Les sanctions financières et énergétiques américaines votées sous l’administration Obama fin 2011 ont mis fin à la hausse du niveau de vie en Iran observée depuis les années 1990. Il aura fallu 13 ans, entre 2011 et 2024, pour que le PIB par habitant, mesuré en parité de pouvoir d’achat, retrouve son niveau pré-sanctions, à environ 19 000 dollars.
Si le régime iranien s’est adapté aux sanctions, sa croissance a décroché par rapport aux autres pays de la région.
- Cela est particulièrement visible lorsqu’on compare l’évolution du PIB par habitant et en volume de l’Iran avec celui de la Turquie, deux pays dont les économies étaient similaires jusqu’à la fin des années 1980.
- Tandis que les Iraniens jouissaient d’un niveau de vie plus élevé que les Turques au cours des années 2000-2010, le PIB par habitant en Turquie était 2,2 fois plus élevé qu’en Iran en 2024.
- En Israël, celui-ci est désormais presque trois fois plus élevé (56 000 dollars PPA en 2024, contre 20 000 en Iran), alors que le rapport était de un à deux en faveur d’Israël en 1990.
L’économie iranienne a été particulièrement touchée par l’exclusion du système de paiement Swift en 2012 qui a entraîné une forte dépréciation du rial iranien, une hausse considérable de l’inflation et une baisse des investissements étrangers. Ces derniers avaient commencé à affluer à la fin des années 1990, notamment dans le secteur automobile, pour répondre à la hausse de la demande des ménages 1.
Depuis 2012, la croissance du PIB a été divisée par deux par rapport à la décennie qui avait précédé l’imposition des sanctions.
- L’un des principaux outils du régime pour stimuler la croissance est d’augmenter les exportations de pétrole et de produits pétroliers.
- Or, les sanctions contraignent Téhéran à vendre sa production à bas prix, qui est principalement achetée par la Chine.
Afin d’accroître la pression sur le régime, Donald Trump a annoncé lundi 12 janvier la mise en place de tarifs de 25 % sur les pays entretenant des relations commerciales avec Téhéran.
- Le président américain n’a pas apporté de précisions quant à la mise en œuvre de ces droits de douane, qui devaient prendre « effet immédiatement ».
- Toutefois, l’annonce de cette mesure pourrait encourager une fuite des capitaux, ce qui exercerait une pression supplémentaire sur le rial.
- C’est d’ailleurs la dépréciation de la monnaie iranienne — qui a perdu 84 % de sa valeur en 2025 — qui a déclenché les manifestations.
Sources
- Andres England, « How Iran’s economic pain sparked explosion of unrest », Financial Times, 12 janvier 2026.