérée comme étant plus proche de Pékin, et s’est davantage rapprochée des positions chinoises en 2025.
- L’Océanie a quant à elle suivi une trajectoire similaire à celle de l’Europe, et se trouve désormais plus proche d’une position de « neutralité » à l’ONU — mesurée sur un axe États-Unis-Chine — qu’à n’importe quel moment depuis au moins 1992.
L’étude de Focal Data montre que, sous le deuxième mandat de Donald Trump, les États-Unis occupent une position de plus en plus isolée dans l’enceinte des Nations unies. Tandis que les Européens s’éloignent des positions défendues par Washington, les pays avec lesquels la Maison-Blanche essaye d’opérer un rapprochement, comme la Russie, demeurent eux aussi bien plus proches de Pékin.
Sources
- Patrick Flynn, Mapping the New Geopolitical Axis, Focal Data, 6 février 2026.