Dans les sept pays européens sondés (France, Allemagne, Espagne, Italie, Pologne, Belgique et Danemark) dans le cadre de notre dernière enquête Eurobazooka, plus de 50 % des répondants affirment que l’Union devrait « tout à fait » interdire Grok, l’IA du réseau social d’Elon Musk, sur son territoire.
- Les Belges (86 %) et les Danois (83 %) sont les plus favorables à son interdiction, bien que l’écart avec les cinq autres pays soit relativement faible (15 points au maximum entre le plus favorable, la Belgique, et l’Italie, pays le moins favorable).
- En Allemagne, plus d’un cinquième des sondés (21 %) est contre l’interdiction de Grok dans l’Union, soit la part la plus élevée, devant l’Italie avec 18 %, la France et l’Espagne avec 17 %.
- À l’échelle des sept pays, 74 % des répondants sont d’accord pour interdire Grok et 18 % s’y opposent.
Depuis son lancement fin 2023 sur le réseau social X (ex-Twitter), racheté un an plus tôt par Elon Musk, Grok a multiplié les polémiques. À l’été 2025, l’assistant IA s’était lui-même renommé « MechaHitler » après avoir fait l’éloge du dirigeant nazi. À l’automne dernier, il a tenu des propos négationnistes en affirmant que les crématoires d’Auschwitz n’avaient pas été conçus pour des « exécutions massives » mais plutôt « pour la désinfection au Zyklon B contre le typhus ».
Au début de l’année 2026, Grok a suscité l’indignation après avoir généré des images de mineurs à caractère sexuel, disponibles auprès des centaines de millions d’utilisateurs de X.
- Certains utilisateurs avaient sollicité Grok pour « déshabiller », entièrement ou partiellement, des adolescents ou des enfants.
- Depuis, la plateforme a limité les capacités de génération d’images de Grok aux abonnés payants, et a apporté des modifications à l’IA pour l’empêcher de générer des images « explicites ».
- Ces mesures font suite à l’interdiction annoncée de Grok dans trois pays d’Asie du Sud-Est : l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines.
Il ne s’agit pas de la première fois que les Européens sont opposés aux produits et services d’entreprises appartenant à Elon Musk.
- Lors d’une précédente vague de notre sondage Eurobazooka, en mars 2025, 71 % des Européens déclaraient avoir une opinion négative de Musk — dont 49 % avec un jugement « très négatif ».
- Une majorité d’Européens était également favorable au boycott de Tesla (58 %) et de Starlink (57 %). 79 % des sondés affirmaient qu’on ne pouvait pas « faire confiance » à Elon Musk.
- Les ventes de véhicules Tesla se sont effondrées en Europe l’an dernier : -66 % en décembre en France par rapport à 2024, -71 % en Suède ou encore -44 % en Espagne.