Les tentatives de qualification du projet de politique économique de l’extrême droite sont en général dominées par deux points de vue contradictoires. D’un côté, les partis d’extrême droite sont présentés comme menant un projet de résistance contre le néolibéralisme, hostile à la finance, à la mondialisation et à l’orthodoxie du marché. De l’autre, on considère les partis d’extrême droite comme les héritiers du projet néolibéral, poursuivant voire approfondissant le programme politique libéral des quarante dernières années.

Ces deux interprétations simplifient une réalité bien plus complexe : le projet économique de l’extrême droite est bien moins semblable d’un pays à l’autre que nous le supposons actuellement.

Quiconque suit de loin l’actualité financière sait que les politiques de Giorgia Meloni en matière de marchés financiers ne sauraient être plus différentes de celles de Donald Trump. Alors que Meloni prône des réformes « anti-finance » — notamment la protection des entreprises nationales contre les rachats étrangers, la mise en place d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels des banques et la recherche d’un contrôle étatique sur le crédit —, Trump a poursuivi la déréglementation financière et les réductions d’impôts afin de soutenir l’expansion du pouvoir des marchés financiers.

Dans un livre en cours d’écriture, j’explore les complexités du projet économique de l’extrême droite en se concentrant sur la politique des marchés financiers. Mes recherches mettent en évidence ces différences dans les programmes politiques d’extrême droite. Celles-ci découlent de visions distinctes développées par l’extrême droite sur la manière de relancer avec succès l’économie nationale, visions qui dépendent de manière cruciale de la position de chaque économie sur les marchés financiers mondiaux.

Afin de démontrer cette thèse, j’ai établi une base de données sur les intentions politiques dans le domaine des politiques des marchés financiers pour neuf partis d’extrême droite dans les économies de marché avancées, sur la période 2010-2024. Les partis inclus sont le Rassemblement national (RN, France), l’Alternative für Deutschland (AfD, Allemagne), la Solution grecque (Grèce), les Fratelli d’Italia (FdI, Italie), le Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ, Autriche), le Partij voor de Vrijheid (PVV, Pays-Bas), l’Union démocratique du centre (UDC, Suisse), Reform UK (Royaume-Uni) et, aux États-Unis, les républicains américains sous la direction de Trump. La base de données analyse le comportement de vote — et les raisons présidant au vote — sur une série d’initiatives législatives liées à la finance.

La conclusion la plus frappante qui ressort des données est la grande diversité des programmes financiers d’extrême droite d’un pays à l’autre.

Tous les partis susmentionnés utilisent une rhétorique nationaliste pour répondre aux initiatives politiques dans le domaine de la finance, mais ils les traduisent en intentions politiques assez différentes. 

Je distingue trois régimes distincts.

Les partisans du marché du crédit (FdI, RN, Solution grecque) prônent un contrôle étatique fort sur le crédit et le secteur bancaire afin de protéger les entreprises nationales des pressions financières étrangères.

Les partisans du marché de capitaux (AfD, FPÖ et PVV) embrassent les marchés mondiaux des capitaux, mais cherchent à ancrer l’épargne nationale dans les marchés boursiers nationaux.

Les mondialistes gestionnaires d’actifs (UDC, Reform UK et les républicains de Trump) poursuivent un nationalisme largement libéral qui soutient les entreprises nationales de gestion d’actifs.

Chaque régime peut être placé sur un spectre politique, selon la façon dont ils considèrent les marchés financiers — depuis un bord envisageant la finance comme fournisseur de capitaux pour l’investissement productif jusqu’à un autre, opposé, autorisant les marchés financiers à opérer de manière largement indépendante de l’économie productive.

À une extrémité de ce spectre se trouve un groupe envisageant une forme d’autoritarisme productif qui cherche à reconstruire la capacité industrielle nationale. Alors que le groupe intermédiaire combine des éléments des deux, l’autre extrémité du spectre rassemble des acteurs poursuivant un autoritarisme extractif qui renforce le pouvoir des gestionnaires d’actifs et des marchés financiers mondiaux, en privilégiant les rendements basés sur les commissions, la liquidité et l’expansion du marché plutôt que les investissements productifs. 

L’opposition entre politique réglementaire et politique néolibérale ne correspond pas aux orientations politiques réelles du nationalisme financier d’extrême droite.

Inga Rademacher

L’extrême droite ne vit plus dans le monde d’Horkheimer 

Si les interprétations courantes — selon lesquelles l’extrême droite serait soit anti-finance, soit néolibérale — ne constituent pas des prismes analytiques utiles pour comprendre ces régimes, le concept de capitalisme autoritaire d’État de Max Horkheimer 1 offre une perspective autrement plus pertinente.

Après avoir étudié les régimes fascistes et nazis de l’entre-deux-guerres, Horkheimer soutenait que l’autoritarisme d’extrême droite était apparu à un moment où le capitalisme était en crise profonde. Après des décennies de concentration du capital par l’intermédiaire du capitalisme monopolistique, l’accumulation du capital par des moyens privés avait atteint ses limites et l’État fasciste était devenu la seule institution capable de sauver le système.

Selon Horkheimer, l’autoritarisme d’extrême droite ne relève pas des catégories courantes de la politique économique d’après-guerre — réglementaire ou néolibérale –, mais constitue un projet entièrement différent dans lequel l’État prend le contrôle du capitalisme pour assurer sa survie. La propriété privée et la recherche du profit restent centrales, mais la plus-value est de plus en plus gérée par un « capitaliste collectif » : un État qui dirige la production, alloue les ressources et discipline la main-d’œuvre tout en protégeant le pouvoir des élites industrielles et financières.

Mais le monde économique esquissé par Horkheimer n’existe plus.

Depuis l’entre-deux-guerres, les économies de marché avancées se sont beaucoup transformées, notamment en raison de l’essor de la finance. Alors que le capitalisme monopolistique concentrait le pouvoir industriel, le capitalisme actuel repose davantage sur une concentration du pouvoir financier. Plus important encore, les marchés financiers ont radicalement changé depuis les années 1990 avec l’essor du capitalisme des gestionnaires d’actifs. Comme l’affirme Ben Braun 2, ce capitalisme a donné naissance à un nouveau régime des marchés financiers dans lequel les gestionnaires d’actifs conventionnels et alternatifs — fonds communs de placement, fonds d’investissement cotés en bourse (ETF), fonds de pension, fonds de capital-investissement et fonds spéculatifs — sont devenus les principaux détenteurs de capitaux, concentrant le contrôle des actifs des entreprises et des flux d’investissement dans un petit nombre d’institutions actives à l’échelle mondiale telles que BlackRock, Vanguard et Blackstone. Ces institutions ont principalement leur siège dans des économies dotées de centres financiers puissants, tels que les États-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse.

Aujourd’hui, le capital est donc concentré dans le domaine de la finance — et de manière très inégale entre les pays. C’est cette donnée fondamentale qui façonne les différentes capacités des acteurs d’extrême droite à réaffirmer le contrôle national sur le capitalisme.

Dans le capitalisme des gestionnaires d’actifs, le capital est de plus en plus concentré dans des pools de capitaux institutionnels spécifiques qui tirent leurs rentes des économies nationales de manière très inégale. En d’autres termes, le capitalisme des gestionnaires d’actifs crée des gagnants et des perdants.

Dans une grande partie de l’Europe continentale, le nouveau régime a entraîné une augmentation du nombre de rachats étrangers — en particulier par des sociétés de capital-investissement — et une influence étrangère sur la gouvernance d’entreprises nationales, les fonds spéculatifs et les gestionnaires d’actifs institutionnels s’engageant dans l’activisme actionnarial. Les partis d’extrême droite de ces économies ont exploité les bouleversements sociaux et économiques provoqués par ces évolutions pour en tirer des gains électoraux.

Dans d’autres économies, cependant, le capitalisme des gestionnaires d’actifs a été adopté : si de puissantes sociétés de gestion d’actifs ont leur siège social dans le pays, ces institutions peuvent être présentées, dans une optique nationaliste, comme des champions nationaux qu’il faut soutenir.

Partisans du marché du crédit

Le premier régime de notre typologie, celui des partisans du marché du crédit, est né des griefs suscités par le capitalisme des gestionnaires d’actifs dans les économies qu’il a le plus largement pénalisées.

Dans ces économies, l’épargne nationale a été de plus en plus drainée vers l’étranger, car les gestionnaires d’actifs institutionnels (comme BlackRock) ont attiré l’épargne vers des véhicules d’épargne (par exemple, les ETF), mais ont investi les fonds principalement dans des actions américaines. Dans le cas de l’Italie et de la Grèce, les banques internationales sont considérées comme des acteurs soutirant des rentes au pays, et même si leur siège social est situé dans celui-ci, car elles canalisent les fonds nationaux vers l’étranger par le biais de leurs investissements. De même, les économies italienne et grecque, comme l’économie française, ont souffert d’un nombre croissant de rachats étrangers souvent très visibles sur le plan politique et souvent menés par des sociétés américaines de capital-investissement.

Les mondialistes gestionnaires d’actifs — le Parti républicain de Trump, l’UDC et Reform UK — poursuivent une version libérale du nationalisme financier.

Inga Rademacher

En réponse, les partisans du marché du crédit cherchent à reprendre le contrôle des flux de capitaux. Plus précisément, ils visent à ancrer l’épargne dans l’économie nationale afin de pouvoir la rediriger vers les secteurs productifs de l’économie, c’est-à-dire vers l’industrie. Il est frappant de constater que les partis intègrent cette idée de cycle économique dans une économie morale plus large du financement des entreprises, qui serait censée être construite à travers des « cercles concentriques de financement » : lors d’un débat à l’Assemblée nationale en 2024 3, un député RN a ainsi expliqué que le financement « doit provenir d’abord de la famille, puis des employés, puis des investisseurs régionaux, nationaux, européens et, enfin, internationaux, en dernier recours ».

Afin d’ancrer les fonds au niveau national, les partisans du marché du crédit cherchent à permettre à l’État de reprendre le contrôle sur les flux de crédit – ou du moins de retrouver une autorité significative en la matière. La Solution grecque et le RN prévoient d’y parvenir grâce à des banques de développement solides — la Banque hellénique de développement et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), dont il faudrait augmenter les ressources — ces banques étant à même, pour les défenseurs de cette solution, de canaliser l’épargne vers des projets productifs nationaux 4.

Fratelli d’Italia cherche quant à lui à rétablir le contrôle de l’État sur le crédit par le biais d’une consolidation bancaire menée par l’État — fusionnant les banques d’investissement et les banques de détail sous la direction de l’État — afin de faire pression sur les institutions gagnant en importance en Italie pour qu’elles investissent à l’échelle nationale 5.

Comme ces partis ont tendance à considérer les marchés financiers mondiaux comme spéculatifs, ils préconisent une supervision financière forte, des taxes sur les revenus financiers et les banques, ainsi qu’une réglementation stricte des banques et des capitaux spéculatifs. Ces mouvements ont aussi tendance à croire que les fonds spéculatifs et les sociétés de capital-investissement ont facilité l’extraction des rentes nationales par le biais de rachats étrangers et d’ingérence dans la gouvernance d’entreprises nationales. Ainsi, FdI et le RN ont tous deux l’intention de protéger les actifs nationaux contre les rachats étrangers et l’imposition de la valeur actionnariale grâce à de nouvelles lois sur la gouvernance d’entreprise et à des droits de vote multiples qui favorisent les investisseurs nationaux.

Une mise en garde s’impose toutefois avant de regrouper les cas italien, français et grec dans un même groupe : l’économie française a, dans une certaine mesure, connu les deux facettes du capitalisme des gestionnaires d’actifs. D’une part, les marchés financiers sont très développés dans le pays et un nombre important de sociétés de gestion d’actifs ont leur siège en France. En 2024, environ 85 % de l’activité européenne de gestion d’actifs était concentrée dans six pays, le Royaume-Uni étant le plus important, mais la France arrivant en deuxième position.

D’autre part, la France a connu un niveau élevé et constant d’activités de rachat et d’acquisition, y compris plusieurs cas très médiatisés qui ont mobilisé politiquement les nationalistes. Selon les données de l’Institute for Mergers, Acquisitions, and Alliances, depuis 1991, la France a participé à 64 162 opérations de fusion-acquisition d’une valeur totale de 4 300 milliards d’euros — une somme supérieure aux opérations de fusion-acquisition en Italie sur la même période (2 100 milliards d’euros) 6.

Partisans du marché de capitaux

Alors que les partisans du marché du crédit proposent des politiques financières interventionnistes parce que le capitalisme des gestionnaires d’actifs a infligé des pertes nationales importantes à leurs économies, les partisans du marché de capitaux (AfD, FPÖ et PVV), dont les économies ont subi moins de pertes, sont beaucoup moins critiques à l’égard du capitalisme des gestionnaires d’actifs. Si, dans leurs pays également, l’épargne a été de plus en plus canalisée vers l’étranger par le biais des ETF et d’autres véhicules d’investissement institutionnels, et si le capital-investissement a contribué à une augmentation du nombre de rachats étrangers, l’impact a été nettement moins grave. Les partisans du marché de capitaux ont donc adopté une approche hybride qui combine des positions libérales avec certains instruments modérément interventionnistes qui ancrent les capitaux au niveau national.

J’appelle ce groupe celui des partisans du marché de capitaux : ses membres cherchent à canaliser l’épargne nationale vers les marchés financiers nationaux afin de permettre aux petites et moyennes entreprises de se financer sur ces marchés. En raison de l’accent mis sur le développement des marchés de capitaux, les partis de ce groupe poursuivent une orientation politique générale libérale, comprenant une réglementation et une fiscalité limitées des banques et des marchés financiers. Toutefois, pour faciliter l’émergence d’un cycle des marchés de capitaux, un certain degré d’ancrage national reste nécessaire. Par exemple, l’AfD cherche à attirer l’épargne des ménages et des fonds de pension nationaux vers des investissements en actions et en fonds afin de créer une « culture allemande de l’actionnariat ». Toutefois, elle entend favoriser les véhicules d’investissement qui investissent principalement, voire exclusivement, dans des actions allemandes grâce à des incitations fiscales. Cette idée souligne également la dynamique cyclique d’un tel régime.

En protégeant le processus d’accumulation du capital, l’extrême droite ne cherche pas à remettre en cause le capitalisme — mais à l’affermir.

Inga Rademacher

Comme les trois économies allemande, autrichienne et néerlandaise ont connu une augmentation des rachats étrangers, bien que moins importante que dans les économies du premier groupe examiné, celles-ci cherchent à protéger les entreprises dans les domaines clefs de la technologie et des infrastructures par le biais d’un contrôle des investissements directs étrangers. Cet instrument est moins interventionniste que la réforme de la gouvernance d’entreprise et combine donc parfaitement les deux objectifs du libéralisme de marché et de l’ancrage national du capital. À l’issue d’un débat à la deuxième chambre néerlandaise, cette déclaration du PVV illustre bien un tel alliage : « La liberté lorsque cela est possible, la protection lorsque cela est nécessaire. »

Les globalistes gestionnaires d’actifs

Enfin, les mondialistes gestionnaires d’actifs — le Parti républicain de Trump, l’UDC et Reform UK — poursuivent une version libérale du nationalisme financier qui diffère considérablement des deux autres régimes.

Comme leur nom l’indique, les partis de ce groupe ne se concentrent ni sur un cycle économique national des fonds ni sur la protection de leurs économies contre les intrusions étrangères. Au contraire, comme le capital mondial est concentré dans des institutions financières dont le siège social est situé dans leurs économies, les partis de ces pays cherchent à mettre en œuvre des réformes réglementaires et fiscales qui soutiennent les marchés financiers en général et les gestionnaires d’actifs en particulier. L’UDC, par exemple, ne soutient que des restrictions minimales pour le trading haute fréquence ; de même, Trump a abrogé la règle Volcker, permettant aux banques d’investir dans des fonds de capital-risque, des fonds spéculatifs et des fonds de capital-investissement. Enfin, l’UKIP/Reform UK a rejeté les cadres prudentiels de l’Union et de Bâle III, les considérant comme des menaces pour la City de Londres.

En Suisse, aux États-Unis et au Royaume-Uni, ces partis d’extrême droite soutiennent le capitalisme des gestionnaires d’actifs à tel point qu’ils acceptent que cela puisse entraîner une nouvelle baisse des investissements productifs nationaux. Par exemple, l’administration Trump a noté que l’activité considérable de fusions-acquisitions sur les marchés américains depuis les années 1990 avait contribué à un niveau de concentration du capital si élevé que cela avait eu un impact négatif sur le nombre d’introductions en bourse. Malgré ce constat, au lieu de relancer les investissements productifs ou de freiner les fusions-acquisitions, Trump a redoublé d’efforts pour soutenir ces dernières, tout comme les marchés privés — cette politique ayant déjà été menée lors de son premier mandat 7.

Outre la déréglementation, les gestionnaires d’actifs mondialistes se sont concentrés sur des mesures de développement des marchés dans le domaine de la gestion d’actifs : Trump, par exemple, a mobilisé de nouvelles sources d’investissement pour les gestionnaires d’actifs en autorisant les plans de retraite 401(k) à inclure des investissements dans des fonds de capital-investissement et des fonds spéculatifs, canalisant ainsi efficacement l’épargne des ménages vers les marchés privés.

Enfin, si ces partis ne recherchent pas un cycle national de capitaux, ils ont néanmoins intérêt à ancrer les fonds générés à l’étranger. La loi sur les réductions d’impôts et l’emploi (Tax Cuts and Jobs Act) de Trump, adoptée en 2017, a introduit un système d’imposition territoriale qui incite les multinationales et les gestionnaires d’actifs américains à rapatrier leurs bénéfices.

Nos recherches montrent que l’opposition couramment appliquée entre politique réglementaire et politique néolibérale ne correspond pas aux orientations politiques réelles du nationalisme financier d’extrême droite. Au contraire, un régime entièrement différent est en cours d’élaboration, dans lequel l’État prend le contrôle du processus d’accumulation afin de préserver le capitalisme.

Selon la position des économies nationales dans le capitalisme des gestionnaires d’actifs — que le pouvoir financier soit concentré au niveau national ou à l’étranger —, différentes voies sont choisies pour parvenir à une telle fin.

Les partisans du marché du crédit considèrent leurs économies comme les perdantes du capitalisme des gestionnaires d’actifs et cherchent donc à reconstruire la capacité de production nationale grâce à des crédits dirigés par l’État.

Les partisans du marché de capitaux ont l’intention d’ancrer l’épargne nationale dans les marchés boursiers, mais ne prévoient pas de rompre avec la finance mondiale pour y parvenir.

Enfin, les mondialistes gestionnaires d’actifs embrassent le capitalisme financier, cherchant à protéger les gestionnaires d’actifs nationaux en en faisant des champions nationaux et en facilitant l’extraction des profits à l’étranger.

Des décennies d’inaction des partis traditionnels face à la concentration croissante du capital dans les pools de gestionnaires d’actifs ont entraîné des inégalités et une érosion de la sécurité économique dans les économies de marché avancées ; aujourd’hui, l’extrême droite comble ce vide.

Alors qu’elle occupe une place laissée vacante, cette extrême droite n’a pas l’intention d’alléger les pressions structurelles subies par les plus vulnérables de la société.

En protégeant le processus d’accumulation du capital, elle ne cherche pas à remettre en cause le capitalisme — mais à l’affermir.

Sources
  1. Max Horkheimer, « The Authoritarian State », Telos, n°15, 973.
  2. Benjamin Braun, « Exit, Control, and Politics : Structural Power and Corporate Governance under Asset Manager Capitalism », Politics and Society, vol. 50 (4), 2022, pp. 630-654.
  3. Compte rendu de la deuxième séance du mardi 09 avril 2024, Assemblée nationale.
  4. Par exemple, les propriétaires nationaux et les entreprises familiales.
  5. European asset managers on course to manage €33 trillion in 2024, European Fund and Asset Management Association, 12 décembre 2024.
  6. Rapportée au PIB de 2024, la valeur des opérations de fusion-acquisition en France depuis 1991 est aussi supérieure à celle des opérations en Italie sur la même période : en 2024, le PIB de l’Italie et de la France ont été respectivement de 2 190 et 2 900 milliards d’euros.
  7. Dave Michaels, « SEC Chairman Wants to Let More Main Street Investors In on Private Deals », The Wall Street Journal, 30 août 2018.