Dans sa course pour réduire l’écart avec OpenAI et les autres leaders de l’intelligence artificielle, Mark Zuckerberg aurait tenté d’acquérir Thinking Machines Lab, une jeune start-up fondée par Mira Murati, l’ex-directrice technologique d’OpenAI.

  • Face à un refus, Zuckerberg a lancé une offensive ciblée pour recruter une douzaine d’employés clefs, dont Andrew Tulloch, cofondateur du Thinking Machines Lab et figure centrale de l’entreprise.

Selon des sources citées par le Wall Street Journal, l’offre faite à Tulloch aurait pu atteindre 1,5 milliard de dollars sur six ans, bonus et performance boursière inclus 1.

  • Cette offre place un ingénieur en intelligence artificielle au sommet des rémunérations mondiales, loin devant les plus grandes stars du sport et du cinéma.

Cette tentative de rachat avortée s’inscrit dans une course à l’intelligence artificielle qui a vu les sept géants de la technologie — Apple, Microsoft, Alphabet (Google), Amazon, Meta, Nvidia et Tesla — dépenser plus de 100 milliards de dollars dans des centres de données et d’autres infrastructures similaires au cours des trois derniers mois seulement.

  • Selon une analyse relayée par un journaliste du Wall Street Journal spécialisé dans l’économie de l’IA, « le développement des infrastructures d’IA est tellement gigantesque qu’il a contribué davantage à la croissance de l’économie américaine au cours des six derniers mois que l’ensemble des dépenses de consommation » 2

Le recrutement des meilleurs chercheurs en IA est rendu encore plus compétitif, car au-delà d’un simple jeu d’offres et de salaires, des loyautés personnelles fortes, des visions rivales de l’IA et une nouvelle résistance culturelle aux logiques purement financières influent de manière décisive sur le choix de carrière.

  • Comme le montrait une enquête du journal spécialisé The Verge, dans un écosystème de plus en plus polarisé, la loyauté envers des personnalités charismatiques et l’adhésion aux visions des dirigeants telle que Mira Murati semble primer sur les incitations financières 3.
  • Les refus répétés essuyés par Meta pourraient également marquer un changement générationnel dans le secteur de la technologie, où les structures plates, l’idéal de « mission » 4 et la méfiance envers les géants de la publicité prennent le pas sur l’attrait traditionnel des stock-options et des salaires élevés.
  • Comme le rapporte le Wall Street Journal, des entreprises comme Safe Superintelligence (SSI) — que Meta a tenté de racheter sans succès — cultivent délibérément l’anonymat et l’invisibilité pour protéger leur capital humain, faisant preuve d’une nouvelle sophistication dans la défense contre le débauchage de talents.

Derrière ces batailles de recrutement se joue le contrôle de la prochaine phase visant la l’intelligence artificielle générale (AGI).