Dans une publication sur Truth Social, le président Trump a confirmé que les États-Unis ont mené « une frappe à grande échelle contre le Venezuela », ajoutant qu’ils avaient capturé et exfiltré Nicolas Maduro et son épouse.

  • Fox News — mais aussi Reuters — avait déjà cité des responsables américains confirmant que l’armée américaine menait des frappes contre le Venezuela.
  • Dans un entretien avec The Times, Trump a qualifié l’opération de « brillante ».
  • Le président Trump se trouve à Mar-a-Lago, où il a passé les fêtes de fin d’année, mais où il a également reçu plusieurs dirigeants ces derniers jours, dont le président ukrainien Zelensky.
  • Au milieu de la nuit aux États-Unis, les pizzerias proches du Pentagone font état d’une affluence inhabituelle, ce qui est généralement le cas pendant les opérations militaires.

Plusieurs explosions ont été entendues dans la matinée du samedi 3 janvier à Caracas.

  • Selon une première analyse les deux principaux aéroports de la capitale vénézuélienne, l’aéroport international Simon Bolivar, situé à Maiquetía, près du littoral, ainsi que La Carlota, un aéroport plus petit utilisé pour les vols militaires et privés, semblent avoir été touchés.
  • La base militaire de Fuerte Tiuna, dans le sud de la ville, ferait également partie des sites touchés, aux côtés d’autres bâtiments et complexes militaires dont la localisation reste toutefois à préciser, au 3 janvier à 10h30 (Paris).
  • Des bruits d’explosion ont été entendus dans les quartiers de Las Adjuntas, du 23 janvier et de La Guaira. 
  • Des frappes auraient également visé le Cuartel de la Montana, un site militaire où se situe le mausolée de l’ancien président Hugo Chavez, dans le centre de la ville.
  • Des sites de communication, dont celui d’El Volcán, ainsi que plusieurs antennes-relais et tours de transmission auraient également été visées.

La Federal Aviation Administration a interdit aux avions commerciaux américains de survoler le Venezuela, quelle que soit l’altitude, invoquant des risques pour la sécurité liés aux activités militaires en cours. Cette mesure est en vigueur pendant 23 heures, à compter de samedi 2 heures du matin.  

Dans un communiqué les autorités vénézuéliennes dénoncent « la grave agression militaire » perpétrée « par le gouvernement actuel des États-Unis d’Amérique contre le territoire vénézuélien et sa population ».

  • Le communiqué note : « Cet acte constitue une violation flagrante de la charte des Nations unies, en particulier de ses articles 1 et 2, qui consacrent le respect de la souveraineté, l’égalité juridique des États et l’interdiction du recours à la force. Une telle agression menace la paix et la stabilité internationales, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes, et met gravement en danger la vie de millions de personnes. »
  • Le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino López, plus haut gradé de l’armée vénézuélienne et membre clef de la coalition de Maduro, a dénoncé, dans une allocution à la nation, l’attaque. Il s’agit de la première apparition publique d’un haut responsable vénézuélien depuis le début des explosions. Il a affirmé que les frappes américaines ont touché des zones urbaines.
  • Si le président Maduro est arrêté, le pouvoir serait transféré à la vice-présidente Delcy Rodríguez, selon la Constitution du pays. Pour l’opposition vénézuélienne, le président légitime du pays est Edmundo González, actuellement en exil.
  • Dans un entretien à la télévision vénézuélienne, Rodríguez a déclaré ignorer où se trouvent Nicolás Maduro et son épouse : « Nous exigeons du président Donald Trump une preuve immédiate que le président Maduro et la première dame sont en vie. »

Le président colombien Gustavo Petro a publié un message sur X en appelant les Nations Unies à se réunir : « En ce moment même, ils bombardent Caracas. Alerte au monde entier, ils ont attaqué le Venezuela. Ils bombardent avec des missiles. »

  • Le Cuba a également publié un communiqué : « Cuba dénonce et exige de toute urgence une réaction de la communauté internationale contre l’attaque criminelle des États-Unis contre le Venezuela. Notre zone de paix est brutalement agressée. »
  • Le ministère iranien des Affaires étrangères a fermement condamné l’attaque  « militaire américaine contre le Venezuela et la violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays » et réaffirmé « le droit inhérent du Venezuela à défendre sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale ».

L’attaque fait suite à un renforcement considérable de la présence militaire des États-Unis depuis plusieurs semaines dans les Caraïbes et au large des côtes vénézuéliennes. Plus de 10 % des forces navales actuellement déployées par Washington dans le monde se trouvent à proximité de Cuba, de Porto Rico, de Trinité-et-Tobago ainsi que du Venezuela.

  • Vendredi 24 octobre, l’administration Trump avait annoncé le déploiement du porte-avions Gerald R. Ford — le plus important au monde — ainsi que de son groupe aéronaval dans la région.
  • En décembre, des avions-cargos C-17, principalement utilisés pour le transport de troupes et de matériel militaire, ont effectué au moins 16 vols vers Porto Rico depuis des bases militaires américaines.
  • Le porte-parole du Pentagone avait justifié ce déploiement inhabituel par l’objectif de « démanteler les organisations criminelles transnationales (OCT) et de lutter contre le narco-terrorisme pour la défense du territoire national ».
  • L’administration considère Nicolás Maduro comme étant à la tête du Cartel de los Soles, une organisation criminelle suspectée d’être responsable de meurtres, d’enlèvements, d’extorsions et de trafic d’êtres humains, de drogue et d’armes.
  • Donald Trump avait reconnu le 15 octobre avoir autorisé la CIA à mener des opérations clandestines sur le territoire vénézuélien.
  • L’administration a également doublé en août la récompense offerte pour toute information menant à l’arrestation de Maduro, la portant à 50 millions de dollars — soit la plus importante prime jamais offerte.

La marine américaine a détruit au moins 15 embarcations dans les Caraïbes supposément impliquées dans le trafic de drogue depuis l’Amérique du Sud vers les États-Unis, provoquant plus de 60 victimes. 

  • Un blocus sur le pays avait été annoncé le 17 décembre et deux pétroliers ont été saisis aux larges des côtes du pays. 
  • Le 22 décembre, le président américain avait déclaré qu’il serait « sage » pour le président vénézuélien de quitter le pouvoir.