New York. La réunion du Forum politique de haut niveau sur le développement durable (FPHN) s’est tenue du 9 au 18 juillet 2019 à New York sous les auspices du Conseil économique et social des Nations unies. Le thème de ce forum, organisé chaque année depuis 2013, était « Donner des moyens d’action aux populations et assurer l’inclusion et l’égalité ». À cette occasion, les Objectifs de développement durable (ODD) nº 4 (éducation de qualité), nº 8 (travail décent et croissance économique), nº 10 (inégalités réduites), nº 13 (action pour le climat), nº 16 (paix, justice et institutions efficaces) et nº 17 (partenariats pour la réalisation des objectifs) ont été passés en revue, à suite de la résolution A/RES/70/299 de l’Assemblée générale des Nations unies.

Conformément au paragraphe 84 du Programme 2030, le Forum politique de haut niveau joue un rôle central dans la supervision des processus de la suivi du Programme dans le monde entier, en grande partie grâce à l’analyse des examens nationaux volontaires des États membres.

Au total, 204 examens nationaux auront été soumis entre 2016 et 2020. L’année 2019 a été celle où davantage de rapports ont été reçus (47). L’Asie Pacifique est la région qui a présenté le plus grand nombre d’examens depuis 2016, l’année du lancement du processus de suivi. Cependant, le nombre de rapports reste discret. Si des puissances mondiales, telles que la France, l’Allemagne, le Japon, la Chine et la Russie, sont brièvement apparues au cours de la période de quatre ans, sans donner de continuité à la présentation de ses avancées, les États-Unis continuent d’être le grand absent lors de ces réunions annuelles. Se distinguent dans la liste des pays ayant contribué par leurs examens volontaires les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires, principaux bénéficiaires de l’aide publique au développement. Selon le « Rapport sur les objectifs de développement durable 2019 », plus de 90 % des décès dus à des catastrophes naturelles se produisent dans des pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires1.

En Asie Pacifique, les petits États insulaires touchés par le changement climatique réalisent les évaluations et le suivi de leurs indicateurs nationaux pour l’accomplissement des ODD de façon régulière. Il convient de souligner la participation d’un grand nombre de pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale qui, ces dernières années, ont fait preuve de diligence pour contribuer aux projets et aux activités organisés par l’ONU pour promouvoir une croissance économique durable.

Élaboré par l’auteur d’après Sustainable development knowledge platform – VNRs.

En Amérique latine et Caraïbes, les pays suivants ont soumis deux examens sur une période de quatre ans : Argentine, Belize, Bolivie, Chili, Colombie, Costa Rica, Honduras, Panama, Pérou, Guatemala, Mexique et Uruguay. Au cours des cinq premières années qui vont suivre l’approbation du Programme 2030, 23 pays auront soumis un total de 36 examens.

Parmi les pays ayant présenté deux examens, certains d’entre eux disposent d’une entité dédiée à la mise en œuvre du Programme 2030. Parmi eux se retrouvent le Costa Rica (Secrétariat technique des objectifs de développement durable), le Chili (Conseil national pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030), le Honduras (Secrétariat à la coordination générale des gouvernements), le Mexique (Conseil national du Programme de développement durable à l’horizon 2030), le Panama (Commission interinstitutionnelle et de la société civile pour le soutien et le suivi des objectifs de développement durable) et l’Uruguay (résolution 988/161). En 2019, 29 des 33 pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont mis en place des mécanismes de suivi, 13 d’entre eux sont nouvellement créés et les 16 autres sont basés sur des mécanismes préexistants ou des arrangements institutionnels ad hoc2.

En Amérique latine, les pays ont reconnu le mandat de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) et son forum sur le développement durable comme principal espace de discussion sur les moyens pour progresser vers les ODD. Le dernier forum régional, ayant eu lieu à Santiago du Chili en avril 2019, a reconnu que l’augmentation des inégalités reste une caractéristique prédominante dans les pays du continent, même dans ceux à forte croissance économique : il serait donc nécessaire d’accroître l’investissement dans les services sociaux et de développer les opportunités économiques pour réduire les inégalités.

En ce qui concerne la mesure des indicateurs, la région stagne au stade du diagnostic des capacités, le Panama, l’Uruguay et le Costa Rica (dans cet ordre) étant les pays les plus avancés en matière de production d’indicateurs3.

L’objectif principal de ces forums régionaux et multilatéraux est la création d’alliances (ODD 17) et l’apprentissage entre pairs afin de faire progresser la mise en œuvre du Programme 2030 grâce à son intégration dans les stratégies nationales. Les ODD devraient devenir le programme politique des gouvernements, l’aspiration finale des politiques publiques et, notamment, intégrer la société civile dans leur conception et leur mise en place, ce qui permettrait de construire des alternatives adaptées aux besoins et aux contextes particuliers des territoires.

Perspectives :

  • La résolution A/70/L.60 (26 juillet 2016) des Nations unies a programmé l’examen annuel entre 2017 et 2019 des ODD. Selon cette planification, les 17 objectifs de développement durable du Programme 2030 auraient fait l’objet d’un suivi. Ce dernier forum de haut niveau s’est achevé sans valider les étapes pour le suivi des ODD. Plus probablement, le 24 septembre prochain, sous les auspices de l’Assemblée générale, le projet de déclaration politique du Forum qui sera adopté lors de la séance d’ouverture de la 74e session de l’Assemblée générale des Nations unies4 devra inclure ces étapes.
  • L’un des plus grands défis de la mise en œuvre du Programme 2030 est probablement la coordination et la participation conjointe de différents acteurs du développement, un appel qui a tendance à être répétitif, mais la tâche reste à accomplir. La nature interdépendante des objectifs de développement durable rend nécessaire une plus grande collaboration entre les disciplines et les secteurs et un engagement en faveur des décideurs et des parties prenantes5. Les tensions géopolitiques sapent la coopération internationale et le travail en commun pour proposer des solutions collectives à des problèmes communs.