Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils, soit plus que l’Arabie saoudite (297 milliards), mais ne représente aujourd’hui que moins de 1 % des exportations mondiales.
- La production vénézuélienne est ainsi tombée à environ 1 million de barils par jour, contre plus de 3 millions au début des années 2000 en raison notamment d’une mauvaise gestion, de la corruption et des sanctions américaines.
- En 2025, le Venezuela a exporté en moyenne plus de 600 000 barils par jour de pétrole brut, essentiellement lourd, principalement à destination de la Chine, mais aussi de Cuba et des États-Unis.
- La Chine est de loin le premier acheteur du pétrole vénézuélien.
- En décembre 2025, Petróleos de Venezuela a expédié plus de 600 000 barils par jour vers la Chine, soit près de 80 % de ses exportations totales, ce qui représentait environ 4 % des importations chinoises de brut.
Il n’y a aucun doute que l’implication des États-Unis dans l’industrie énergétique vénézuélienne va s’accroître. Lors de sa conférence de presse du 3 janvier, Trump a insisté sur le fait que la prise de contrôle du Venezuela faisait partie de sa politique « America First », car les États-Unis avaient besoin de pétrole et d’énergie.
Les déclarations de Donald Trump font suite aux accusations de l’administration républicaine, qui a déclaré à plusieurs reprises que le Venezuela avait volé le pétrole des États-Unis.
- Dans ses déclarations du 3 janvier, le président américain a déclaré : « Nous allons diriger le pays correctement, cela va rapporter beaucoup d’argent » avant d’ajouter, à propos des anciens gouvernements du Venezuela : « Ils ont volé notre pétrole ».
- Stephen Miller, le Conseiller à la sécurité intérieure des États-Unis, avait déjà déclaré : « La sueur, l’ingéniosité et le labeur des Américains ont créé l’industrie pétrolière au Venezuela. Son expropriation tyrannique a été le plus grand vol de richesses et de biens américains jamais enregistré. Ces actifs pillés ont ensuite été utilisés pour financer le terrorisme et inonder nos rues de tueurs, de mercenaires et de drogues ».
- Si Exxon Mobil et ConocoPhillips ont quitté le pays en 2007 après la prise de contrôle par Hugo Chavez et leur refus d’accepter un schéma public-privé 1, les États-Unis n’ont jamais détenu du pétrole ou de la terre au Venezuela. Les entreprises américaines ont également reçu des compensations financières pour l’expropriation de leurs actifs. 2.
- Chevron est aujourd’hui la seule compagnie pétrolière mondiale à avoir accès aux gigantesques réserves du Venezuela grâce à des licences spéciales qui lui permettent de poursuivre ses activités malgré les sanctions américaines. En 2025, les États-Unis ont importé environ 17 % de la production vénézuélienne.
À partir des précédents historiques, il est peu probable que la production pétrolière au Venezuela se redresse rapidement, comme le souhaite le président américain.
- Quatorze ans après la destitution de Mouammar Kadhafi, la production pétrolière de la Libye est toujours en baisse de 30 %.
- En Irak, où les États-Unis ont joué un rôle majeur dans la gestion du pays après le renversement de Saddam Hussein, il a fallu 12 ans pour que la production revienne à son niveau d’avant-guerre.
Sources
- Brian Ellsworth, Chavez drives Exxon and ConocoPhillips from Venezuela, Reuters, 9 aout 2007.
- Tobi Raji, Leo Sands, Trump says Venezuela stole U.S. oil, land and assets. Here’s the history, Washington Post, 3 janvier 2026.