Selon les derniers sondages, le Parti du respect et de la liberté (Tisza, PPE) de Péter Magyar est crédité de 50 % des voix, contre 40 % pour le Fidesz (PPE). L’avance de Magyar est restée solide depuis le croisement des courbes au début de l’année 2025, plaçant Orbán dans une position de concurrence réelle.
Les instituts de sondage alignés sur le gouvernement donnent toutefois au Fidesz une avance considérable sur Tisza.
- Au 30 mars, les sondeurs indépendants ou affiliés aux partis de l’opposition plaçaient Tisza en tête avec une avance de 13,2 points sur le Fidesz.
- Les sondeurs affiliés au gouvernement de Viktor Orbán, dont certains reçoivent des financements publics, placent quant à eux le Fidesz en tête avec 6,6 points d’avance sur Tisza.
- Le sondeur américain McLaughlin & Associates, considéré par Silver Bulletin comme présentant un biais statistique moyen historique de 1,7 point en faveur des candidats républicains — ce qui en fait l’un des instituts les plus biaisés —, donne jusqu’à 10 points d’avance au Fidesz sur Tisza.
Ces écarts considérables entre les instituts de sondage — qui sont relativement rares en Europe — se sont creusés depuis les élections de 2022. Il y a quatre ans, lors des dernières législatives, tous les principaux instituts donnaient ainsi le Fidesz gagnant à la fin de la campagne, même ceux qui avaient tendance à surestimer le soutien à l’opposition.
Le parti d’Orbán avait finalement remporté l’élection avec 54 % des voix.
- Les sondages qui ont tendance à surestimer le soutien apporté au Fidesz peuvent contribuer à influencer l’opinion publique.
- Ils peuvent à la fois potentiellement peser sur le choix de vote des électeurs, mais aussi les inciter à ne pas prendre part au scrutin, qui aura lieu ce dimanche 12 avril.
La moyenne des sondages, à la veille des précédentes élections, le 3 avril 2022, le Fidesz était crédité de 51 % des voix, et de 41 % pour la coalition d’opposition.
- Si les enquêtes d’opinion avaient, grosso modo, correctement prédit le résultat du scrutin de 2018, elles ont sous-estimé le poids du soutien au Fidesz il y a quatre ans, tout en sur-estimant celui apporté à l’opposition (qui a finalement obtenu 34 % des suffrages).
- Le contexte est néanmoins différent cette année : des scandales de corruption et une croissance économique en berne ont entaché la popularité d’Orbán, qui est au pouvoir depuis 16 ans.
- Magyar jouit par ailleurs d’une popularité importante, et aurait à séduire un huitième des anciens électeurs du Fidesz, selon la dernière enquête Median publiée mercredi 8 avril.
- Lors des dernières élections, la campagne de la coalition d’opposition au Fidesz, qui était menée par Péter Márky-Zay, avait été rythmée par des dissensions internes et des gaffes récurrentes commises par Márky-Zay.
Dans sa dernière projection, l’institut hongrois Median considère que Tisza pourrait obtenir entre 138 et 143 sièges, contre 49 à 55 pour le Fidesz.
- Pour s’assurer une majorité au Parlement, Tisza devra devancer le Fidesz d’au moins trois à six points de pourcentage.