Début janvier, le régime cubain a perdu son allié vénézuélien, Maduro, capturé par des forces spéciales américaines à Caracas, puis emmené de force aux États-Unis avec son épouse. La décision annoncée lundi 9 février par la présidente mexicaine, Sheinbaum, de suspendre les livraisons de pétrole brut à Cuba en raison de la menace d’imposition de tarifs par les États-Unis devrait également considérablement l’affaiblir 1.

Faute de carburant suffisant, la majeure partie de Cuba connaît des coupures de courant quotidiennes pouvant aller jusqu’à 12 heures.

  • Si l’île est toujours de facto accessible, plusieurs compagnies aériennes ont annoncé avoir suspendu leurs vols en raison des difficultés de ravitailler leurs appareils.
  • Air Canada, la plus grande compagnie aérienne canadienne, a annoncé mardi 10 la suspension de la totalité de ses vols vers Cuba.
  • Le Canada est le principal contributeur à l’industrie cubaine du tourisme : en 2024, près de 900 000 Canadiens sont partis en vacances à Cuba, contre seulement 140 000 Américains.

Après avoir publié un communiqué le 1er février dans lequel il affirmait être prêt « à réactiver et à élargir la coopération bilatérale avec les États-Unis », le ministère des Affaires cubains a depuis nié l’existence de discussions avec Washington. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Carlos R. Fernández de Cossío, a dénoncé mercredi 11 dans le journal mexicain La Jornada le « comportement oppresseur » de l’administration Trump, le comparant à la relation qui liait autrefois « les maîtres et leurs esclaves » 2.

La stratégie d’asphyxie de l’île menée par l’administration Trump, et notamment le secrétaire d’État Marco Rubio, consiste à l’isoler de ses partenaires régionaux.

  • Sous la pression des États-Unis, le Guatemala a annoncé mardi 10 mettre fin à son accord de coopération sanitaire avec Cuba, dans le cadre duquel le régime envoie du personnel médical à l’étranger, générant près de 5 milliards de dollars par an, selon Washington 3.
  • Depuis le retour au pouvoir de Trump en janvier 2025, plusieurs pays ont annoncé mettre fin ou réduire leur participation à ce programme, dont le Paraguay, les Bahamas, le Guyana, ou Antigua et Barbuda.
  • De son côté, le Nicaragua a mis fin cette semaine à son exemption de visa pour les citoyens cubains. Plusieurs milliers de migrants cubains traversent chaque année la frontière sud du pays pour rejoindre les États-Unis.

La Russie a quant à elle annoncé aujourd’hui, jeudi 12, que sa compagnie aérienne Rossiya allait assurer jusqu’au 21 février six vols de rapatriement de ses ressortissants présents sur l’île. Après cela, tous les vols à destination de Cuba seront annulés en raison des difficultés de ravitaillement 4.

  • Le dirigeant cubain, Miguel Díaz-Canel, a voulu projeter une image de résilience la semaine dernière en listant lors d’une conférence de presse tous les « signes de soutien » reçus, notamment de la part de pays du Sud mais également d’élus espagnols et américains 5.
  • Díaz-Canel a vu dans la mention de la situation à Cuba dans le compte-rendu de l’appel entre Poutine et Xi Jinping du 4 février un soutien direct apporté par Moscou et Pékin face à « l’impérialisme américain » 6.
  • Face à l’isolement croissant dont l’île fait l’objet, il est toutefois difficile d’entrevoir comment ce soutien pourrait se concrétiser, au-delà d’une aide humanitaire à laquelle le Mexique contribue notamment.