En septembre, les États-Unis disposaient de près de 68 000 militaires actifs répartis dans les 30 pays européens membres de l’OTAN, ce qui représente 40 % des troupes américaines déployées dans le monde (170 000). La majeure partie de ces effectifs sont en Allemagne, où se trouvent plus de la moitié de ces troupes (36 000), en Italie (13 000) et au Royaume-Uni (10 000).

  • Ces soldats sont, pour la plupart, déployés sur les 31 bases permanentes et 19 sites militaires auxquels le département de la Défense a accès en Europe 1.
  • Les moyens américains dans la région comprennent des unités terrestres de l’armée de terre, des navires de guerre de la marine et des avions et hélicoptères de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air.
  • La majorité de ces bases remplissent des fonctions liées à l’OTAN et sont étroitement intégrées aux activités et aux objectifs de l’Alliance.

Loin de l’image de « fardeau » mise en avant par Trump pour justifier ses attaques récurrentes contre les membres européens de l’OTAN, les bases américaines en Europe constituent des piliers de la portée stratégique mondiale des États-Unis.

  • La base de Ramstein, en Allemagne, sert notamment de rampe de lancement clef pour les déploiements américains au Moyen-Orient et en Afrique.
  • L’armée américaine a ainsi sollicité les armées de l’air européennes via la base aérienne 57, située en Roumanie, près de la mer Noire, pour un soutien aérien lors de ses bombardements de cibles en Iran, en juin 2.
  • Plus récemment, des bases aériennes situées au Royaume-Uni ont été utilisées pour le décollage d’avions américains utilisés pour la saisie par Washington d’un pétrolier battant pavillon russe dans l’Atlantique Nord, le 7 janvier.

Avant qu’elle ne recommande de « réduire la présence militaire américaine en Europe » dans le cadre de son Projet 2025, la Heritage Foundation, un think-tank conservateur proche de l’administration, soulignait en 2012 l’importance des bases de l’armée américaine sur le continent pour « la capacité et la flexibilité des États-Unis à réagir à des événements imprévus en Eurasie et au Moyen-Orient » 3.

Si les pays européens venaient à révoquer l’accès de l’armée américaine à ses bases sur le continent, ou si Washington abandonnait ses bases — comme elle l’a progressivement fait au Groenland durant la guerre froide — dans le cadre d’un désengagement progressif ou d’une éventuelle sortie de l’Alliance atlantique, l’administration Trump se priverait de précieuses capacités de projection de puissance.

Sources
  1. U.S. Overseas Basing : Background and Issues for Congress, Congressional Research Service, 10 juillet 2024.
  2. Tim Ross et Victor Jack, « Time to dump Trump ? Europeans whisper last-resort options to save Greenland », Politico, 15 janvier 2026.
  3. Luke Coffey, Keeping America Safe : Why U.S. Bases in Europe Remain Vital, The Heritage Foundation, 11 juillet 2012.