Le vice-président américain J.D. Vance, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, et son émissaire, Steve Witkoff, rencontrent aujourd’hui, samedi 11 avril, le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghtchi, à Islamabad, au Pakistan.
- Les discussions pourraient partir d’une proposition iranienne en dix points, qui aurait été acceptée par Donald Trump, mercredi 8 avril, comme « base » de la négociation. La Maison Blanche affirme toutefois que les États-Unis ont soumis un plan en 15 points, dont presque tout aurait déjà été accepté par Téhéran.
- La proposition américaine, qui n’a pas été rendue publique, inclurait un engagement de l’Iran à ne pas se doter de l’arme nucléaire, la remise de ses stocks d’uranium hautement enrichi, des limitations de ses capacités balistiques, la fin de son soutien aux groupes alliés dans la région et la réouverture du détroit d’Ormuz.
Les positions des deux parties sont particulièrement éloignées, qu’il s’agisse de l’enrichissement de l’uranium, du programme balistique iranien, de la levée des sanctions ou des bases américaines dans la région.
- Donald Trump a déclaré hier, 10 avril, que les navires de guerre américains étaient en train d’être réapprovisionnés en munitions pour reprendre les frappes contre l’Iran au cas où les pourparlers de paix au Pakistan échoueraient.
- À la question de savoir s’il pensait que les négociations aboutiraient, il a répondu : « Nous le saurons d’ici environ 24 heures. »
- Il a ajouté dans une publication sur Truth Social que le seul moyen de pression dont dispose Téhéran consiste à « extorquer le monde en utilisant les voies navigables internationales ».
Il n’est pas certain que Téhéran — qui considère le contrôle du détroit d’Ormuz et la pression que sa fermeture exerce sur l’économie mondiale comme un levier essentiel — serait plus enclin à accéder aux demandes américaines qu’il ne l’a été en février à Genève.
- Si l’Iran pourrait renoncer à son stock d’uranium enrichi à 60 % en échange d’un allégement des sanctions — ce qu’il était déjà prêt à faire à Genève —, le régime devrait vouloir conserver son « droit d’enrichir » de l’uranium sur le territoire iranien, ce qui représentait une ligne rouge pour Washington il y a un mois.
La question du Liban pourrait également faire l’objet de discussions, même si les États-Unis et Israël l’ont tous deux écartée.
- Le président iranien, Pezeshkian, a déclaré que les négociations seraient « dénuées de sens » si elles se déroulaient alors que le territoire libanais fait toujours l’objet de frappes israéliennes.
- Mohammad-Bagher Ghalibaf a ajouté hier soir dans une publication sur X : « Un cessez-le-feu au Liban est une condition qui “doit être remplie avant le début des négociations” ». L’autre condition est la « libération des avoirs iraniens gelés ».
- Le Liban pourrait toutefois ne pas constituer un obstacle à un accord, mais plutôt un levier de négociation permettant à Téhéran de revendiquer avoir fait des concessions en échange de conditions favorables concernant le nucléaire et les sanctions.
Téhéran considère la présence de J. D. Vance comme un signe de la volonté américaine de trouver une issue rapide au conflit — alors l’inflation américaine a bondi à 3,3 % en mars sur un an, en raison notamment du prix élevé de l’énergie.
- Le vice-président américain se trouve toutefois dans une position difficile et son avenir politique pourrait dépendre de la négociation : s’il se présente comme étant le plus opposé à la guerre au sein du cabinet, il pourrait être tenu responsable d’un accord jugé défavorable pour Washington.
- Rubio, bien qu’il n’était pas non plus favorable à une guerre contre l’Iran, a présenté avec conviction les arguments de la Maison-Blanche pour justifier la « nécessité » de la guerre.
- Son rôle devrait être secondaire par rapport à Vance lors des négociations. Il pourrait notamment traiter de la question nucléaire avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, lors de pourparlers techniques qui pourraient avoir lieu dans un deuxième temps.