Emmanuel Macron est le premier président français à effectuer une visite d’État au Royaume-Uni depuis Nicolas Sarkozy en 2008. Celle-ci fait suite à celle de Charles III en France en septembre 2023. Il s’agit également de la première visite de ce type d’un chef d’État européen depuis le Brexit.

  • Le 21 septembre, le roi Charles III s’était adressé au Sénat français, une première pour un monarque britannique. Dans un discours en français particulièrement politique, il avait qualifié l’invasion russe de l’Ukraine et le changement climatique de « menaces existentielles ».
  • Emmanuel Macron devrait lui aussi s’adresser au Parlement britannique aujourd’hui, 8 juillet. 
  • La visite se conclura jeudi avec un sommet franco-britannique — le deuxième depuis 2023 — et avec une réunion en visioconférence de la coalition de volontaires pour la défense de l’Ukraine — la troisième organisé par Londres depuis mars — à laquelle participeront le chancelier allemand Merz, la présidente du Conseil italien Meloni et le président ukrainien Zelensky. 
  • Selon l’Élysée, « Il y aura certainement une réflexion sur comment maintenir sérieusement l’Ukraine en capacité de combat », assurer la « régénération de l’armée ukrainienne » et déployer « le moment venu une force de réassurance dans le cadre d’un cessez-le-feu ».
  • Macron et Starmer sont les seuls dirigeants ayant signalé être prêts à déployer un contingent de soldats pour la constitution d’une force de maintien de la paix mais celle-ci reste suspendue à une éventuelle implication des États-Unis.

La visite, qui fait partie du « reset » souhaité par Starmer dans les relations avec l’Europe, devrait se concentrer principalement sur la coopération en matière de défense et de migration et approfondir les thématiques déjà abordées dans l’accord signé avec Bruxelles en mai.

  • En effet, plus de cinq ans après le Brexit, l’Union et le Royaume-Uni ont signé le 19 mai à Londres un accord qui prévoit notamment une coopération renforcée en matière de défense et qui ouvre la voie à la « grande majorité » des exportations agroalimentaires britanniques vers l’Union d’être effectuées sans contrôles ni certificats.
  • Starmer, qui a déclaré en juin, lors du G7, que la situation dans la Manche continuait de se détériorer, espère surtout renforcer la coopération avec la France en matière de contrôle des migrations irrégulières.
  • Dans un contexte politique fragile, alors que le parti de Nigel Farage Reform UK a dépassé le Labour dans les sondages, près de 20 000 personnes ont traversé la Manche au cours des six premiers mois de l’année, soit le chiffre le plus élevé depuis le début de la publication des statistiques en 2018.
  • Entre 2018 et 2025, le Royaume-Uni devrait verser 700 millions de livres à la France pour financer de nouveaux équipements et le déploiement de forces de l’ordre chargées de surveiller les départs dans la Manche.
  • Un accord sur la migration, qui permettrait au gouvernement britannique de renvoyer en France les personnes arrivant irrégulièrement par bateau au Royaume-Uni, en échange de l’acceptation par Londres de certains demandeurs d’asile jugés plus susceptibles de voir leur demande acceptée (par exemple pour des raisons de réunification familiale), est actuellement en discussion. Il s’agirait surtout d’une expérimentation reposant sur le « principe de un pour un » et que la France souhaiterait élargir aux autres membres de l’Union européenne.

La coopération bilatérale en matière de défense devrait également figurer en haut de l’agenda, près de 15 ans après la signature des accords de Lancaster House. 

  • L’accord signé avec Bruxelles en mai, ouvrait déjà la voie à l’accès par les entreprises britanniques au fonds « SAFE », financé par un prêt européen de 150 milliards d’euros pour l’achat d’équipements militaires produits dans les États membres ou les États ayant un partenariat de sécurité avec l’Union.

La France attend également des avancées en matière de coopération nucléaire avec une décision finale en matière d’investissement de la part du gouvernement britannique sur le projet Sizewell C, porté par EDF, qui prévoit la construction de deux réacteurs nucléaires EPR à l’est de l’Angleterre. 

  • Donald Trump est lui aussi attendu au Royaume-Uni pour une visite d’État au mois de septembre.