Selon les données de l’European Energy Exchange (EEX) le mégawattheure (MWh) d’électricité pour le mois de mai se négocie à près de 87 € en Allemagne, contre 22 € en France, sur les contrats à terme 1.
Ainsi, l’écart de prix entre les deux pays a atteint hier, mardi 31 mars, son niveau le plus élevé depuis au moins trois ans.
- Depuis janvier 2024, l’électricité échangée sur les marchés de biens énergétiques est systématiquement plus chère en Allemagne qu’en France.
- Cette situation s’explique notamment par la dépendance de l’Allemagne aux énergies fossiles, qui a été renforcée par sa sortie du nucléaire en 2023.
- Selon les données d’Ember, le gaz et le charbon ont généré 37,1 % de l’électricité allemande l’an dernier, contre seulement 3,6 % en France.
Si les énergies renouvelables génèrent près de 60 % de l’électricité allemande, l’insuffisance de batteries de stockage installées sur les réseaux rend le pays dépendant au charbon et au gaz lorsque la production éolienne et photovoltaïque est faible, notamment le soir. Afin de combler le déficit d’approvisionnement, les producteurs d’électricité sont contraints de relancer leurs centrales, ce qui contribue à la hausse des prix de l’électricité.
La plupart des pays européens font face à des prix de l’électricité plus élevés en raison de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, qui perturbe les marchés mondiaux de l’énergie.
- Selon les données d’Ember, le prix de gros du mégawattheure a augmenté de 3 % en Allemagne entre février et mars, et de près de 26 % en Italie.
- En Espagne, il a connu une augmentation de plus de 160 %, mais le prix du mégawattheure y est toujours deux fois inférieur à la moyenne européenne.
En France, le prix de gros du mégawattheure était de 64 euros au cours du mois de mars, contre 91 euros en moyenne dans l’Union. Il a néanmoins connu une hausse de 36 % par rapport à février.
Sources
- Eva Brendel, « Germany’s May Power Prices Surge to Four Times French Levels », Bloomberg, 31 mars 2026.