Résultat pour : belt and road


La Chine est en train de redessiner la carte de l’Asie.

Face à Trump et à l’Europe, elle appelle à «  réformer l’ONU  ».

La séquence diplomatique de cette rentrée s’est jouée à Tianjin — loin de la capitale du spectacle trumpiste. Elle était aussi bien plus codée.

Nous avons demandé à Stéphanie Balme et Philippe Le Corre de nous aider à comprendre une déclaration historique — pour la première fois traduite et commentée ligne à ligne.

Xi et Poutine sont en ce moment en Chine — c’est la 55ème fois qu’ils se rencontrent.

Au-delà des textes et des déclarations, la promotion d’une amitié sans limites passe aussi par des images.

Poignées de main, toasts, sourires figés, parades militaires, pandas… nous avons documenté chacune de ces entrevues.

Ils se l’étaient juré avant l’invasion de l’Ukraine.

Rien ne pourrait se mettre en travers de leur partenariat — ni Trump, ni les guerres, ni les asymétries économiques.

Pourtant, une crainte diffuse traverse la société russe  : devenir le vassal de Pékin.

C’est un retournement.

Pour le comprendre alors que Poutine rencontre Xi pour la cinquante cinquième fois aujourd’hui, l’ancien ambassadeur et spécialiste de la relation sino-russe Pierre Andrieu dissèque l’historique d’une amitié asymétrique.

«  L’Europe ne peut pas se contenter d’improviser  : nous avons besoin d’un plan.  »

Face à la prédation chinoise et au retrait américain, l’Union cherche à tracer la voie d’un pivot géopolitique du développement.

Depuis quelques mois, à Bruxelles, le commissaire chargé du dossier mûrit une approche innovante.

Pour essayer de comprendre la méthode Síkela, nous l’avons rencontré.

Depuis 2019 et son appartement au 13e étage du Berlaymont, Ursula von der Leyen est parvenue à concentrer tous les pouvoirs et à éliminer toute contestation — souvent en allant au-delà des prérogatives prévues par les traités.

Pourtant, paradoxalement, par ses hésitations et une certaine inconséquence, la présidente la plus puissante de l’histoire de la Commission pourrait être en train de fragiliser définitivement l’Union.

Pour Guillaume Duval, ancien conseiller du Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, il reste quatre ans pour répondre à cette question.

Que veut-elle vraiment faire de son pouvoir  ?

Le long des rives orientales de l’océan Atlantique, une «  grande verticale  » intégrant l’Europe et l’Afrique pourrait devenir un espace stratégique pour réparer la mondialisation.

Jamal Machrouh et Florent Parmentier proposent d’inventer une nouvelle communauté.

L’Union européenne a vécu dans une illusion en pensant être un pôle fort du monde post-guerre froide.

À partir des années 2010, elle a été frappée par un affaiblissement géopolitique et économique dans ses voisinages — où le ring of friends qu’étaient supposé construire les partenariats méditerranéen et oriental s’est transformé en un ring of fire.

Pour sortir de l’impasse de la westlessness, l’Union devrait jouer de sa spécificité au sein du groupe occidental.

Une petite musique s’est installée à Washington. Pour qualifier le rapprochement entre Trump et Poutine, les maîtres stratèges américains seraient en train d’exercer une grande manœuvre  : un «  Kissinger inversé  » pour mettre un coin entre Pékin et Moscou et affaiblir le Parti communiste chinois.

Ce récit ne prend pourtant pas en compte une donnée clef  : face à l’offensive commerciale de la Maison-Blanche, la Chine de Xi a déjà commencé à déployer une vaste stratégie globale depuis janvier.

En un peu moins d’un mois, l’administration Trump a détruit l’un des outils les plus puissants des États-Unis  : l’aide au développement.

Ce choc mondial doit être une opportunité.

Pour l’Union et ses États membres, le temps est venu de mettre le développement au service de la puissance.

Nouveau centre de gravité de l’économie mondiale, foyer de tensions et théâtre de crises intenses, l’Indopacifique n’est pas qu’un espace géographique de plus en plus nodal — c’est aussi une construction géopolitique particulièrement complexe.

Dans cette perspective fouillée, l’ambassadeur chargé de l’Indopacifique, Marc Abensour, explique comment la diplomatie française envisage sa stratégie pour la région et le rôle d’entraînement qu’elle espère de jouer à l’échelle européenne.