Le Grand Continent a passé en revue l’ensemble des candidats encore en lice ce dimanche pour identifier les fusions de listes opérées dans l’entre-deux-tours. Sur environ 1 500 communes où aura lieu un second tour, 312 fusions ont eu lieu dans 295 communes.
- Un tiers des fusions (104) a lieu parmi des listes « sans étiquette », « divers » ou « régionalistes » difficiles à positionner sur l’axe droite-gauche, et 48 autres allient des candidats sans étiquette à des candidats s’étant présentés avec une étiquette explicite au premier tour.
- Au total, environ la moitié des fusions, particulièrement dans les petites communes, implique au moins une liste sans étiquette. Dans la majorité des cas, les listes étiquetées sont toutes des listes « divers droite » ou « divers gauche », les fusions ayant lieu sans intervention d’un parti national.
- Si on exclut ces fusions avec des listes « sans étiquettes », un tiers des fusions restantes (69) implique des listes d’un même bord politique : centre-gauche et gauche (40 cas), centre-droit et droite (18 cas), centre (9 cas), gauche radicale et extrême droite (1 cas). Ici encore, nombre de ces fusions concernent des listes non-partisanes, particulièrement dans les petites communes.
Seul un peu moins d’un tiers des fusions de listes (91) dépassent les frontières des camps politiques traditionnels.
- Le phénomène des fusions inter-partisanes reste au global un fait exceptionnel, concernant environ 0,2 % des communes.
- Ces fusions se décomposent comme suit : 30 alliant le centre-gauche et la gauche radicale ; 20 alliant le centre et la droite ; 19 alliant la gauche et le centre ; 14 alliant le centre-gauche et le centre-droit ; 8 alliant la droite et l’extrême droite.
Les alliances combinant centre-gauche et gauche radicale impliquent LFI dans 25 cas sur 30.
- Ces alliances concernent principalement des très grandes communes, avec un nombre d’électeur médian dépassant les 46 000 personnes.
- Au-delà des grandes métropoles que sont Besançon, Brest, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Metz, Nantes, Poitiers, Strasbourg, Toulouse et Tours, les autres communes concernées sont principalement situées en banlieue parisienne : Argenteuil, Aubervilliers, Massy, Colombes, Villetaneuse…
- À l’exception notamment de Paris, où les listes de Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel ont fusionné, les 20 accords entre droite et centre se concentrent dans des communes moyennes.
- Dans toutes ces communes sauf deux (Châtellerault et Ouangani), ces fusions concernent exclusivement des listes « divers droite » et « divers centre ».
Les 19 accords entre gauche et centre concernent principalement des villes moyennes.
- La seule métropole concernée est Strasbourg, où la liste de Catherine Trautmann (PS) a fusionné avec celle de Pierre Jakubowicz (centre).
- Si ce cas est le plus médiatique, il n’en est pas pour autant unique : à Aubagne, Biarritz, Conflans-Saint-Honorine ou encore Noisy-le-Sec, des listes « divers gauche » ont rejoint le centre et des listes « divers centre » ont rejoint des candidatures de gauche.
Les 14 accords entre gauche et droite — hors partis radicaux — concernent majoritairement des communes de moins de 10 000 électeurs, avec deux exceptions notables : Choisy-le-Roi et Sevran, où deux listes respectivement divers gauche et divers droite ont fusionné.
- Le cas de Sevran, où l’ancien maire Stéphane Gatignon s’est allié à son opposant de droite historique pour battre le sortant Stéphane Blanchet, a fait les titres de la presse locale 1.
Enfin, 8 accords défient le « cordon sanitaire » qui sépare droite traditionnelle et extrême droite.
- Dans deux communes, les candidats de droite concernés étaient étiquetés LR ou Union de la droite au premier tour.
- À Brie-Comte-Robert (Seine et Marne, 11 686 inscrits), les listes de Morgann Vanacker (RN) et Franck Denion (LR) se sont alliées pour reprendre la mairie à la gauche, mais sans le soutien officiel de LR.
- À Hyères (Var, 40 700 inscrits), Jean-Pierre Giran (LR) s’associe à la liste de son ancien adjoint François Cornileau, codée « divers extrême droite » par le Ministère de l’Intérieur.
- Enfin, à Cogolin (Var, 8 162 inscrits), la liste de Pierre-Yves Tierce (UD) accueille trois colistiers du candidat Philippe Vallet, soutenu par le RN.
Des listes du RN fusionnent également avec des listes « divers droite » à Draguignan (Var, liste menée par François Gibaud, ancien proche du maire sortant), Fresnes-sur-Escaut (Nord, liste menée par Fabrice Zaremba), Reims (Marne, liste menée par Stéphane Lang, exclu de LR suite à cet accord), Saint-André (La Réunion, liste menée par Jean-Marie Virapoullé) et Tinqueux (Marne, liste menée par Laurent Lebœuf).
Le tableau ci-dessus présente l’intégralité des fusions identifiées.
Sources
- Hendrik Delaire, « Municipales à Sevran : l’alliance inattendue entre Stéphane Gatignon et son opposant historique contre le maire sortant », Le Parisien, 19 mars 2026.