Eurobazooka    : mesurer l’opinion publique européenne

On dit et on répète qu’il n’y aurait pas d’opinion publique européenne—ne pourrait-on pas dire, en suivant l’épistémologie de Bruno Latour, qu’il suffit de la mesurer pour qu’elle existe ?

Nous lançons un nouveau projet.

Un sondage d’un type nouveau, opéré par Cluster 17 dans une dizaine de pays et avec des milliers de sondes, particulièrement complexe à mettre en œuvre, pour mesurer l’opinion publique européenne.

Puisqu’il cherche à étudier les transformations à chaud au moment même où elles se produisent et non pas d’une manière lente et barométrique, nous l’avons appelé Eurobazooka.

Long format

Alors que le premier quart du XXIe siècle touche à sa fin, marqué par la guerre et les révolutions technologiques, la dernière enquête barométrique menée par Cluster 17 pour le Grand Continent dévoile les peurs et les désirs d’un continent dans la bascule.

10 points et 30 graphiques pour résumer notre grande enquête d’opinion de fin d’année.

Rejeté comme «  humiliant  » dans toute l’Europe, c’est en France que la critique contre l’accord de Turnberry est la plus vive.

Avec 70  % de sondés en faveur de la démission d’Ursula von der Leyen, l’opinion française est-elle en train de basculer  ?

Jean-Yves Dormagen étudie la manière dont la demande de réponse européenne se répartit dans l’électorat — à quelques mois du début de la campagne présidentielle.

Parmi les pays fondateurs, l’Italie est sans doute le plus attaché au lien transatlantique et le moins prêt au réarmement.

Giorgia Meloni souhaitait jouer un rôle de pont avec une future administration Trump. Mais face à une présidence brutale et asymétrique, cette position devient difficilement tenable.

Les données de notre dernier sondage Eurobazooka révèlent un paysage politique italien à la fois traversé de peurs nouvelles, de désirs d’autonomie et de profonds clivages politiques.

Alors que le spectre de la guerre réapparaît massivement dans l’imaginaire de la société espagnol, une ligne de fracture claire se dessine en Espagne au-delà du clivage gauche-droite  : bien que le soutien à une défense commune et à un investissement militaire accru augmente, la majorité n’est pas prête à accepter une militarisation personnelle forcée.

Analyse d’Eduardo Bayón à partir de notre enquête Eurobazooka.

Alors que l’Europe et le monde se transforment à une vitesse vertigineuse, l’opinion française se structure autour de lignes de plus en plus figées.

L’étude granulaire des données socio-politiques et électorales de notre grand sondage Eurobazooka le montre  : la gauche et le centre sont alignés sur une large gamme de questions de politiques étrangères — plus d’Europe et moins d’États-Unis contre la Russie de Poutine.

Aux marges de ce vaste consensus, les électeurs RN et Reconquête sont ceux qui ont le plus de mal à considérer Trump comme un ennemi.

Les dernières données Eurobazooka le montrent  : dans un moment historique, l’opinion publique en Europe est en train de muter — y compris dans l’Allemagne de Merz.

Dans la nouvelle situation géopolitique, l’opinion allemande évolue rapidement, brisant quelques tabous fiscaux et militaires.

Comme le révèle un nouveau sondage, les Allemands pourraient même être convaincus par l’émission d’une dette de l’Union pour financer le renforcement de la défense européenne.