Nous analysons les résultats dans les villes de plus de 100 000 habitants, soit une quarantaine de communes, ce qui exclut une grande majorité des élections. Nous publierons demain dans la journée une analyse des tendances générales (abonnez-vous pour les recevoir).

Paris 

  • Le triangulaire entre Emmanuel Grégoire (PS-EELV, ~38 % au premier tour), Rachida Dati (LR-Horizons fusionnés, ~37 % cumulé) et Sophia Chikirou (LFI, ~12 %) verrait une victoire très nette du candidat socialiste alors même que les sondages donnaient Grégoire légèrement devant Dati (46 vs 44 % selon Ifop).
  • Paris est à gauche depuis 2001, quand Bertrand Delanoë a mis fin à plus de deux décennies de gestion chiraquienne. Anne Hidalgo a succédé en 2014 et 2020. 
  • Grégoire, son premier adjoint, pourrait inscrit donc un troisième mandat consécutif pour le PS. 

Marseille

  • Triangulaire entre Benoît Payan (PS, 37 % au T1), Franck Allisio (RN, 35 %) et Martine Vassal (LR, 12 %). Payan a refusé l’alliance avec LFI, mais le candidat LFI, Delogu (12 %), s’est retiré.
  • Marseille a été gouvernée par Gaston Defferre (PS, 1953-1986) et Jean-Claude Gaudin (droite LR, 1995-2020), avant le basculement à gauche avec le Printemps marseillais de Michèle Rubirola puis Benoît Payan en 2020. Le score élevé du RN marque une irruption inédite dans la bataille pour la mairie centrale.

Lyon

  • Duel entre Grégory Doucet (EELV + fusion LFI, ~48 % cumulé) et Jean-Michel Aulas (droite-centre, ~37 %). 
  • Lyon a été gouvernée par la droite et le centre pendant des décennies (Pradel, Barre, Collomb au PS ensuite de 2001 à 2017, puis Collomb rallié à Macron).
  • L’élection de l’écologiste Doucet en 2020 a été une surprise historique. L’entrée en piste d’Aulas, ancien patron de l’OL, est un fait inédit.

Toulouse

  • Duel entre Jean-Luc Moudenc (DVD-LR-Renaissance, 37 % au T1) et François Piquemal (LFI-PS fusionnés, ~53 % cumulé au T1). 
  • Toulouse a alterné entre gauche et droite depuis les années 1970 (Baudis père puis fils, Moudenc, Cohen, puis Moudenc à nouveau depuis 2014).
  • L’alliance LFI-PS pour ce second tour est un fait remarquable dans une ville où les deux formations ne s’étaient pas unies à ce niveau : elle n’a pourtant pas réussi.

Nice

  • Triangulaire entre Éric Ciotti (UDR-RN, 43 % au T1), Christian Estrosi (Horizons, 31 %) et Juliette Chesnel-Le Roux (EELV, 12 %).
  • Éric Ciotti, ancien président des LR expulsé pour avoir fait alliance avec le RN lors des législatives, l’emporte nettement contre son ancien mentor, Christian Estrosi. Nice est ainsi la première grande ville historiquement de droite classique (Médecin, Peyrat, Estrosi depuis 2008) à basculer vers l’extrême droite.

Toulon 

  • Duel après retrait du candidat LR Bonnus. Josée Massi (DVD, ~53 %) bat Laure Lavalette (RN, ~47 %) (résultat confirmé). 
  • Toulon a connu un maire FN en 1995-2001 sous Jean-Marie Le Chevallier. La ville est revenue à droite depuis Hubert Falco (2001).

Le Havre

  • Édouard Philippe verrouille son fief normand. Philippe (Horizons) est réélu dans une triangulaire face au PCF et à l’UDR-RN. 
  • Le Havre, ville communiste de 1965 à 1995, est passée à droite avec Antoine Rufenacht avant que Philippe ne lui succède en 2010. 
  • L’ancien Premier ministre avait mis en jeu sa candidature à la présidentielle en la conditionnant à sa réélection. 
  • L’effacement du PCF, autrefois hégémonique, et la montée du RN au second tour marquent un réalignement complet du paysage politique havrais en une génération.

Nîmes

  • Vincent Bouget (PCF-gauche unie) l’emporte face à Julien Sanchez (RN) dans un scrutin très serré (résultat confirmé).
  • Les LR perdent ainsi le contrôle de la dernière ville de plus de 100 000 habitants. Nîmes était à droite depuis le long mandat du maire sortant, Jean-Paul Fournier (2001-2020).

La carte des résultats avec les données réelles est pour le moment la suivante.

  • 312 fusions ont eu lieu dans 295 communes au cours de l’entre-deux-tours, 7 impliquent le RN et 26 LFI. 
  • Le taux de participation s’est situé à 48,10 % à 17h (contre 48,9 % lois du premier tour).