Avec le Grand Continent nous avons suivi de près l’élection roumaine — l’une des plus importantes de ce premier semestre — avec des enquêtes, des profils et des analyses à chaud. Pour recevoir l’essentiel de nos publications ou pour soutenir notre travail vous pouvez vous abonner à la revue
1 — « La plandémie (sic) touche à sa fin — ou plutôt touche à sa fin le complot qui a été organisé par ceux qui ont inventé le virus. La plandémie (sic) est terminée et les mesures visant à contrôler la population n’ont eu aucun effet. Nous avons vécu libres en Roumanie et nous n’avons rien subi… » 1.
Le 14 février 2022, alors que plus de 61 000 Roumains étaient déjà morts du Covid-19 —, George Simion avait déclaré sur la chaîne Antena 3 que la pandémie n’avait jamais eu lieu, n’ayant provoqué aucun effet, ou plus précisément qu’il s’était agi d’une « plandémie », c’est-à-dire d’un complot ourdi par des globalistes dans le but de dominer la population roumaine.
Le néologisme complotiste « plandémie » (mot valise formé à partir de « plan » et de « pandémie ») est apparu dans les milieux conspirationnistes opposés aux mesures sanitaires contre la propagation du coronavirus dès le printemps 2020, avant de connaître une large diffusion à cause d’un pseudo-documentaire intitulé Plandemic : The Hidden Agenda Behind Covid-19.
George Simion a toujours refusé de porter un masque, malgré la législation et les recommandations des experts en épidémiologie, en faisant de ses positions contre les mesures de contrôle de la diffusion du virus le levier fondamental de sa trajectoire politique.
2 — « Nous sommes le dernier anticorps face à la dictature » : l’émergence roumaine d’un autoritarisme complotiste contre « la dictature sanitaire » 2.
Le 15 octobre 2021 Simion avait réagi à un projet de loi imposant la vaccination au personnel médical, en dénonçant une « dictature » sanitaire. Lors d’une conférence de presse au Parlement, il avait affirmé que son parti AUR serait « le dernier anticorps face à la dictature » en s’opposant fermement à toute obligation vaccinale et à toute « discrimination sur des critères sanitaires ».
L’intellectuel organique du trumpisme, Curtis Yarvin, a déclaré à la revue : « la pandémie est un moment si marquant que l’une des choses les plus remarquables pour moi est que personne ne parle du Covid-19, non pas parce que c’est trop insignifiant, mais parce que c’est trop important […] après la pandémie, le monde était mûr : le moment était venu pour la monarchie. Nous avions besoin d’un monarque. Après le Covid, le monde avait besoin d’une personne capable de dire ‘non’ aux virologues… »
Il apparaît en Roumanie que le moment pandémique a été la matrice d’un mouvement profond.
3 — « Nous ne sommes pas extrémistes, mais nous sommes radicaux ! Nous sommes avec les patriotes, contre les globalistes ! » 3 ; « la guerre [sera combattue] entre les patriotes et les mondialistes, ceux qui ont déclenché la pandémie… » 4
Le 6 décembre 2020, soir des législatives, AUR crée la surprise en entrant au Parlement. George Simion et le co-président Claudiu Târziu proclament un discours devant leurs soutiens où ils définissent leur projet politique à partir d’une opposition nette qui reprend, aussi, une matrice pandémique : « la guerre [sera combattue] entre les patriotes et les mondialistes, ceux qui ont déclenché la pandémie… » 5
On retrouve ici un trope ayant une dimension profondément ancrée dans la politique occidentale : celui des « globaliştii » (mondialistes), des élites transnationales cosmopolites toutes puissantes, coupées de toute « fibra naţională » (fibre nationale) auxquelles les peuples sont appelés à résister.
Cette opposition définit l’idéologie politique de George Simion. D’un côté il y aurait des élites « globalistes » logées dans des capitales étrangères — de Bruxelles à Washington, en passant par Paris — et de l’autre un front commun populiste et populaire qui unit AUR au mouvement MAGA de Donald Trump dont George Simion revendique le soutien et la proximité idéologique — AUR en roumain signifie or, un écho imaginaire au matériau trumpiste par excellence.
Ces formules, fermement ancrées dans un registre complotiste aux relents antisémites, désignent un réseau tentaculaire voué à spolier la nation chrétienne, à corrompre l’âme de la nation, en changeant les programmes de l’enseignement et de l’école « de l’intérieur » 6 — l’AUR avait déclaré dans un communiqué de presse polémique que l’histoire de la Shoah et l’éducation sexuelle étaient des « thèmes mineurs » 7 qui ont été élevés au rang de matières scolaires, ce qu’elle qualifie d’« action systématique visant à saper la qualité de l’enseignement en Roumanie » — ou en truquant les élections.
4 — Dans l’ombre de Georgescu et de J. D. Vance : les juges et tous les responsables de l’annulation de l’élection « devraient être écorchés vifs sur la place publique » 8.
Le soir des résultats le 24 novembre 2024, Simion et ses militants paraissaient aussi surpris que les autres.
Les sondages donnaient AUR en lice pour le second tour avec un Georgescu qui ne parvenait en aucun scénario à dépasser 10 % des voix. Comme chacun sait, Georgescu est cependant arrivé en tête du scrutin en distanciant Simion, arrivé en quatrième position, d’un million de voix et d’environ 10 points de pourcentage.
C’est seulement face aux enquêtes et aux décisions de la Cour suprême roumaine le 6 décembre d’annuler l’élection que la stratégie d’AUR se définit : lancer une campagne offensive en soutien de Călin Georgescu, en surfant sur sa popularité et sur la colère provoquée par l’annulation de l’élection pour se proposer comme le seul candidat légitime anti-système, en misant sur son impossibilité à se présenter, tout en déclarant souhaiter nommer Georgescu au poste de Premier ministre.
C’est ainsi que George Simion a martelé qu’il refusait de « cautionner » le « coup d’État » fomenté « contre la volonté populaire » 9 en allant jusqu’à porter son offensive verbale sur le terrain de la violence politique. Dès le lendemain de l’invalidation de la candidature de Georgescu, il a appelé à châtier publiquement les juges et tous les responsables, en déclarant : « ils devraient être écorchés vifs sur la place publique » 10, avant de qualifier la décision du Bureau électoral central du 9 mars de rejeter la candidature de Georgescu d’« un nouvel épisode du coup d’État commencé le 6 décembre » 11.
Parallèlement, le leader d’AUR a chaleureusement salué, sur Facebook, l’allocution du vice‑président américain J. D. Vance à la Conférence de Munich : il y a vu un « discours historique » sur la liberté d’expression et a assuré que Vance « a exprimé exactement les idées que nous défendons », acceptant « l’offre de l’administration Trump d’appartenir à un monde libre, où la liberté d’expression prime » 12.
Autrement dit, Simion ancre sa dénonciation du « coup d’État » intérieur dans le nouvel horizon trumpiste de la relation transatlantique : celui d’une croisade populiste pour la « liberté d’expression », contre des élites européennes accusées de museler le peuple.
Cette rhétorique trumpiste du changement de régime, qui en Roumanie voit converger les hommes de Poutine avec ceux de Trump, se retrouve également dans les références habituelles à des tropes complotistes liés au « réseau Soros » qui manipulerait la politique roumaine. Le souverainisme incarné par Simion s’érige contre les « ordres étrangers » („ordine străine”) qui auraient le pouvoir de truquer le scrutin 13, de changer les programmes d’enseignement en imposant « l’enseignement de la Shoah » et d’autres « éléments mineurs » 14.
Dans une vidéo postée le 6 novembre 2024 après la réélection de Donald Trump, Simion déclarait : « Le résultat en Amérique est une victoire des patriotes face aux mondialistes (…) Contre tous ces procureurs manipulés par les mondialistes pour monter des dossiers contre nous, pour nous arrêter. »
5 — « Rien n’est au-dessus de Dieu » 15 : dans l’ombre de l’Église orthodoxe et des algorithmes
George Simion se présente comme un « patriote chrétien » luttant contre les globalistes et défendant la souveraineté roumaine en lien avec les traditions orthodoxes.
Début novembre 2024, en pleine campagne électorale pour la présidentielle annulée, l’ancien hooligan George Simion publie un direct TikTok depuis la résidence de l’homme d’affaires ultra‑orthodoxe Gigi Becali — également propriétaire du club de football FC Steaua București, ancien candidat à la présidentielle au centre de plusieurs affaires qui le conduisent même en prison 16.
Un montage est réalisé à partir de ce direct faisant croire que Simion se serait proclamé « au‑dessus de Dieu » — une accusation particulièrement dangereuse pour une personnalité politique faisant de croyants orthodoxes des campagnes roumaines sa cible électorale.
L’un des plus importants chanteurs de manele, Dani Mocanu, le partage avec un commentaire particulièrement dur : « George Simion, je le fais écrire chez le notaire, tu ne seras jamais président de ta vie. J’ai le plus grand pouvoir sur Internet et toute la Roumanie me suit. Je demande à tous les Roumains, même ceux de la diaspora, de ne pas voter pour toi parce que tu prétends être plus fort que Dieu. Tu devrais avoir honte. Personne n’a jamais été, n’est et ne sera jamais plus fort que Dieu. Nous sommes tous égaux devant lui et nous sommes tous sa création » 17.
Face au backlash, Simion publie une réplique sur TikTok en accusant Mocanu (ou « celui qui a monté cette fausse vidéo ») de tromper le public ; il assure que « rien n’est au‑dessus de Dieu » et invoque la présence de Becali — qui possède un crucifix dorée dans son jardin — pour prouver son innocence.
Ce TikTok est devenu l’un des plus viraux de la campagne avec plus de 1,5 million de visualisations, a reçu plus de 35 000 likes, presque 4 000 commentaires et a été partagé des milliers de fois.
6 — « La Russie n’a pas le potentiel pour représenter une menace significative pour la plus grande alliance militaire au monde. » 18
Beaucoup plus prudent que Calin Georgescu, George Simion élabore un discours pacifiste offensif vis-à-vis de l’Ukraine qui le conduit à minorer la menace russe pourtant perçue par la population. À la veille du premier tour, dans un entretien accordé à l’agence Reuters, il a déclaré être opposé à l’aide militaire à l’Ukraine en minimisant le danger de la Russie pour la Roumanie. Il avait précédemment déclaré que les Ukrainiens devaient apprendre « à se comporter ». Il est interdit d’entrée en Ukraine.
La minimisation de la menace russe et la critique de l’OTAN et des alliés roumains insistant sur les ingérences russes font partie de la rhétorique de Simion qui n’avait pas hésité à qualifier le président français Emmanuel Macron de menteur : « Emmanuel Macron a répandu des mensonges dans l’espace public au sujet d’une ingérence russe dans les élections en Roumanie. »
7 — « Je hais cet État artificiel qu’est la Moldavie » 19 — une politique d’expansion territoriale : pour une grande Roumanie
George Simion est né le 21 septembre 1986 à Focșani, une ville de la Moldavie roumaine. Depuis l’adolescence il a milité pour la réunification de la Roumanie et de la Moldavie.
Diplômé d’histoire de l’Université Alexandru Ioan Cuza de Iași, il participe avec un rôle central à des organisations comme Action 2012 ou la Marche du Centenaire qui lui valent plusieurs interdictions d’entrée en Moldavie, où il est persona non grata depuis 2018.
Le 24 février 2024, invité de l’émission Insider Politic sur Prima TV, Simion explique pourquoi il est banni de Moldavie. Il déclare « détester cet État artificiel appelé République de Moldavie », affirmant que ce pays « n’entrera jamais dans l’UE » et laissant entendre qu’il devrait plutôt s’unir à la Roumanie.
Claudiu Târziu, sénateur, co-président du parti, a déclaré en janvier, lors de la journée de l’unification des principautés roumaines que « les frontières naturelles » de la Roumanie impliquaient l’annexion de la Moldavie et de régions frontalières ukrainiennes : « Nous ne serons pas vraiment souverains tant que nous n’aurons pas rétabli l’État roumain dans ses frontières naturelles. La Bessarabie doit retourner à la maison. Le nord de la Bucovine ne peut pas être oublié, le sud de la Bessarabie… la Transcarpatie, tout ce qui faisait et fait partie de la nation roumaine doit retourner dans ses frontières nationales ».
8 — « Comparé à tous les présidents que nous avons eus depuis 1989, Ceaușescu était bien, même très bien… » 20
Le 11 novembre 2024, pendant la campagne présidentielle, Simion accorde un entretien à l’émission Sport și Politică (Sport et politique). Il y déclare que, « par rapport à tous les présidents que nous avons eus depuis 1989, Ceaușescu, c’était bien, bien », allant jusqu’à qualifier l’ancien dictateur communiste de « supérieur à Klaus Iohannis, Traian Băsescu ou Ion Iliescu », à savoir les trois présidents de la République de Roumanie.
Ces propos révisionnistes banalisent la dictature communiste et méprisent les avancées démocratiques depuis la Révolution.
Si Nicolae Ceaușescu — tué dans un procès expéditif en 1989 — est le principal responsable d’un régime autoritaire à l’origine de massacres et de graves violations des droits humains en Roumanie, Simion flirte avec la nostalgie du régime autoritaire, particulièrement présente dans une partie des campagnes roumaines et de la diaspora.
9 — « La Roumanie n’est pas une colonie française. »
Le 23 mai 2024, lors d’un meeting à Piatra Neamț, Simion prononce un discours enflammé contre la domination étrangère. Il compare la Roumanie à une colonie exploitée par les puissances de l’Europe occidentale, en particulier la France : « Même en 2024 la France a encore des colonies : Il y a des colonies officielles, comme la Nouvelle-Calédonie et des une colonies officieuses, comme la Roumanie », lance-t-il, en évoquant la révolte en Nouvelle-Calédonie pour galvaniser son public 21.
Cet élément revient souvent dans la rhétorique nationaliste et revanchiste de Simion qui dénonce ainsi l’exploitation des forêts, du gaz ou de l’agriculture roumaine par des intérêts étrangers.
Ce discours nationaliste radical décrit la Roumanie comme une colonie économique et politique de l’Union — qu’il accuse d’être présidée par : « la corrompue Ursula van der Layer (sic) et à son réseau de menteurs » 22.
Ce discours qui entretien un narratif de victimisation s’adresse notamment à la diaspora roumaine en Europe occidentale qui a d’ailleurs voté à majorité pour le candidat — ils sous-tendent une volonté de sortir de l’Union européenne pour amener une nouvelle forme de liberté : « Nous pouvons encore revenir à la normale, mais nous devons commencer par être honnêtes. Honnêtes au sujet de la crise du logement, de la migration incontrôlée, de la baisse de la natalité, de la pandémie et de la guerre. Toutes ces questions importantes qui ont été portées à notre attention ces dernières années. Oui, nos villes se transforment lentement en ghettos. Mais nous pouvons changer les choses. Oui, nous sommes submergés par les immigrants illégaux. Et cela doit cesser immédiatement. Oui, la baisse de la natalité est un problème majeur. Et nous devons trouver une solution. Et cela, le plus rapidement possible. J’y ai réfléchi et ma solution est que j’ai un petit garçon qui vient de naître, il a seulement 3 jours. Je reviens tout juste de l’hôpital. Après des années et des années de mensonges, les gens veulent la vérité, aussi dure soit-elle. Pour qu’un pays prospère, ses habitants doivent être libres. Libres de s’exprimer, libres de pratiquer leur religion, libres de créer leur entreprise. Libres de penser. Alors oui ! Nous sommes ici pour parler de liberté, de prospérité et de paix. Mais nous ne pouvons pas avoir la prospérité et la paix sans liberté. »
10 — Contre le consensus scientifique sur le changement climatique : « Ces esprits malades qui dirigent le monde… cherchent à semer la peur parmi les gens. Quand j’étais enfant, les étés étaient torrides, c’est normal en été. Restez calmes, chers Roumains ! »
Le 15 juillet 2024 interrogé sur la chaine România TV à propos des alertes météo canicule, il nie la crise climatique (« incălzirea globală e doar un instrument », le changement climatique est uniquement un instrument) et diabolise scientifiques et autorités comme des « esprits malades » ( minți bolnave).
La notion « d’esprit malade » structure également sa diatribe anti‑Bruxelles : « La Commission européenne est dirigée par des esprits malades. Ils nous ont apporté l’inflation, la pauvreté, une pandémie inventée de toutes pièces » 23.
La Roumanie a adhéré à l’Union européenne en 2007, et elle a intégré l’espace Schengen à part entière le 1er janvier 2025. Si au moment de l’adhésion, le PIB par habitant de la Roumanie ne représentait que 41 % de la moyenne européenne, il a atteint 79 % en 2024, dépassant la Hongrie, la Slovaquie, la Lettonie mais aussi la Grèce et la Bulgarie 24. Le taux de chômage en Roumanie est également parmi les moins élevés au niveau de l’Union. Après la pandémie, comme le reste de l’Europe, la Roumanie a connu un important épisode inflationniste. L’augmentation des prix demeure aujourd’hui parmi les plus élevées au niveau de l’Union, avec un taux d’inflation au mois de mars de 5,1 %. Le pays a aussi l’un des déficits les plus élevés (9,3 % du PIB), avec un taux d’endettement qui reste toutefois, comme pour la majorité des pays de la région, en dessous de la moyenne européenne : la dette publique a été de 54,6 % fin 2024.
Sources
- „Se termină plandemia, adică era organizată de cine a inventat virusul. S-a terminat plandemia și măsurile care aveau ca scop control asupra populației nu au avut efect. Noi am trăit liberi în România și nu am pățit nimic…” George Simion despre pandemia de coronavirus care a ucis 61.000 de români : Noi am trăit liberi în România și nu am pățit nimic, cu unele excepții / A fost o ”plandemie” organizată de cine a inventat virusul, G4media, 14 février 2022.
- „Suntem ultimii anticorpi la dictatură și vom respinge această inițiativă legislativă, precum și orice alte tentative de restrângeri de drepturi și libertăți […] pe criterii sanitare” AUR a anunțat că se opune vaccinării anti-COVID-19 obligatorii pentru personalul medical : „Suntem ultimii anticorpi la dictatură și vom respinge această inițiativă legislativă”, G4media.ro, 15 octobre 2021.
- „Nu suntem extremiști, dar suntem radicali ! Suntem cu patrioții, nu cu globaliștii” Liderii AUR : Nu suntem extremiști, dar suntem radicali ! Suntem cu patrioții, nu cu globaliștii/ Votul Diasporei a fost fraudat. Noi suntem la 8-9 %, G4Media.ro, 6 décembre 2020.
- ”E războiul între patrioți și globaliști, cei care au început plandemia”, George Simion despre pandemia de coronavirus care a ucis 61.000 de români : Noi am trăit liberi în România și nu am pățit nimic, cu unele excepții / A fost o ”plandemie” organizată de cine a inventat virusul, G4media, 14 février 2022.
- ”E războiul între patrioți și globaliști, cei care au început plandemia”, George Simion despre pandemia de coronavirus care a ucis 61.000 de români : Noi am trăit liberi în România și nu am pățit nimic, cu unele excepții / A fost o ”plandemie” organizată de cine a inventat virusul, G4media, 14 février 2022.
- Antisoroșismul trumpist și amplificarea urii în România, Revista 22, 15 avril 2025.
- « Experimentele ideologice asupra copiilor din România trebuie să înceteze ! », AUR, 3 janvier 2022.
- « Cei care au comis lovitura de stat ar trebui jupuiți în piața publică » Simion se declară șocat de violențele de la BEC, după ce a chemat la jupuirea celor „care au comis lovitura de stat”. „E o metaforă”, Digi24.ro, 10 mars 2025.
- « Nu girez lovitura de stat dată împotriva poporului român ! », TikTok, 29 avril 2025.
- « Cei care au comis lovitura de stat ar trebui jupuiți în piața publică » Simion se declară șocat de violențele de la BEC, după ce a chemat la jupuirea celor „care au comis lovitura de stat”. „E o metaforă”, Digi24.ro, 10 mars 2025.
- « Cei care au comis lovitura de stat ar trebui jupuiți în piața publică » Simion se declară șocat de violențele de la BEC, după ce a chemat la jupuirea celor „care au comis lovitura de stat”. „E o metaforă”, Digi24.ro, 10 mars 2025.
- « a exprimat exact ideile pe care noi le promovăm », acceptant l’« oferta administrației Trump de a aparține unei lumi libere, în care libera exprimare să primeze », George Simion : Discurs istoric al lui J.D. Vance despre libertate / Acceptăm oferta administrației Trump de a aparține unei lumi libere / Am încredere că alegerile din România se vor relua, așa cum este firesc, începând cu turul doi, G4media.ro, 14 février 2025.
- « Sunt ordine străine pentru deturnarea alegerilor. Rețeaua Soros are deja un candidat. »
- Bursierii Soros nu au ce‑căuta să dicteze în învăţământul românesc George Simion : Bursierii Soros nu au ce să dicteze în învățământul românesc, Realitatea.net, 10 mai 2023.
- „Nimic nu e mai presus decât Dumnezeu”, TikTok, 5 novembre 2024.
- TikTok est le réseau social le plus influent en Roumanie. Le nombre d’utilisateurs roumains sur TikTok (8,97 millions) est sur le point de dépasser le nombre d’utilisateurs sur Facebook (9,05 millions). En 2024, alors que Facebook a perdu 1,3 million d’utilisateurs, TikTok en a gagné 1,7 million. Un utilisateur roumain de TikTok passe en moyenne 32 heures par mois sur la plateforme, plus de temps que n’importe quel autre utilisateur de n’importe quelle autre plateforme.
- VIDEO De ce i-a spus manelistul Dani Mocanu lui George Simion că nu va fi președinte. Live cu Gigi, Newsweek Romania, 6 novembre 2024.
- „Rusia nu are potențialul de a reprezenta o amenințare semnificativă pentru cea mai mare alianță militară din lume”, Reuters, 2 mai 2025.
- „Urăsc acest stat artificial numit Republica Moldova” George Simion : „Urăsc acest stat artificial numit Republica Moldova”, Hotnews.
- „Față de ce președinți am avut din 1989 încoace, Ceaușescu era bine, bine. Era bine comparativ cu Klaus Iohannis, cu Traian Băsescu, cu Ion Iliescu”, Declarație controversată a lui George Simion despre Ceaușescu. „Românilor le era mai bine”, Digi24.ro
- „Avem colonii oficiale, cum e Noua Caledonie, și colonii neoficiale, cum este România” George Simion : Chiar am ajuns noi, românii, să acceptăm liniştiţi ideea că suntem doar o simplă colonie ? Până şi ăia din Noua Caledonie s-au revoltat zilele astea contra francezilor, Ecopolitic.ro, 23 mai 2024.
- “ …decât să am încredere în corupta Ursula van der Layer și în rețeaua ei mincinoasă” Liderul AUR George Simion propune o declaraţie comună a partidelor conservatoare de a nu o vota pe Ursula von der Leyen, News.ro, 27 avril 2024.
- Discurs halucinant al lui Simion : „Comisia Europeană este condusă de minți bolnave. Ne-au adus inflație, sărăcie, o pandemie inventată”, Digi24.ro, 23 juillet 2023.
- Purchasing power parities and GDP per capita – preliminary estimate