Singapour. Le Dialogue de Shangri-La (SLD) existe depuis 2002 et est aujourd’hui le plus important des événements politiques et diplomatiques consacrés aux questions stratégiques asiatiques1. Il réunit chaque année l’ensemble des puissances concernées par l’espace indopacifique et s’articule autour de conférences, de réunions thématiques et de rencontres bilatérales. Il constitue en ce sens un rendez-vous diplomatique extrêmement important pour la France, qui a fait de son engagement dans l’indopacifique une priorité militaire et diplomatique assumée2.

L’intervention de madame Parly, qui s’exprimait aux côtés de Haji Mohamad Sabu et Penny Mordaunt, ses homologues malaisien et britannique, était ainsi l’occasion de clarifier une nouvelle fois le sens de l’engagement français dans l’indopacifique, à travers cinq points spécifiques : la protection des intérêts souverains français, le renforcement de la coopération militaire entre la France et ses alliés locaux, la sauvegarde de la liberté de navigation, la préservation de la stabilité stratégique et enfin l’adoption de nouvelles mesures relatives à la multiplication des crises environnementales et humanitaires3.

La présence française dans la région s’appuie sur un dispositif conséquent4 : 7 000 personnels militaires français y sont actuellement déployés sous l’autorité directe de 3 commandements militaires spécifiques. Ils disposent de moyens navals et aériens bien réels et constituent la pierre angulaire de la participation française à “l’axe des démocraties” Paris-Delhi-Canberra évoqué par madame Parly. Celui-ci devra néanmoins être renforcé en fonction de l’évolution des rapports de force dans l’espace indopacifique.

GEG | Cartographie pour Le Grand Continent

Perspectives :

  • Le discours de madame Parly semble avoir été particulièrement bien accueilli par les observateurs présents. La France assume ses ambitions régionales, mais doit désormais mobiliser des moyens à la hauteur de ces dernières.
  • La constitution de l’axe Paris-Delhi-Canberra, articulé autour d’objectifs communs et de partenariats stratégiques importants, est un fait géopolitique majeur. Il illustre néanmoins l’isolation de la France sur ce théâtre, où elle est la seule puissance européenne d’envergure.
  • En dehors de la secrétaire d’Etat à la Défense Penny Mordaunt et de la Haute-représentante Federica Mogherini, qui s’est concentrée sur le multilatéralisme et la Corée du Nord, aucun responsable politique européen n’a pris la parole au cours de cette édition du Dialogue de Shangri-La.