Un nouveau cycle de discussions de deux jours s’ouvre aujourd’hui, mardi 17 février, à Genève, en Suisse, entre l’Ukraine et la Russie, en présence des États-Unis. Ces pourparlers font suite aux négociations qui se sont tenues aux Émirats arabes unis à la fin du mois de janvier et au début du mois de février.

  • Les parties ont présenté les précédentes négociations comme constructives, surtout en ce qui concerne les aspects techniques.
  • Un échange de 157 prisonniers contre 157 a eu lieu le 5 février. Des discussions ont également eu lieu sur des mécanismes de mise en œuvre d’un cessez-le-feu.

Si la délégation ukrainienne devrait rester largement inchangée par rapport aux négociations d’Abou Dhabi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a annoncé que la délégation russe serait « renforcée » en raison de « l’éventail plus large de questions » qui devraient être abordées à Genève, dont « les questions clefs concernant les territoires et tout ce qui se rapporte à nos revendications » 1.

Les Ukrainiens considèrent le remplacement d’Igor Kostioukov, chef du renseignement, par Vladimir Medinski à la tête de la délégation russe comme un signal négatif.

  • Medinski, proche conseiller de Poutine, avait dirigé la délégation russe lors des négociations d’Istanbul en 2022. Il a également fait partie de la délégation envoyée à Anchorage pour la rencontre entre Trump et Poutine en août dernier.
  • Devenu une figure centrale durant la pandémie, il conseille aujourd’hui le président russe pour tout ce qui concerne l’histoire, la culture et l’éducation.

Les discussions d’aujourd’hui devraient porter sur l’avenir du Donbass, que la Russie considère comme un préalable à tout cessez-le-feu. 

  • Selon le président Zelensky, une proposition américaine visant à créer une zone économique libre dans le Donbass, qui servirait de zone tampon, devrait figurer à l’ordre du jour 2. Il a toutefois ajouté que ni Kiev ni Moscou n’étaient favorables à une telle solution, qui favoriserait avant tout les intérêts économiques américains.

Samedi 14 février, le vice-président de la commission de Défense de la Douma a déclaré que la Russie « ne se contenterait pas » de simplement obtenir Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson, mais qu’elle devait également parvenir à un changement de régime à Kiev.

  • La Russie continue de faire pression pour que l’Ukraine organise des élections avant tout accord, affirmant que le gouvernement ukrainien actuel est illégitime. 
  • Dans un entretien accordé à l’agence d’État TASS le 15 février, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Galouzine a déclaré que la proposition de Vladimir Poutine de mars 2025 visant à instaurer une administration extérieure temporaire en Ukraine sous l’égide de l’ONU restait envisageable 3. Il a également accusé Kiev d’empêcher les citoyens ukrainiens vivant en Russie de participer à un futur scrutin 4 — préparant déjà le terrain pour une contestation des élections. 
  • Ces déclarations s’inscrivent dans une rhétorique russe plus large : Lavrov a lui aussi déclaré qu’il était dans l’intérêt de la Russie d’avoir une Ukraine « amicale » et « bienveillante ».
  • À Munich, Zelensky a déclaré que l’Ukraine était prête à organiser des élections dès que possible, à condition qu’un cessez-le-feu de deux mois soit mis en place, ou au moins « plusieurs jours » pour s’y préparer. 

Malgré la tenue des discussions en Europe, aucun représentant européen ne devrait être présent aujourd’hui à Genève. Les deux émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, doivent également rencontrer des responsables iraniens aujourd’hui, mardi 17.