Nommé par George W. Bush en 2006, Warsh était devenu, à 35 ans, le plus jeune gouverneur de l’histoire de la Fed.

  • Son passage par la Maison-Blanche, puis par Wall Street, lui confère une connaissance des marchés financiers et du système bancaire qu’il met à profit pendant la crise financière de 2008, en servant d’intermédiaire entre la Fed et Wall Street. 
  • Durant son mandat, il se construit la réputation d’un responsable monétaire orthodoxe et prudent face aux risques inflationnistes. 
  • Il se positionne comme un « faucon », favorable à une politique de taux relativement élevés lorsque les pressions sur les prix l’exigent. 
  • En mars 2010, lors d’un discours prononcé devant le Shadow Open Markets Committee, il critique l’expansion du bilan de la Fed 1

Warsh est présenté comme l’un des profils les plus crédibles parmi les candidats potentiels à la succession de Jerome Powell. Il s’est imposé face à plusieurs personnalités lors du processus de sélection engagé par Donald Trump, notamment Christopher Waller, Kevin Hassett et Rick Rieder. Warsh est perçu comme le candidat de Scott Bessent, qui aurait lui-même refusé le poste. Sa nomination pourrait ainsi fournir des indications sur l’équilibre des pouvoirs au sein du cabinet de Donald Trump, notamment sur l’influence du secrétaire au Trésor. 

  • Kevin Warsh s’est rapproché des positions de Trump en 2025 en plaidant publiquement pour des taux d’intérêt plus bas.
  • La volonté affichée de réduire les taux a constitué un test implicite pour tout candidat à la direction de la Fed. En décembre, à la question de savoir si le soutien à une baisse immédiate des taux constituait un test décisif pour choisir le prochain président de la Fed, Trump avait répondu simplement « oui » 2.
  • Dans ses prises de position plus récentes, Warsh continue toutefois de défendre l’idée d’un bilan de la Fed plus réduit 3. Une telle orientation impliquerait que le financement d’une grande partie de la dette publique américaine repose davantage sur le secteur privé que sur la création monétaire. 
  • Ce choix représenterait une forme de resserrement monétaire moins visible que les hausses de taux, mais potentiellement tout aussi significatif.
  • La question centrale de son éventuel mandat pourrait donc résider dans cet équilibre : une politique de taux plus accommodante compensée par un durcissement quantitatif, ou un alignement plus complet sur les attentes présidentielles.

Les marges de manœuvre de Warsh seraient toutefois limitées par le cadre institutionnel de la Fed. Les décisions relatives aux taux d’intérêt relèvent en effet du Federal Open Market Committee, composé de douze membres, et non du président de la Fed seul. 

  • Warsh a également exprimé son souhait d’un « changement de régime de la Fed », arguant que les modèles utilisés pour interpréter les données économiques sont erronés : « Ils pensent que l’inflation est alimentée par les consommateurs, par des salaires qui augmentent trop et par des consommateurs qui dépensent trop. Je ne suis absolument pas d’accord. Je pense que l’inflation est essentiellement due aux dépenses excessives et à la création monétaire excessive du gouvernement. » 

Au-delà de la politique monétaire, si sa nomination est confirmée par le Sénat, le mandat de Warsh s’inscrirait dans un contexte où la Fed subit une pression politique importante, ce qui pourrait entraîner un glissement progressif des priorités de la lutte contre l’inflation vers le soutien à la croissance et à l’emploi. Son mandat pourrait également avoir un impact sur le rôle de la Fed à l’échelle internationale, notamment en ce qui concerne la fourniture de liquidités via les accords de swap ou la régulation des banques internationales.

  • Plusieurs éléments devraient avoir un impact sur l’organisation institutionnelle dont Warsh hériterait à la Fed, notamment la décision de Powell de rester ou non au sein du Conseil des gouverneurs ainsi que la suite des poursuites qui le visent pour la rénovation du bâtiment historique de la Réserve fédérale.
  • Connu pour s’être opposé aux efforts de la Fed pour relancer l’économie lors de la crise financière de 2008, il serait intéressant de voir comment Warsh réagirait dans l’éventualité d’une crise où Trump demanderait dans doute une intervention rapide à la moindre turbulence.

Warsh est marié à la fille de Ronald Lauder, l’un des principaux soutiens de Donald Trump dans son obsession pour le Groenland 4.