Depuis la répression violente du mouvement de protestation, l’opposition, bien que limitée, appelle à un changement de régime, tandis que des critiques plus modérés réclament une transition pacifique et un changement de cap.

L’ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi a appelé le 29 janvier les dirigeants iraniens à quitter le pouvoir.

  • Moussavi, leader du mouvement de 2009 et l’une des principales figures de l’opposition, est assigné à résidence depuis 2011. 
  • Dans un communiqué publié la semaine dernière, il a qualifié la répression de « grande trahison et de crime » et s’est dit favorable à la tenue d’un référendum constitutionnel pour permettre une transition « pacifique et démocratique » du pays 1.
  • D’autres figures politiques comme l’ancien président Hassan Rouhani, architecte de l’accord nucléaire iranien de 2015 appellent à une « réforme majeure » afin que « le peuple sente que son message a été entendu », sans pour autant demander un changement de gouvernance 2.
  • 17 personnalités de premier plan ont publié une lettre appelant à la « formation d’un large front national afin d’organiser un référendum et d’établir une assemblée constituante, permettant à tous les Iraniens, quelles que soient leurs convictions politiques, de participer à un processus démocratique et transparent visant à déterminer leur avenir politique ».
  • La lettre qualifie les violences contre les manifestants de « crime organisé d’État contre l’humanité ». Le scénariste Mehdi Mahmoudian, avec deux autres signataires de la lettre, ont depuis été arrêtés.

Plusieurs personnalités qui ont condamné ou, du moins, critiqué le régime pour son déchaînement de violence à l’encontre des manifestants, font partie de la classe dirigeante. Mehdi Karoubi, ancien président du Parlement iranien et figure centrale du Mouvement vert, également assigné à résidence jusqu’à peu, a quant à lui dénoncé les « politiques destructrices de Khamenei sur le plan national et international », notamment « le projet nucléaire coûteux et futile » qui a provoqué l’imposition de sanctions 3.

Les soutiens du régime ont rejeté ces accusations, agitant le spectre d’une tentative d’ingérence étrangère.

  • Le rédacteur en chef du journal conservateur iranien Kayhan (کيهان), Hossein Shariatmadari, considéré proche des groupes les plus radicaux du régime, a dénoncé l’appel de Moussavi comme s’inscrivant dans une tentative de changement de régime poursuivie par les États-Unis et Israël 4.
  • Le président Masoud Pezeshkian avait accusé les manifestants d’être des terroristes entraînés par les États-Unis et Israël « pour enflammer les mosquées, les bazaars et les lieux publics » 5.
  • L’accusation de « terrorisme » permet au régime de justifier des arrestations massives, selon un schéma similaire à celui employé par le dictateur syrien Bachar al-Assad lors de la guerre civile.

Plusieurs personnalités iraniennes avaient appelé à un changement du fonctionnement du régime après les frappes américaines du 22 juin 2025. 

  • Le 8 juillet, 180 universitaires iraniens avaient publié une lettre ouverte à l’attention du président Massoud Pezeshkian, intitulée « Le temps d’un changement de paradigme est arrivé ».
  • Le 17 août, un communiqué de 27 organisations réformistes basées en Iran a appelé le gouvernement à mettre fin à l’enrichissement d’uranium, en échange de l’allègement des sanctions occidentales, ainsi que d’une série de mesures dont l’amnistie des personnalités réformistes, la dissolution des institutions de gouvernance parallèle, la transformation et la libéralisation de l’audiovisuel public, la mise en œuvre de la liberté de la presse et la modification des lois concernant les femmes.