La guerre en Ukraine au jour le jour

Long format

Le tournant Trump a déjà un effet mesurable sur la société en Ukraine.

Alors que les pourparlers se poursuivent en Arabie saoudite, les régions et les oppositions ukrainiennes font bloc derrière Zelensky, qui continue à jouir d’une popularité élevée.

En Russie, le nouvel alignement marqué par Trump avec le Kremlin ne semble pas susciter d’engouement.

Une plongée dans les opinions en guerre en 10 points et 10 graphiques clefs.

En Ukraine, un objet est en train de transformer la nature de la guerre.

Depuis 2014, le combat des drones contre les hommes est une nouvelle réalité dont on peine encore à saisir la portée et l’échelle.

Au cœur de l’effort militaire ukrainien, Taras Chmut pilote l’une des fondations clefs pour la fourniture de ces nouvelles armes. Il retrace l’histoire d’une révolution opérationnelle et tactique — mais aussi d’un succès industriel qui devrait nous inspirer à l’heure où l’Europe se réarme.

Gagner en Mer Noire sans flotte. Survivre à l’attrition en infériorité. Contrer seuls la puissance russe.

Ces trois années de guerre sont aussi trois ans de succès tactiques ukrainiens qui ont impressionné les armées du monde entier.

Dans une étude fouillée, Stéphane Audrand fait le retex d’une résistance à l’invasion de Poutine — ou comment l’Ukraine a inventé un nouvel art de la guerre.

Trois ans jour pour jour après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’issue du conflit pourrait être soldée à des milliers de kilomètres des champs de bataille — en Arabie saoudite où se rencontrent les ambitions impériales de Trump et de Poutine.

Mais l’histoire de cette guerre s’écrit d’abord en Ukraine  : de la résistance des premiers jours à la guerre d’attrition jusqu’aux incursions en territoire russe. Nous la retraçons.

Alors que le Kremlin et la Maison-Blanche sont en train de mettre en scène la capture des négociations sur la fin de la guerre en Ukraine, on néglige une donnée fondamentale  : à l’échelle des guerres impériales, le but n’est pas seulement d’augmenter son territoire mais d’empêcher les États-Nations d’exister.

Pour faire exploser la bulle dans laquelle Trump et Poutine voudraient enfermer l’Europe et les exclure du processus de paix, Michel Foucher formule une proposition concrète — une force d’interposition européenne pour garantir la souveraineté de Kiev et protéger l’Europe.

À l’arrière d’une berline blindée, Poutine veut supprimer l’Ukraine.

Après les paroles de son conseiller Patrushev, Vladimir Poutine a mis en scène sa position dans les négociations. Prenant la parole sur la banquette arrière d’une voiture, il a signifié sa disponibilité à négocier d’égal à égal avec les États-Unis de Donald Trump — tout en niant l’existence et la capacité d’action de l’Ukraine qui tient pourtant son armée en échec depuis bientôt trois ans.

Pour la première fois en français, nous traduisons et commentons cet entretien clef.

«  Les Russes vivent dans un monde d’États-nations — comme les Ukrainiens, les Allemands, les Français. Ils ne vivent pas dans un espace impérial dont les frontières seraient mouvantes.  »

Dans une enquête ethnographique recueillant plus de 750 pages de témoignage, trois chercheuses du laboratoire d’Oleg Zhuravlev produisent un exercice inédit  : essayer de définir le rapport des Russes à la guerre à partir de leur perception de la réalité. Nous résumons les principaux résultats de cette étude qualitative.

Pendant plusieurs années à la tête du ministère des Affaires étrangères de Lituanie, Gabrielius Landsbergis a été le chef de file des «  néo-idéalistes  » soutenant ceux qui s’opposent aux autocraties — de Taipei à Kiev.

Alors que Trump est sur le point d’être investi, il appelle à ne pas tomber dans le piège de la rhétorique impérialiste sur le Groenland. Derrière l’irénisme de façade de la Chine, il met en garde contre la stratégie de Xi — «  pour nous, la géopolitique, ce n’est pas faire ses courses au rabais sur Alibaba  ».

Avant de s’asseoir à la table de négociation, il faut comprendre précisément ce que cherchent et ce que pourraient accepter les cinq parties directement impliquées — l’Ukraine, la Russie, les États-Unis, l’OTAN et l’Union.

Du megadeal de Trump au bluff poutinien, Rose Gottemoeller, ancienne secrétaire générale adjointe de l’OTAN, passe en revue les positions et esquisse un plan qui permettrait à chacun d’éviter une défaite cuisante.