La Maison-Blanche a invité une soixantaine de pays à siéger au sein du « Conseil de la paix », une initiative intergouvernementale dirigée par Donald Trump qui vise à « promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par des conflits », selon un projet de charte rédigé par Washington.

  • Les travaux de l’organisation devraient, selon Trump, « commencer avec Gaza puis se poursuivre avec les conflits au fur et à mesure qu’ils surgiront » 1.

Sa structure demeure floue, mais les détails donnés à ce jour par des responsables américains laissent entrevoir plusieurs organes :

  • un « Conseil » composé de dirigeants dont Trump serait le « président fondateur » ;
  • un « comité exécutif fondateur » composé de responsables américains (Marco Rubio, Steve Witkoff), d’anciens dirigeants et de personnalités issues du privé ;
  • un « comité exécutif pour Gaza », dont la mission sera de « soutenir le Bureau du Haut Représentant » pour Gaza, dirigé par l’ex-ministre des Affaires étrangères bulgare Nikolaï Mladenov ;
  • et, enfin, un « Comité national pour l’administration de Gaza », chargé d’administrer la bande de Gaza et placé sous la direction d’Ali Shaath, ex-vice-ministre palestinien de la Planification et des Transports.

Près de la moitié des 60 pays invités par la Maison-Blanche à siéger au sein du Conseil ont fait une déclaration publique. Au lundi 19 janvier, seulement 8 pays ont toutefois publiquement accepté de rejoindre l’organisation.

  • Pour les pays invités, le mandat serait limité à trois ans maximum. Si l’un de ces pays souhaite rester dans l’organisation de manière indéfinie, il devra contribuer à hauteur d’au moins un milliard de dollars en espèces 2.
  • Selon le projet de charte joint aux invitations, toutes les décisions prises par le Conseil seraient « soumises à l’approbation du président », soit Trump.
  • Celui-ci serait personnellement chargé du contrôle des fonds de l’organisation et aurait le pouvoir de révoquer un membre, sous réserve d’un veto à la majorité des deux tiers des États membres.

Plusieurs gouvernements européens ont déclaré nourrir des inquiétudes quant à l’impact qu’une telle organisation pourrait avoir sur la crédibilité et les travaux de l’ONU.

  • Des sources diplomatiques ont notamment indiqué que le président américain « souhaitait que le Conseil de paix joue à terme un rôle plus large au-delà de Gaza, afin de superviser les autres conflits qu’il déclare avoir résolus » 3.

Parmi les pays invités par Trump figurent plusieurs pays européens (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni), le Canada, l’Australie, la Turquie mais également la Russie et la Biélorussie, dont le ministère des Affaires étrangères s’est dit « prêt à participer aux activités du Conseil de paix ». La Chine n’a pas signalé avoir reçu une invitation.

Sources
  1. Kanishka Singh, « Leaders receive US invite for ‘Board of Peace’ to go beyond Gaza conflict », Reuters, 18 janvier 2026.
  2. Alberto Nardelli, Alex Wickham, Trump Wants Nations to Pay $1 Billion to Stay on Peace Board, Bloomberg, 18 janvier 2026.
  3. John Irish et Andreas Rinke, « World leaders show caution on Trump’s broader ‘Board of Peace’ amid fears for UN », Reuters, 19 janvier 2026.