Entre 1980 et 2024, la part de l’Union européenne dans le PIB mondial (en parité de pouvoir d’achat) a été quasiment divisée par deux, passant de 27,7 % à 14,4 %. Le Fonds monétaire international prévoit que celle-ci devrait continuer de diminuer pour atteindre 13,4 % en 2029. 

Au-delà de ces tendances globales, les équilibres sont également en train de changer au sein de l’Union elle-même.

  • Lorsque l’on compare la croissance du PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (en dollars internationaux courants) des États membres par rapport à la croissance mondiale au cours des trois dernières décennies, plusieurs tendances émergent.
  • Tandis que le PIB par habitant en Italie était égal à 3,5 fois le PIB par habitant mondial en 1990, soit environ 19 000 $, ce ratio s’est considérablement réduit depuis et, en 2023, un Italien ne produisait environ que 2,5 fois plus de richesse que la moyenne mondiale.
  • La Grèce (-23,5 %), la Suède (-19,7 %), la France (-18,7 %) et la Finlande (-17,1 %), sont les autres membres de l’Union dont la croissance a le plus décroché par rapport au reste du monde depuis la fin du XXe siècle.

À l’inverse, le PIB par habitant en Irlande (+122 %), en Roumanie (+111 %) et en Pologne (+84 %) a considérablement augmenté par rapport à la moyenne mondiale depuis 1990, avec une nette accélération pour ces deux derniers depuis leur adhésion à l’Union européenne en 2004 et 2007. Le Fonds monétaire international estime ainsi que le PIB par habitant en Pologne (en parité de pouvoir d’achat) devrait dépasser celui du Japon dès l’an prochain.

  • Selon un rapport de la banque polonaise Pekao publié l’an dernier, la Pologne est le pays qui a le plus bénéficié d’un point de vue économique de son adhésion à l’Union parmi les 10 États ayant intégré le bloc dans le cadre du cinquième élargissement 1.
  • Au cours des deux dernières décennies, le pays a connu la troisième croissance la plus rapide parmi les 27, son PIB réel a doublé, la valeur ajoutée des secteurs de l’information et de la communication et des services aux entreprises a triplé et la part du pays dans les exportations de l’Union a augmenté de 3,1 points de pourcentage.
  • En Roumanie, si au moment de l’adhésion, le PIB par habitant ne représentait que 41 % de la moyenne européenne, il a atteint 79 % en 2024, dépassant la Hongrie, la Slovaquie, la Lettonie mais aussi la Grèce et la Bulgarie. 

Le rapport à l’Union européenne occupera une place centrale dans l’élection présidentielle qui se déroulent aujourd’hui, dimanche 18 mai, en Roumanie — où le candidat d’extrême-droite George Simion décrit Bucarest comme une colonie économique et politique de l’Union, dirigée par « la corrompue Ursula van der Layer (sic) et son réseau de menteurs ».