« Les Européens sont restés en mode Groenland » : le discours choc de Zelensky à Davos en intégralité
Au Forum économique mondial, juste avant sa rencontre bilatérale avec Donald Trump, le président ukrainien a prononcé un discours particulièrement dur à l’encontre des dirigeants européens. Sa ligne : le monde bouge plus vite que vous — et vous ne faites rien.
Nous le traduisons.
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- Le Grand Continent •
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À Davos le jeudi 22 janvier, jour de signature par 19 pays de la Charte du « Conseil de la paix » de Donald Trump, Volodymyr Zelensky a prononcé un discours confrontationnel à l’adresse des Européens.
Pour le président ukrainien, dont le pays va entrer dans sa quatrième année de guerre de haute intensité et à grande échelle avec la Russie de Poutine, le sursaut européen n’a pas encore eu lieu — et la faiblesse de la réponse à Trump sur le Groenland en est un signal.
Sur les actifs russes gelés comme sur les munitions, il déclare sèchement que « Poutine a réussi à arrêter l’Europe ». Sur l’Iran, il fustige des dirigeants européens « en vacances » qui n’ont pas réussi à empêcher le bain de sang. Le président ukrainien brandit aussi l’exemple du Bélarus en 2020, où l’absence de fermeté face à l’écrasement de l’opposition de Loukachenko après des élections fabriquées a conduit à une vassalisation directe à Moscou.
Comment comprendre le choix d’une intervention si agressive — qui plus est après un discours qui avait sensiblement la même tonalité que celui de l’année dernière devant le Forum économique mondial ?
Il pourrait s’agir d’une stratégie visant à ne pas antagoniser Trump juste avant une rencontre bilatérale au terme de laquelle le président ukrainien a affirmé être parvenu partiellement à un accord notamment sur la question des « garanties de sécurité ».
Mais plus largement, il s’agit surtout pour Zelensky d’interpeller les Européens sur une ligne que l’Ukraine met désormais de plus en plus en avant : face aux menaces subies, elle est elle-même prête à aider.
« L’Europe doit être forte et l’Ukraine est prête à aider par tous les moyens nécessaires pour garantir la paix et empêcher la destruction.
Nous sommes prêts à aider les autres à devenir plus forts qu’ils ne le sont actuellement.
Nous sommes prêts à faire partie d’une Europe qui compte vraiment. Une Europe dotée d’une puissance réelle, d’une grande puissance. »
À Davos, il n’est pas sûr que le message soit passé.
Merci beaucoup, chers amis.
Tout le monde se souvient du grand film américain Un jour sans fin avec Bill Murray et Andie MacDowell.
Personne ne voudrait vivre ainsi : répéter la même chose pendant des semaines, des mois, voire des années.
Et pourtant, c’est exactement ainsi que nous sommes en train de vivre. C’est désormais notre vie, et chaque manifestation comme celle-ci le prouve.
L’année dernière, ici même à Davos, j’ai conclu mon discours par ces mots : « L’Europe doit savoir se défendre. » Un an s’est écoulé et rien n’a changé.
Nous sommes toujours dans une situation où je dois prononcer les mêmes mots.
Pourquoi ? La réponse ne réside pas seulement dans les menaces qui existent ou qui pourraient apparaître.
Chaque année apporte quelque chose de nouveau pour l’Europe et pour le monde.
Tout le monde a récemment tourné son attention vers le Groenland.
Il est clair que la plupart des dirigeants ne savent tout simplement pas quoi faire sur ce sujet.
Tout le monde semble simplement attendre que les États-Unis se calment, dans l’espoir que cela passe — mais que se passera-t-il si ce n’est pas le cas ?
On a beaucoup parlé des manifestations en Iran — elles ont pourtant été noyées dans le sang. Le monde n’a pas suffisamment aidé le peuple iranien. Il est resté à l’écart. En Europe, il y a eu les fêtes de Noël et du Nouvel An, les vacances. Lorsque les hommes politiques sont revenus au travail et ont commencé à se forger une opinion sur la question, l’ayatollah avait déjà tué des milliers de personnes.
Et que deviendra l’Iran après ce bain de sang ?
Si le régime survit, cela envoie un signal clair à tous les tyrans : si vous tuez suffisamment de gens, vous resterez au pouvoir.
Qui, en Europe, a besoin que ce message devienne réalité ?
Pourtant, l’Europe n’a même pas essayé d’élaborer sa propre réponse.
Regardons du côté de l’hémisphère occidental.
Le président Trump a mené une opération au Venezuela et Maduro a été arrêté. Les opinions divergent à ce sujet, mais le fait est que Maduro est jugé à New York.
Désolé, mais Poutine n’est pas jugé.
Et la plus grande guerre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale est sur le point d’entrer dans sa quatrième année.
L’homme qui l’a déclenchée est non seulement libre, mais il se bat toujours pour récupérer son argent gelé en Europe.
Et vous savez quoi ?
Il est en train de réussir.
C’est Poutine qui est en train d’essayer de décider de l’utilisation des avoirs russes gelés — pas ceux qui ont le pouvoir de le punir pour cette guerre.
Heureusement, l’Union a décidé de geler les avoirs russes pour une durée indéterminée et je lui en suis reconnaissant. Merci, Ursula. Merci, Antonio, et merci à tous les dirigeants qui ont apporté leur aide.
Mais lorsque le moment est venu de décider d’utiliser ces avoirs pour se défendre contre l’agression russe, la décision a été bloquée.
Poutine a réussi à faire cela : oui, il a malheureusement réussi à arrêter l’Europe.
Mon point suivant est celui-ci : en raison de la position des États-Unis, les gens évitent désormais le sujet de la Cour pénale internationale. Et c’est compréhensible. C’est la position historique des États-Unis. Mais en même temps, il n’y a toujours pas de progrès réel dans la mise en place d’un tribunal spécial pour juger l’agression russe contre l’Ukraine, contre le peuple ukrainien. Et nous avons un accord. C’est vrai. De nombreuses réunions ont eu lieu, mais l’Europe n’a toujours pas réussi à trouver un siège pour le tribunal, avec du personnel et des travaux concrets qui y soient conduits.
Que manque-t-il ? Du temps ou de la volonté politique.
Trop souvent en Europe, il y a toujours quelque chose de plus urgent que la justice.
À l’heure actuelle, nous travaillons activement avec nos partenaires sur les garanties de sécurité, et je leur en suis reconnaissant. Mais celles-ci concernent l’après-guerre.
Une fois le cessez-le-feu entré en vigueur, il y aura des contingents, des patrouilles conjointes et des drapeaux partenaires sur le sol ukrainien. C’est une très bonne avancée et le signe que le Royaume-Uni et la France sont prêts à engager leurs forces sur le terrain. Un premier accord a déjà été conclu à ce sujet. Merci Keir ; merci Emmanuel et tous les dirigeants de notre coalition.
Nous faisons tout notre possible pour que notre coalition de volontaires devienne véritablement une coalition d’action. Encore une fois, tout le monde est très positif, mais le soutien du président Trump est toujours nécessaire ; je le répète, aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les États-Unis.
Mais qu’en est-il du cessez-le-feu lui-même ?
Qui peut contribuer à le mettre en œuvre ?
L’Europe adore discuter de l’avenir, mais évite d’agir aujourd’hui ; d’être à l’initiative d’actions qui définissent le type d’avenir que nous aurons. C’est là le problème. Pourquoi le président Trump peut-il empêcher les pétroliers de la flotte fantôme de passer et saisir le pétrole, mais pas l’Europe ?
Le pétrole russe est transporté le long des côtes européennes ; il finance la guerre contre l’Ukraine et contribue à déstabiliser l’Europe. Il faut donc arrêter, confisquer et vendre le pétrole russe au profit de l’Europe. Pourquoi pas ? Si Poutine n’a pas d’argent, il n’y a pas de guerre pour l’Europe. Si l’Europe a de l’argent, elle peut protéger sa population. À l’heure actuelle, ces pétroliers rapportent de l’argent à Poutine. Et cela signifie que la Russie continue de mener son programme malsain.
Point suivant.
Je l’ai déjà dit et je le répète : l’Europe a besoin de forces armées unifiées ; des forces capables de défendre véritablement l’Europe.
Aujourd’hui, l’Europe se repose uniquement sur la conviction que si un danger survient, l’OTAN agira.
Mais personne n’a vraiment vu l’Alliance en action. Si Poutine décide de s’emparer de la Lituanie ou d’attaquer la Pologne, qui réagira ?
Qui réagira ?
À l’heure actuelle, l’OTAN existe grâce à la conviction que les États-Unis agiront, qu’ils ne resteront pas à l’écart et qu’ils apporteront leur aide. Mais que se passera-t-il s’ils ne le font pas ?
Croyez-moi, cette question est dans l’esprit de tous les dirigeants européens et certains tentent de se rapprocher du président Trump ; c’est vrai.
Certains attendent en espérant que le problème disparaisse.
D’autres ont commencé à agir, en investissant dans la production d’armes et en établissant des partenariats, afin d’obtenir le soutien du public pour une augmentation des dépenses de défense.
Rappelons-nous bien d’une chose : jusqu’à ce que les États-Unis fassent pression sur l’Europe pour qu’elle augmente ses dépenses de défense, la plupart des pays n’essayaient même pas d’atteindre 5 % du PIB, le minimum nécessaire pour garantir la sécurité.
L’Europe doit savoir se défendre. Si vous envoyez 30 ou 40 soldats au Groenland, à quoi cela sert-il ? Quel message cela envoie-t-il à Poutine, à la Chine ?
Et surtout, quel message cela envoie-t-il au Danemark — le plus important, votre proche allié ?
Soit vous déclarez que les bases européennes protégeront la région contre la Russie et la Chine et vous établissez ces bases, soit vous risquez de ne pas être pris au sérieux parce que vos soldats ne protégeront rien.
Or nous savons quoi faire. Si les navires de guerre russes naviguent librement autour du Groenland, l’Ukraine peut aider.
Nous avons l’expertise et les armes nécessaires pour faire en sorte qu’aucun de ces navires ne reste. Ils peuvent couler au large du Groenland, tout comme ils coulent au large de la Crimée. Pas de problème : nous avons les outils et les personnes nécessaires. La mer n’est pas la première ligne de défense.
Nous pouvons donc agir et nous savons comment nous battre là-bas si on nous le demande.
Si l’Ukraine faisait partie de l’OTAN, nous résoudrions ce problème avec les navires russes — mais ce n’est pas le cas.
Quant à l’Iran, tout le monde attend de voir ce que feront les États-Unis.
Car le reste du monde ne propose rien. L’Europe ne propose rien et ne veut pas s’impliquer sur cette question en tant que soutien du peuple iranien et de la démocratie dont il a besoin.
Pourtant, lorsque vous refusez d’aider un peuple qui se bat pour sa liberté, les conséquences reviennent toujours — et elles sont toujours négatives. L’exemple du Bélarus en 2020 est parlant : personne n’a aidé son peuple et désormais les missiles russes Oreshnik sont déployés sur ce territoire, à portée de la plupart des capitales européennes.
Cela ne se serait pas produit si la voix du peuple bélarusse avait été entendue en 2020.
Nous avons dit à plusieurs reprises à nos partenaires européens : « Vous devriez agir maintenant contre ces missiles au Bélarus — les missiles ne sont jamais purement décoratifs. » Mais l’Europe est restée en mode Groenland ; peut-être qu’un jour quelqu’un fera quelque chose.
La question du pétrole russe relève de la même logique.
C’est une bonne chose qu’il existe de nombreuses sanctions. Le pétrole russe devient moins cher — mais son flux ne s’est pas arrêté. Les entreprises russes qui financent la machine de guerre de Poutine continuent de fonctionner et cela ne changera pas sans de nouvelles sanctions.
Nous sommes reconnaissants de toutes les pressions exercées sur l’agresseur, mais soyons honnêtes : l’Europe doit faire davantage pour que ses sanctions bloquent les ennemis aussi efficacement que les sanctions américaines.
Pourquoi est-ce important ? Parce que si l’Europe n’est pas considérée comme une puissance mondiale, si ses actions ne dissuadent pas les mauvais acteurs, alors elle ne fera jamais que réagir, rattrapant son retard face aux nouveaux dangers et aux nouvelles attaques.
Les forces qui tentent de détruire l’Europe ne sont confrontées à aucun obstacle.
Elles opèrent librement, même à l’intérieur de l’Europe.
Chaque Viktor qui vit de l’argent européen tout en essayant de vendre les intérêts européens mérite une bonne gifle. Et s’il se sent à l’aise à Moscou, cela ne signifie pas que nous devons laisser les capitales européennes devenir de petits Moscou.
Nous devons nous rappeler ce qui nous sépare de la Russie.
La ligne de conflit la plus fondamentale entre la Russie, l’Ukraine et toute l’Europe est la suivante : la Russie se bat pour dévaloriser les peuples, pour s’assurer que lorsque les dictateurs veulent détruire quelqu’un, ils le peuvent.
Mais ils doivent perdre le pouvoir, et non le gagner.
Prenons l’exemple des Ukrainiens. Aujourd’hui, les missiles russes ne peuvent être produits que parce qu’il existe des moyens de contourner les sanctions ; tout le monde voit comment la Russie essaie de faire mourir de froid les Ukrainiens à -20°C ; pourtant la Russie ne pourrait pas construire de missiles balistiques ou de croisière sans les composants essentiels provenant d’autres pays.
Et je ne parle pas seulement de la Chine. Trop souvent, les gens se cachent derrière l’excuse que la Chine aide la Russie. C’est vrai, mais la Russie se procure également des composants auprès d’entreprises en Europe, aux États-Unis et à Taïwan.
À l’heure actuelle, beaucoup investissent dans la stabilité autour de Taïwan pour éviter la guerre.
Mais les entreprises taïwanaises peuvent-elles cesser de fournir des composants électroniques à la Russie pour la guerre ?
L’Europe ne dit presque rien. Les États-Unis ne disent rien. Et Poutine fabrique des missiles.
Et je remercie bien sûr tous les pays et toutes les entreprises qui aident l’Ukraine à réparer son système énergétique.
C’est crucial.
Merci à tous ceux qui soutiennent le programme PURL grâce auquel nous pouvons acheter des missiles Patriot. Mais ne serait-il pas moins coûteux et plus facile de priver directement la Russie des composants dont elle a besoin pour produire des missiles, voire de détruire les usines qui les fabriquent ? L’année dernière, on a passé la plupart du temps à parler des armes à longue portée pour l’Ukraine et tout le monde disait que la solution était à portée de main.
Aujourd’hui, plus personne n’en parle. Mais les missiles russes et les Shahed sont toujours là — et nous avons toujours les coordonnées des usines où ils sont fabriqués et qui visent aujourd’hui l’Ukraine.
Demain, ils pourraient viser n’importe quel pays de l’OTAN.
En Europe, on nous conseille de ne pas parler des Tomahawks aux Américains, pour ne pas gâcher l’ambiance. Et on nous dit de ne pas évoquer les missiles Taurus lorsque le sujet porte sur la Turquie.
Les diplomates disent de ne pas offenser la Grèce. Et la Grèce nous dit de faire attention à la Turquie.
En Europe, il y a d’interminables disputes internes et des non-dits qui l’empêchent de s’unir et de parler assez honnêtement pour trouver de vraies solutions.
Trop souvent, les Européens se retournent les uns contre les autres, les dirigeants, les partis, les mouvements et les communautés, au lieu de s’unir pour arrêter la Russie — qui apporte la même destruction à tout le monde.
Au lieu de devenir une véritable puissance mondiale, l’Europe reste un kaléidoscope de puissances petites et moyennes, magnifique mais fragmenté.
Au lieu de prendre l’initiative de défendre la liberté dans le monde entier, en particulier lorsque l’attention des États-Unis se porte ailleurs, l’Europe semble perdue en essayant de convaincre le président américain de changer.
Mais il ne changera pas.
Le président Trump aime qui il est. Il dit qu’il aime l’Europe, mais il n’écoutera pas une telle Europe.
L’un des plus grands problèmes de l’Europe d’aujourd’hui — même si on en parle peu — est surtout une question d’état d’esprit.
Certains dirigeants européens sont originaires d’Europe, mais ne sont pas toujours en faveur de l’Europe. Et l’Europe reste davantage une géographie, une histoire, une tradition, plutôt qu’une véritable force politique, une grande puissance.
Certains Européens sont vraiment forts ; mais beaucoup nous disent que nous devons rester forts.
Ils veulent toujours que quelqu’un d’autre soit fort pour eux — de préférence jusqu’aux prochaines élections.
Mais ce n’est pas ainsi que fonctionne une grande puissance à mon sens. Les dirigeants disent : nous devons défendre les intérêts européens » mais ils espèrent que quelqu’un d’autre le fera à leur place. Et quand ils parlent de valeurs, cela sonne souvent creux.
Ils disent tous : « Nous avons besoin de quelque chose pour remplacer l’ancien ordre mondial ». Mais où sont les dirigeants prêts à agir ? Agir maintenant sur terre, dans les airs, en mer pour construire un nouvel ordre mondial.
On ne peut pas construire un nouvel ordre mondial avec des mots. Seules les actions créent vraiment l’ordre.
Aujourd’hui, les États-Unis ont lancé le « Conseil de la paix ». L’Ukraine a été invitée. Tout comme la Russie et le Bélarus alors que la guerre n’a pas cessé et qu’il n’y a même pas de cessez-le-feu. Vous avez vu qui s’est joint à cette initiative. Chacun avait ses raisons. Mais voici le problème : l’Europe n’a même pas encore adopté une position commune sur l’idée américaine.
Peut-être que ce soir, lorsque le Conseil européen se réunira, il prendra une décision. Mais les documents ont déjà été signés ce matin et ce soir, il pourrait également prendre une décision concernant le Groenland.
Hier soir, Mark Rutte s’est entretenu avec le président Trump. Merci, Mark, pour votre productivité.
Les États-Unis sont déjà en train de changer de position, mais personne ne sait exactement comment.
Les choses évoluent donc plus vite que nous. Elles évoluent plus vite que l’Europe. Et comment l’Europe peut-elle suivre le rythme ?
Chers amis, nous ne devons pas nous rabaisser à des rôles secondaires.
Pas alors que nous avons la possibilité d’être ensemble une grande puissance.
Nous ne devons pas accepter que l’Europe ne soit qu’un mélange de petites et moyennes puissances entouré d’ennemis de l’Europe.
Lorsque nous sommes unis, nous sommes vraiment invincibles.
L’Europe peut et doit être une force mondiale ; non pas une force qui réagit tardivement, mais une force qui définit l’avenir ; qui aiderait tout le monde — du Moyen-Orient à toutes les autres régions du monde ; une force qui aiderait l’Europe elle-même, car les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont des défis pour le mode de vie européen, où les personnes et les nations comptent.
L’Europe peut contribuer à bâtir un monde meilleur ; l’Europe doit bâtir un monde meilleur et un monde sans guerre.
Pour cela, elle a besoin de force.
Pour cela, nous devons agir ensemble et agir à temps.
Et surtout, nous devons avoir le courage d’agir.
Nous travaillons activement à la recherche de solutions concrètes.
Aujourd’hui, nous avons rencontré le président Trump et nos équipes travaillent presque tous les jours. Ce n’est pas simple. Les documents visant à mettre fin à cette guerre sont presque prêts et c’est vraiment important.
L’Ukraine travaille avec une honnêteté et une détermination totales, et cela porte ses fruits ; la Russie doit elle aussi se préparer à mettre fin à cette guerre, à cesser cette agression, l’agression russe, la guerre que la Russie mène contre nous.
La pression doit être suffisamment forte et le soutien à l’Ukraine doit être encore plus fort.
Nos précédentes réunions avec le président des États-Unis nous ont permis d’obtenir des missiles de défense. Les Européens ont également apporté leur aide.
Aujourd’hui, nous avons également parlé de la protection de l’espace aérien — ce qui signifie bien sûr la protection des vies humaines. J’espère que les États-Unis continueront à nous soutenir.
L’Europe doit être forte et l’Ukraine est prête à aider par tous les moyens nécessaires pour garantir la paix et empêcher la destruction.
Nous sommes prêts à aider les autres à devenir plus forts qu’ils ne le sont actuellement.
Nous sommes prêts à faire partie d’une Europe qui compte vraiment. Une Europe dotée d’une puissance réelle, d’une grande puissance.
Aujourd’hui, nous avons besoin de cette puissance pour protéger notre propre indépendance. Mais vous avez également besoin de l’indépendance de l’Ukraine, car demain, vous devrez peut-être défendre votre mode de vie.
Et lorsque l’Ukraine sera à vos côtés, personne ne vous marchera dessus. Vous aurez toujours les moyens d’agir et d’agir à temps.
C’est très important : agir à temps.
Chers amis, aujourd’hui est l’un des derniers jours de Davos, mais certainement pas le dernier Davos — tout le monde est bien d’accord là-dessus.
Beaucoup de gens croient que les choses finiront par s’arranger d’elles-mêmes mais nous ne pouvons pas compter là-dessus pour garantir une véritable sécurité.
La foi ne suffit pas — qu’il s’agisse de la foi en un partenaire ou d’un heureux concours de circonstances.
Aucune discussion intellectuelle ne peut mettre fin aux guerres. Nous avons besoin d’actions.
L’ordre mondial découle de l’action et nous avons simplement besoin du courage d’agir.
Sans action aujourd’hui, il n’y aura pas de lendemain.
Mettons fin à ce « jour sans fin » : c’est possible.
Merci.
Slava Ukraini !