« Notre homme pour Téhéran » : Trump, Netanyahou et Reza Pahlavi

Lorsque Israël a lancé une attaque surprise contre l’Iran le 13 juin 2025, son objectif déclaré était de détruire le programme nucléaire de son adversaire. Mais le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avait également ouvertement admis que l’opération pourrait conduire au renversement de la République islamique.

Le dernier jour des combats, Donald Trump, qui avait soutenu l’attaque dès le début, s’est joint à Netanyahou pour faire signe vers la possibilité d’un changement de régime.

La position américano-israélienne n’était guère surprenante. 

Pour Netanyahou, le changement de régime est un objectif constant, que la cible soit le Hamas à Gaza ou le Hezbollah au Liban. Et bien que Trump dise parfois le contraire devant les caméras, il a dans les faits intensifié les tensions avec l’Iran — qu’il s’agisse d’assassiner ses dirigeants, d’interdire l’entrée de ses citoyens aux États-Unis ou de renforcer les sanctions et de saborder l’accord nucléaire de 2015 sur la base de fausses allégations de non-respect.

Le changement de régime à Téhéran figure à l’ordre du jour des États-Unis depuis des générations.

Plus surprenantes ont été les acclamations pour les attaques entendues dans certains coins de la diaspora iranienne. 

Parmi ceux qui ont applaudi les attaques figurait Reza Pahlavi, 64 ans, fils du roi — shah, en persan — que les Iraniens ont renversé lors de la révolution de 1979. « C’est notre moment ‘mur de Berlin’ », avait-il alors déclaré 1.

Pahlavi n’a aucune réalisation à son actif.

Aucun sondage ne lui prête une grande popularité.

Mais il a un nom célèbre, une immense fortune familiale — et des alliés puissants.

Au début de 2023, il a tenté de former une coalition avec des Iraniens de l’opposition à l’étranger, mais celle-ci s’est rapidement effondrée 2.

Néanmoins, Pahlavi aime prétendre que sa « restauration » sur le trône est un fait accompli.

Il a passé les douze jours de guerre en juin à insister sur le fait que la République islamique était à bout de souffle et qu’il reviendrait à Téhéran à bord de chars américains et de missiles israéliens, allant jusqu’à détailler ses projets pour ses cent premiers jours au pouvoir 3 — non sans rappeler l’illusion véhiculée par Ahmad Chalabi, l’exilé irakien qui avait fait la promotion de l’invasion américaine de 2003 en prétendant que les habitants de Bagdad accueilleraient favorablement les soldats américains comme des libérateurs.

La réalité est tout autre : dans leur majorité, les mouvements démocratiques en Iran rejettent le fils de l’ancien dictateur. L’un des slogans des manifestations « Femme, vie, liberté » de 2022 était d’ailleurs : « Mort à l’oppresseur, qu’il soit shah ou chef religieux ».

Pourtant, ces dernières années, sa figure revient constamment à la télévision et sur les réseaux sociaux en langue persane, et une évolution semble s’être opérée.

Un nombre croissant d’Iraniens semblent l’avoir adopté, accepté. 

Des slogans favorables à Reza Pahlavi sont entendus régulièrement dans les manifestations qui ont commencé à la fin de l’année 2025 et qui sont aujourd’hui plongées dans l’obscurité d’une coupure complète d’Internet par le régime

Sur la scène internationale, son profil n’a jamais été aussi fort.

Comment a-t-il acquis une telle notoriété ?

Il est impossible de comprendre qui est Pahlavi sans replacer sa figure dans l’histoire moderne de l’Iran en tant qu’objet de l’imaginaire impérial.

Alex Shams

Si ces développements peuvent sembler naturels à de nombreux Occidentaux, ils cachent en réalité une campagne médiatique ciblée et coordonnée.

Les gouvernements d’Israël, d’Arabie saoudite et des États-Unis — ainsi que des acteurs privés — ont ainsi dépensé des millions pour promouvoir Pahlavi et légitimer « l’ambiance » d’un changement de régime de manière plus générale — tout en encourageant les attaques contre ceux qui s’opposent à lui ou contre les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.

Cet effort de propagande prend deux formes.

Tout d’abord, les partisans de Pahlavi ont généreusement financé des chaînes de télévision monarchistes en langue persane — où il apparaît régulièrement.

Ensuite, ils ont mis en place un réseau numérique de comptes sur les réseaux sociaux afin de diffuser de la désinformation et de cibler les voix pro-démocratiques dans leur pays et à l’étranger, qui s’opposent au régime mais rejettent également les rois et les coups d’État soutenus par l’étranger. 

Les partisans de Pahlavi sont principalement des exilés, des partisans du shah ou leurs descendants.

Mais avec l’aide de diffuseurs royalistes, de think tanks de Washington et de trolls en ligne, il a gagné du terrain parmi les Iraniens qui recherchent désespérément une alternative à la République islamique.

L’ascension — ou mieux vaudrait-il dire l’inflation — de Pahlavi n’est que le dernier chapitre en date des programmes étrangers de changement de régime dirigés contre l’Iran 4

À bien des égards, Reza Pahlavi est le nouvel avatar d’une stratégie vieille de plusieurs décennies visant à effacer l’indépendance iranienne.

Son image médiatique soigneusement cultivée repose sur le mensonge selon lequel il bénéficierait d’un soutien organique dans la population là où les véritables démocrates iraniens considèrent Pahlavi comme leur ennemi plutôt que comme leur champion.

Mais les intérêts politiques qui le soutiennent ont investi des centaines de millions pour lui donner l’illusion d’un soutien public — et il s’en est volontiers accommodé. 

Il est impossible de comprendre qui il est sans replacer sa figure dans l’histoire moderne de l’Iran en tant qu’objet de l’imaginaire impérial.

L’homme qui voulut être shah

Reza Pahlavi est né en 1960, mais son histoire commence en réalité en 1905.

À l’époque, une rébellion populaire éclate en Iran contre un pouvoir que beaucoup ne pouvaient plus tolérer : la dynastie Qajar, une monarchie absolue qui régnait sur le pays depuis plus d’un siècle.

Au milieu d’une guerre civile dévastatrice, la Grande-Bretagne et la Russie tsariste sont intervenues aux côtés des Qajars. Les rebelles ont néanmoins réussi à établir une loi fondamentale — la Constitution perse de 1906 — qui limitait le pouvoir de la monarchie. Peu après, un jeune officier de l’armée renversa les Qajar lors d’un coup d’État et se proclama roi : c’était le grand-père et homonyme de Reza Pahlavi. 

Le nouveau shah consolida son pouvoir en réprimant les médias indépendants et les partis d’opposition, transformant le parlement naissant — qui constituait une contrainte constitutionnelle sur l’autorité royale — en une simple chambre d’enregistrement.

Son succès était en grande partie dû à l’aide britannique.

Du point de vue de Londres, l’Iran, coincé entre les colonies britanniques en Irak et en Inde, se trouvait bien dans la sphère d’influence impériale.

Plus immédiatement, les ressources pétrolières de Téhéran étaient cruciales pour l’approvisionnement des forces militaires britanniques.

Les Britanniques avaient déjà obtenu de force les droits pétroliers dans le pays, mais les tensions étaient omniprésentes : un Reza Shah reconnaissant serait un allié précieux pour l’entreprise coloniale.

Ce rêve s’est évanoui pendant la Seconde Guerre mondiale.

Reza Pahlavi est le nouvel avatar d’une stratégie vieille de plusieurs décennies visant à effacer l’indépendance iranienne.

Alex Shams

Les Pahlavi : naissance d’une dynastie à l’ombre des empires

En 1941, le Royaume-Uni et l’Union soviétique ont envahi et occupé l’Iran, exilant le shah et plaçant son fils aîné, Mohammad Reza Pahlavi, sur le trône.

Pahlavi II, alors adolescent, était inexpérimenté et désorienté, et dans ses premières années de règne, ne parvint pas à gouverner avec la poigne de fer de son père.

Les organisations politiques indépendantes se sont multipliées : les partis de gauche ont attiré des milliers de partisans et les nationalistes laïques ont promu la démocratie. À la fin des années 1940, les élections parlementaires sont devenues nettement plus libres et plus équitables 5. En 1951, Mohammad Mossadegh était porté par les électeurs au poste de Premier ministre.

La popularité de ce dernier reposait sur ses promesses de défendre l’autodétermination nationale et de construire un ordre économique plus équitable — en s’appuyant notamment sur un programme de nationalisation des ressources pétrolières de l’Iran.

Lorsque des milliers de personnes envahirent les rues pour soutenir la vision de Mossadegh, le shah s’enfuit et la foule en liesse démolit ses statues.

Publiquement, les États-Unis offrirent leur aide à condition que Mossadegh rétablisse l’ordre, mais la CIA était gênée par cette soudaine ascension : les décideurs politiques américains ne voulaient pas qu’un autre pays du Sud affirme son contrôle sur ses propres ressources. Ils n’étaient pas les seuls : les politiques de Mossadegh avaient suscité l’opposition d’intérêts bien établis, notamment les monarchistes, les industriels et les institutions religieuses iraniens. 

La CIA a cherché à amplifier ces opinions en payant des foules pour qu’elles se rassemblent — créant ainsi l’illusion d’un soutien populaire au shah. Dans le même temps, l’agence a soutenu une faction militaire qui prévoyait de mener un coup d’État. 

En 1953, sous la houlette d’un homme nommé Shaban Jafari — surnommé « Shaban le Sans-Cerveau » (Shaban Bi-Mokh) par les Iraniens — les foules soutenues par la CIA envahirent les rues pour réclamer le retour du shah.

Au milieu du chaos, « BBC Persian » diffusa un message incitant les officiers à lancer un coup d’État. Mossadegh fut arrêté, les mouvements politiques indépendants réprimés et le shah rétabli — établissant enfin un contrôle autocratique total sur le pays. 

Dans les mois qui suivirent, la BBC qualifia ces événements de « révolution populaire ».

Le shah avait une seconde chance — il la saisit.

C’est à partir de ce moment que son règne est devenu de plus en plus corrompu et brutal, fondé sur la torture, le meurtre, l’incarcération et l’intimidation par la SAVAK 6.

En tant que force majeure derrière l’installation forcée d’un tyran, les États-Unis furent à partir de ce moment-là considérés par de nombreux Iraniens comme le principal obstacle à leur liberté : les manifestations de masse de la fin des années 1970 visaient ainsi à la fois le shah et ses soutiens américains.

La gauche, les nationalistes et les islamistes avaient des visions très différentes de l’avenir de l’Iran — et beaucoup se retrouvèrent victimes de la répression sanglante menée par la faction khomeyniste qui a triomphé au début de 1979.

À l’époque, tous s’accordaient à dire que le shah devait partir et qu’il fallait empêcher les Américains de le réinstaller.

C’est ce sentiment qui a motivé l’occupation de l’ambassade américaine à Téhéran à la fin de l’année 1979. Les Américains se souviennent d’une prise d’otages, mais les révolutionnaires iraniens considéraient cette occupation comme un moyen d’empêcher un nouveau coup d’État, craignant que les États-Unis ne soient prêts à rétablir le shah au pouvoir 7.

Quoi qu’il en soit, Mohammad Reza Pahlavi était trop malade pour remonter sur le trône. Il mourut en juillet 1980 au Caire, après un traitement infructueux aux États-Unis.

Un nouveau Pahlavi : la construction d’une figure médiatique cosmopolite

L’attention de Washington se tourna rapidement vers son fils adolescent, Reza Pahlavi.

Les Iraniens le découvrirent en 1986 lorsque la télévision d’État fut interrompue par une vidéo de Pahlavi fils proclamant « Je reviendrai », diffusée à partir d’un émetteur fourni par la CIA 8

Il se révéla moins téméraire dans les faits.

L’année suivante, on lui proposa un plan inspiré de l’opération de la baie des Cochons, avec la bénédiction de l’ancien président Richard Nixon : Pahlavi et ses partisans seraient parachutés sur l’île de Kish, au large de l’Iran, dans le Golfe persique, puis, sous la protection de l’armée américaine, se rendraient sur le continent. Là, rejoints par les légions d’Iraniens venus accueillir leur roi, ils marcheraient vers le nord pour s’emparer de Téhéran.

Lorsque Pahlavi en fut informé, il refusa.

La seule question qu’il posa fut : « Comment allons-nous nous échapper si les choses tournent mal ? » 9 Peut-être pressentait-il qu’il ne serait finalement pas le bienvenu.

À la place de ce coup, il collecta des fonds auprès des exilés.

En seulement deux mois, en 1989, il récolta 1 million de dollars. « La propagande coûte cher », expliqua-t-il, prédisant qu’il lui faudrait « deux à trois ans maximum » avant de retourner en Iran 10

Cela ne s’est jamais produit, mais il a continué inlassablement sa campagne. 

En 2003, alors que les forces américaines combattaient en Irak, Pahlavi a rencontré Netanyahou pour discuter de la possibilité d’une nouvelle invasion américaine — cette fois-ci de son pays natal 11.

La politique iranienne était alors dans un moment particulièrement tendu. 

Tout au long des années 1990, les mouvements de « squatters » et de travailleurs avaient contesté les politiques néolibérales de la République islamique 12. Dans les années 2000, les féministes et les organisations de la société civile avaient développé des mouvements de masse en dehors de la sphère des partis politiques, tandis que les réformistes avaient œuvré à l’expansion des institutions démocratiques dans le cadre de la politique officielle iranienne, étroitement contrôlée. 

Le Mouvement Vert de 2009, de contestation de la réélection frauduleuse de Mahmoud Ahmadinejad, donna lieu à des mois de manifestations continues, reflétant la contestation croissante de la théocratie autocratique au niveau national. 

Pahlavi  exprimait à cette époque  son soutien au mouvement démocratique, tout en continuant à affirmer qu’il était le roi légitime de l’Iran.

Ses commentaires ont été largement tournés en dérision : les Iraniens se battaient pour la démocratie depuis un siècle ; ils avaient combattu le shah et combattaient désormais le rahbar, le Guide suprême. Autrement dit, Pahlavi n’avait rien à voir avec l’avenir démocratique pour lequel ils manifestaient. 

Pendant un certain temps, il était possible de l’ignorer.

Pahlavi changea alors de stratégie.

La restauration sera télévisée : la conquête de l’opinion par les ondes

La diaspora persanophone cherche depuis longtemps à pénétrer l’environnement médiatique fermé de l’Iran par le biais de chaînes de télévision par satellite.

Les premières d’entre elles, diffusées depuis Los Angeles, Londres, Toronto et Dubaï, ont vu le jour dans les années 1990, lorsque les émigrés iraniens ont reconstruit leur industrie culturelle à l’étranger 13.

Les programmes alternaient alors entre des clips pop persans et des discours politiques, mais la qualité de la production était médiocre en raison du manque de financement.

Les chaînes en langue persane offrant une meilleure qualité de production — comme BBC Persian et Voice of America — étaient quant à elles soutenues par des gouvernements étrangers. 

Bien qu’elles aient parfois interviewé Reza Pahlavi, elles ne l’ont jamais présenté comme le futur dirigeant de l’Iran.

Dans les années 2010, deux nouvelles chaînes privées ont fait leur apparition.

Raffinées, sophistiquées et diffusant un large éventail de contenus, Iran International et Manoto ont remodelé l’environnement médiatique en langue persane 14.

Environ 70 % des Iraniens vivant en Iran reçoivent la télévision par satellite et beaucoup s’informent grâce aux chaînes satellitaires : ces deux chaînes sont parmi les plus populaires 15. Elles sont également très discrètes sur leur financement : toutes deux refusent de révéler l’identité de leurs bailleurs de fonds. 

Une enquête menée en 2018 par le Guardian a néanmoins révélé qu’Iran International avait reçu un quart de milliard de dollars de l’Arabie saoudite 16.

Les deux chaînes prônent une ligne éditoriale qui favorise le retour à la monarchie.

Au matraquage télévisuel pro-Pahlavi s’ajoute désormais une stratégie de saturation en ligne.

Alex Shams

Le drapeau de l’Iran qui précède la révolution de  1979 est brandi pendant les émissions et Reza Pahlavi apparaît régulièrement comme invité.

Manoto, en particulier, produit des documentaires nostalgiques sur le règne du shah, reprenant son ancienne propagande et insistant, comme lui, sur le thème de l’Iran dirigé par les Pahlavi comme un État moderne tourné vers l’avenir. La chaîne trouve le moyen de puiser dans les archives de la télévision d’État d’avant 1979 — mais la manière dont elle se procure ces bobines reste un mystère.

Ces programmes nostalgiques évitent soigneusement de mentionner les inégalités extrêmes et la répression quasi totale de la liberté d’expression sous le règne du shah, se concentrant plutôt sur la réhabilitation de l’image des Pahlavi.

Manoto va jusqu’à justifier certaines des atrocités commises à cette époque, en diffusant notamment une interview complaisante de l’ancien adjoint de la SAVAK, Parviz Sabeti, que ses victimes décrivent pourtant comme « l’architecte de l’institutionnalisation de la torture en Iran ». Bon nombre des pires traits de la République islamique — ceux que les opposants citent le plus souvent pour justifier un changement de régime — trouvent en effet leurs racines dans l’ère Pahlavi, si idylliquement dépeinte dans les programmes d’Iran International et de Manoto. La prison d’Evin, lieu de détention notoire des prisonniers politiques iraniens, était par exemple connue à l’époque Pahlavi sous le nom d’« université d’Evin » car elle incarcérait de nombreux intellectuels et journalistes. Pourtant, les téléspectateurs sont invités à considérer la monarchie comme la meilleure, voire la seule alternative à la République islamique.

Jamais invité à défendre sa vision ou à reconnaître les crimes de la monarchie, Reza Pahlavi remplit les ondes d’appels au changement de régime et de prédictions sur la chute imminente du gouvernement — tout en attendant dans les coulisses de revenir en tant que roi. 

Et lorsque les Iraniens eux-mêmes descendent dans la rue pour dénoncer leurs dirigeants, Pahlavi est là pour « traduire » leurs prétendus souhaits : lorsqu’ils réclament la révolution et la justice économique, dit-il, ce qu’ils veulent vraiment, c’est un changement de régime soutenu par l’étranger et un retour à l’ancien régime qu’il rétablira.

Bien qu’ils soient pourchassés par les forces de sécurité, les militants pro-démocratie en Iran prennent le temps de réfuter les affirmations de Pahlavi, encore et encore, dans des déclarations sorties clandestinement des prison 17s et des communiqués rédigés par les syndicats 18.

Mais à ce matraquage télévisuel s’ajoute désormais une stratégie de saturation en ligne.

La fabrique du « phénomène Pahlavi »

Les Irano-Américains forment une communauté essentiellement progressiste. 

Une enquête réalisée en 2008 a révélé qu’ils étaient quatre fois plus susceptibles d’être inscrits comme démocrates que comme républicains, tandis que les deux tiers d’entre eux estimaient que la diplomatie avec l’Iran était dans l’intérêt des États-Unis 19.

Plus d’une décennie et demie plus tard, ces chiffres n’ont pas beaucoup changé.

Les Irano-Américains se sont activement opposés au Muslim Ban décrété par Trump pendant son premier mandat 20 et ont largement rejeté la politique de sanctions américaines contre l’Iran. Une enquête réalisée en 2025 avant la guerre de juin a révélé que la plupart des Irano-Américains s’opposaient également à une attaque américaine contre l’Iran 21.

Pourtant, sur les réseaux sociaux tels que celui d’Elon Musk, X (ex-Twitter), les voix iraniennes de la diaspora qui comptent le plus d’abonnés sont celles des partisans de Trump, des défenseurs d’Israël et des partisans de la guerre et des sanctions, tandis que les Irano-Américains qui s’opposent à ces politiques sont assaillis de commentaires de rage en anglais et en persan. 

Ce décalage peut paraître choquant mais il est familier à quiconque a passé suffisamment de temps en ligne.

De nombreuses preuves ont ainsi été mises au jour ces dernières années révélant une vaste campagne sur les  réseaux sociaux — menée principalement depuis Israël, l’Arabie saoudite et les États-Unis — qui a artificiellement amplifié l’influence d’un petit groupe d’influenceurs de droite favorisant un changement de régime et soutenant Reza Pahlavi.

Un shah dans la cyberguerre

La manipulation des réseaux sociaux iraniens m’est apparue clairement pour la première fois en novembre 2019.

À l’époque, je vivais à Téhéran lorsque des manifestations ont éclaté contre un projet du gouvernement visant à supprimer les subventions sur l’essence.

Dans l’espoir d’apaiser la colère et d’empêcher l’organisation, le gouvernement a coupé l’accès à Internet dans tout le pays. Au cours de cette même semaine, l’État a également réprimé la population et tué des centaines de personnes — usant des mêmes procédés qu’aujourd’hui en Iran.

Pourtant, alors que le pays était déconnecté d’Internet, les réseaux sociaux iraniens ont explosé de messages promouvant un changement de régime et Reza Pahlavi comme « la voix des Iraniens ». 

Des milliers de tweets faisaient référence à des manifestants qui auraient crié « Reza Shah Rouhet Shad » (« Que Dieu te bénisse, Reza Shah », en référence au grand-père de Pahlavi). 

Lorsqu’Internet a finalement été rétabli, ceux d’entre nous qui se trouvaient en Iran ont été stupéfaits de voir ce qui s’était passé en ligne pendant le blackout.

C’est peu ou prou ce qu’on observe pendant la séquence actuelle.

D’où qu’ils proviennent, ces messages ne venaient pas de l’intérieur du pays : tout portait à croire qu’une opération d’influence était en cours.

En Pahlavi, Netanyahou trouve une voix iranienne qui peut couvrir ses ambitions de renverser le gouvernement iranien. 

Alex Shams

L’enquête Golberg et le pilotage américain de la propagande Pahlavi sur les réseaux sociaux

Après l’arrivée au pouvoir de Trump et la sortie de l’accord nucléaire de 2015, de faux comptes ont commencé à se multiplier, publiant en masse des commentaires en faveur de Reza Pahlavi et contre les personnes et les organisations soutenant la diplomatie entre les États-Unis et l’Iran.

Ces comptes se concentraient sur la promotion de hashtags tels que #TrumpWillDestroyIran, attisant la colère contre ceux qui osaient être en désaccord. 

D’autres, comme #IRGCTerrorist, exigeaient que les États-Unis ajoutent le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) à leur liste des organisations terroristes étrangères — ce que Trump a d’ailleurs fait en 2019, cette désignation étant maintenue depuis lors.

Geoff Golberg est l’un des journalistes d’investigation qui a contribué à faire la lumière sur cette opération 22

Fondateur de Social Forensics, une société d’analyse des réseaux sociaux, il rapporte que son intérêt a été éveillé début 2019 par un expert en campagnes de désinformation, Ben Nimmo, qui était alors membre fondateur du Digital Forensics Research Lab de l’Atlantic Council, avant de devenir responsable mondial du renseignement sur les menaces chez Meta et d’occuper aujourd’hui un poste similaire chez OpenAI.

Ben Nimmo avait tweeté à propos d’un trafic suspect promouvant un hashtag en soutien d’un sommet organisé par Trump à Varsovie dans le but de former une coalition mondiale anti-Iran (#WeSupportPolandSummit).

Lorsque Golberg a commencé son enquête, il a découvert que le hashtag avait effectivement été amplifié artificiellement par de faux comptes.

Pour donner suite à cette découverte, il a commencé à suivre les comptes qui comptaient des milliers d’abonnés mais n’avaient aucune existence physique discernable — et dont beaucoup étaient associés à des groupes pro-Pahlavi 23.

Lorsque Golberg a écrit et tweeté ses conclusions, il a été ridiculisé et traité de pion du régime iranien. Lui et sa famille ont été victimes de doxxing. Leurs adresses et numéros de téléphone ont été divulgués. 

En creusant, il a découvert que bon nombre de ces comptes semblaient être liés à l’Iran Disinformation Project 24, un projet financé par le département d’État américain visant à « troller » les militants des droits humains, les journalistes et les personnalités publiques opposés à la guerre contre l’Iran. 

Parmi les cibles récurrentes de cette opération figuraient Jason Rezaian, un journaliste du Washington Post précédemment emprisonné en Iran, et Tara Sepehri Far, chercheuse à Human Rights Watch.

En mai 2019, à la suite de rapports sur ses attaques, le département d’État a résilié le contrat du projet Iran Disinformation Project. 

Grâce à un procès intenté en vertu de la loi sur la liberté d’information, le journal d’investigation The Intercept a appris par la suite que des fonds continuaient d’être versés à l’organisation qui le mettait en œuvre — l’E-Collaborative for Civic Education — qui a reçu près de 10 millions de dollars du gouvernement américain au cours des années 2010 pour mener à bien un certain nombre de projets liés à l’Iran.

Le rôle clef d’Israël et de l’Arabie Saoudite

Pendant ce temps, Golberg a continué à s’intéresser à l’affaire.

À la suite de l’assassinat par les États-Unis du général Qasem Soleimani, membre du Corps des gardiens de la révolution islamique, au début de l’année 2020, il a étudié le hashtag #IraniansDetestSoleimani, identifiant ainsi un vaste réseau de faux comptes et une poignée de personnalités réelles qui y étaient liées — tous deux en lien avec le projet Iran Disinformation Project 25

Et les comptes inauthentiques ont tweeté en bien plus grand nombre que les comptes organiques, ce qui leur a permis d’avoir un impact disproportionné. Golberg a décrit la campagne comme « des faux comptes retweetant d’autres faux comptes ». La rhétorique visait à présenter les positions anti-guerre comme pro-régime.

Une partie du contenu produit l’Iran Disinformation Project a été pris en charge par la Foundation for the Defense of Democracies (FDD), un groupe de réflexion néoconservateur dirigé par Clifford May, faucon de la guerre en Irak et ancien directeur de la communication du Comité national républicain, et soutenu depuis des années par des personnalités telles que les milliardaires Bernard Marcus et Sheldon Adelson — aujourd’hui décédés — grands donateurs de Trump.

Saeed Ghasseminejad, conseiller principal de la FDD, qui compte plus de 100 000 followers sur X, où il se présente comme un « libéral classique » et « non partisan », était un prestataire du projet de désinformation, selon Responsible Statecraft. 

Son compte Twitter a été l’un des premiers à tenter de discréditer Golberg.

Aujourd’hui, l’objectif déclaré du FDD est de « renforcer la sécurité nationale des États-Unis et de réduire ou d’éliminer les menaces posées par les adversaires et les ennemis des États-Unis ». 

Mais comme l’a rapporté The Nation en 2014 26, le FDD a commencé sous le nom d’Emet : An Educational Initiative, un groupe fondé en 2001 qui visait à « améliorer l’image d’Israël en Amérique du Nord ». 

Les deux objectifs ont toujours été flous, et la vague de tweets de 2020 encourageant la guerre contre l’Iran a fait avancer les deux à la fois. Ou plutôt, c’est ce qu’on pourrait penser si on part du principe que les efforts de propagande visant à ouvrir la voie à un changement de régime en Iran « renforcent la sécurité nationale des États-Unis », comme semble le croire le gouvernement américain.

Ces efforts ne semblent être que la partie émergée de l’iceberg d’une tentative plus large de déstabiliser l’Iran par la manipulation des réseaux sociaux.

En 2017, le prince saoudien Mohammed ben Salmane a ainsi rencontré la société israélienne Psy-Group pour discuter d’un plan qui consistait à « créer de faux comptes sur les réseaux sociaux en farsi afin de fomenter des troubles en Iran » et à « financer des groupes d’opposition iraniens » 27. Une enquête menée en 2019 par le New Yorker a qualifié Psy-Group de « partie intégrante d’une nouvelle vague de sociétés de renseignement privées qui recrutent parmi les rangs des services secrets israéliens » afin de « façonner la réalité » grâce à « l’utilisation d’identités fictives élaborées pour manipuler leurs cibles » 28.

Une partie de la difficulté à tracer et à exposer la cyberguerre réside dans le fait que les auteurs nient généralement la mener et sont toujours désireux de la dissimuler. 

Mais le fait que le gouvernement saoudien et Psy-Group aient pris part à des discussions directes, ce que les deux nient publiquement, suggère fortement que les armées de bots qui ont inondé les réseaux sociaux iraniens — alimentées par des comptes arborant des couronnes, des lions et des drapeaux israéliens et faisant l’éloge de Pahlavi — pourraient trouver là leur origine humaine.

D’autres sont arrivés en octobre 2022, lorsque les bots ont amplifié les figures de droite qui se sont greffées au mouvement Femme, Vie, Liberté pour critiquer les voix anti-guerre en les qualifiant d’« apologistes du régime ».

Suscitée par l’assassinat de Mahsa Amini, qui aurait refusé de porter le hijab alors qu’elle était en garde à vue, le mouvement a exigé la fin de la discrimination sexuelle et ethnique et de la répression politique.

Les bots et les trolls ont suivi : le hashtag #MahsaAmini a reçu plus de 330 millions de tweets en seulement un mois, tandis que #BlackLivesMatter a été tweeté quelque 83 millions de fois en huit ans 29.

Comme le montre Golberg, Israël a joué à ce moment-là un rôle central dans la manipulation des armées de bots.

Le gouvernement israélien développait depuis des années des capacités similaires, allant même jusqu’à admettre en 2023 avoir déployé ce que l’Associated Press a qualifié de « guerriers du clavier » 30

Soutenus par des cyberbrigades israéliennes, des tweets ont qualifié l’écrivain et activiste Trita Parsi, cofondateur du Quincy Institute for Responsible Statecraft, de marionnette des mollahs — ce qui est peu probable, compte tenu de sa foi zoroastrienne — et les journalistes exilées Farnaz Fassihi et Negar Mortazavi d’agents du régime.

Même la militante des droits humains et future lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, qui était alors détenue comme prisonnière politique à Evin, a fait l’objet d’insultes.

L’épouse de Reza Pahlavi, Yasmine, a alimenté les attaques — alléguant que Mohammadi était en mesure de communiquer avec le monde extérieur grâce à des relations peu recommandables au sein du régime. En réalité, comme la plupart des prisonniers en Iran, elle était autorisée à passer des appels téléphoniques et faisait régulièrement passer des notes en cachette.

En Netanyahou, Pahlavi trouve un bienfaiteur partageant les mêmes idées et bien armé. 

Alex Shams

Pahlavi dans l’algorithme : au cœur des usines à trolls

Cette vague de haine en ligne a atteint son apogée contre la plus grande organisation civile iranienne américaine, le National Iranian American Council (NIAC). 

Le NIAC s’est construit une base en s’opposant à la guerre et aux sanctions et en défendant les droits civils des Irano-Américains. 

Il a également été à une époque une puissance diplomatique, encourageant les négociations entre les États-Unis et l’Iran qui ont abouti à l’accord nucléaire de 2015.

Les attaques contre le NIAC ont commencé avec une vidéo tweetée par Emily Schrader, consultante en marketing israélo-américaine et PDG d’une société appelée Social Lite Creative 31, qui affirme travailler aux côtés des Forces de défense israéliennes (FDI) pour « mener des efforts sur les réseaux sociaux » concernant la guerre menée par Israël contre Gaza en 2014. Le mari de Schrader, Yoseph Haddad, est par ailleurs un influenceur pro-israélien bien connu qui a servi dans les FDI. 

Schrader a partagé la vidéo d’elle-même, accompagnée de sous-titres en persan, début octobre, quelques semaines après le début des manifestations « Femme, vie, liberté ». 

Depuis des années, le NIAC exprime son soutien aux mouvements populaires et aux manifestations en Iran et critique le bilan de la République islamique en matière de droits humains. Il n’y a qu’à consulter son site web pour lire les nombreuses condamnations de la répression exercée par l’État iranien 32

Dans la vidéo, Schrader accuse à tort le NIAC de fermer les yeux sur les droits humains et le qualifie à tort d’« organe actif du régime iranien ». 

Ces accusations ont été rapidement amplifiées par un vaste réseau de bots sur les réseaux sociaux en langue persane, et très vite, Iran International a même produit un documentaire reprenant ces fausses allégations.

Sur les quelque 200 000 comptes Twitter impliqués dans cette croisade en ligne, la moitié n’existait que depuis un an ou deux — et les deux tiers comptaient moins de 300 abonnés 33

Des comptes récents, avec peu d’abonnés et encore moins de tweets, ont soudainement publié des centaines de messages par jour sur le prétendu lobbying du NIAC en faveur des mollahs dictateurs iraniens et ont multiplié les tweets harcelants à l’encontre des Irano-Américains opposés à la guerre et aux sanctions. 

Et même si le faible nombre d’abonnés limitait la portée de ces messages, ces comptes ont tout de même joué un rôle dans le « détournement » de l’algorithme de tendance de Twitter, comme le note Golberg.

De son côté, le compte d’Iran International a gagné une multitude de faux abonnés, tout comme les voix israéliennes diffusant des messages pro-israéliens et pro-Pahlavi en persan. 

En creusant davantage, Golberg a remarqué des liens inquiétants.

Les comptes officiels du gouvernement israélien, notamment ceux de Hananya Naftali, l’assistant numérique de Netanyahou, ainsi que celui d’Israel Persian, le compte officiel en persan du ministère israélien des Affaires étrangères, suivaient des comptes en persan non authentiques et non vérifiés, comptant des centaines de milliers d’abonnés, qui publiaient chaque jour des centaines, voire des milliers de tweets faisant la promotion de Reza Pahlavi et d’Israël.

La bulle Pahlavi et le changement de régime — de 1953 à 2026 ?

Les armées de bots et la manipulation des réseaux sociaux ont un impact. 

Nombre de personnes réelles — notamment des Iraniens vivant en Iran et à l’étranger — soutiennent l’action des États-Unis et d’Israël contre le régime. Mais les personnes réelles sont également sensibles à ce qu’elles rencontrent en ligne.

Lorsque certaines opinions représentent soudainement 90 % d’un flux sur les réseaux sociaux au lieu de 10 %, elles peuvent sembler beaucoup plus ordinaires ou plausibles qu’elles ne le sont en réalité.

Surtout, les journalistes utilisent eux aussi les réseaux sociaux pour se faire une idée du discours public : manipuler le récit qui y est véhiculé peut donc influencer directement les reportages — qui plus est dans un moment où la répression du régime passe par des coupures forcées d’Internet.

Un exemple concret : en quinze ans, le changement de régime soutenu par l’étranger est passé d’une idée marginale à une demande populaire apparemment authentique des Iraniens si l’on en croit ce qu’on voit en ligne.

En avril 2023, Reza Pahlavi s’est rendu en Israël, où il a été reçu par Netanyahou lors d’une réunion organisée par la FDD 34.

L’échange a reflété une convergence d’intérêts mutuels. 

En Pahlavi, Netanyahou trouve une voix iranienne qui peut couvrir ses ambitions de renverser le gouvernement iranien. 

En Netanyahou, Pahlavi trouve un bienfaiteur partageant les mêmes idées et bien armé. 

Israël dispose de la puissance de feu nécessaire pour renverser le gouvernement iranien à lui seul, et le vaste réseau de lobbies et d’armées de bots a contribué à créer pour Pahlavi ce dont il a toujours rêvé mais qu’il n’a jamais eu : l’apparence d’un soutien populaire.

Pourtant, rien ne pourrait être plus préjudiciable aux mouvements pro-démocratiques iraniens que l’insistance sur le fait que l’opposition à la République islamique nécessite de soutenir un monarque impopulaire et déchu, lié à Israël et aux néoconservateurs américains. 

La République islamique cherche depuis longtemps à discréditer ses opposants en les accusant d’être à la solde d’Israël et des États-Unis. En se rapprochant de Netanyahou tout en se positionnant comme la voix de l’opposition, Pahlavi se montre contre-productif. 

Lorsque Yasmine Pahlavi fait l’éloge des soldats israéliens pour avoir soi-disant incarné les idéaux de la femme, de la vie et de la liberté, la lutte pour la liberté en Iran fait un pas en arrière 35.

Tout comme les foules de Téhéran à la solde de la CIA en 1953, les efforts de propagande dirigés par le Département d’État et les influenceurs pro-israéliens créent l’illusion d’un soutien populaire à l’installation d’un monarque par des puissances étrangères.

Avec Iran International, Manoto, FDD et les « guerriers du clavier », le public iranien est nourri du discours selon lequel seul Reza Pahlavi pourrait les sauver et que la guerre serait le seul moyen pour les Iraniens de vivre en paix et en liberté.

Après avoir réclamé pendant des années un changement de régime, Pahlavi et ses partisans ont enfin vu une opportunité se présenter avec la guerre de juin.

Avec le mouvement de manifestations intenses qui secoue aujourd’hui le pays, une nouvelle occasion pour la dynastie Pahlavi de prendre le pouvoir en Iran se présente.

Mais l’homme qui se rêve en nouveau shah saura-t-il percer au-delà de la bulle de l’algorithme ?

Sources
  1. Mat Nashed, « After backing Israel, Iran’s self-styled crown prince loses support », Al Jazeera, 3 juillet 2025.
  2. Arash Azizi, « After a failed coalition effort, where is the Iranian opposition headed ? », Atlantic Council, 10 mai 2023.
  3. Elizabeth Crisp, « Exiled crown prince : Islamic Republic ‘collapsing’ in Iran », The Hill, 17 juin 2025.
  4. Les puissances étrangères ont tenté à plusieurs reprises d’imposer un leadership réactionnaire à ce pays riche en pétrole, pour diverses raisons structurelles. La démocratie iranienne n’est dans l’intérêt ni de l’Arabie saoudite — qui ne craint rien tant que la démocratie chez son voisin — ni dans celui d’Israël sous le gouvernement Netanyahou, qui préfère une dictature docile à un gouvernement populaire qui pourrait s’engager en faveur de l’avenir d’un État palestinien.
  5. Ervand Abrahamian, « Iran in Revolution : The Opposition Forces », MERIP Reports No. 75/76, Iran in Revolution (mars-avril 1979), pp. 3-8.
  6. Ervand Abrahamian, Iran Between Two Revolutions, Princeton, Princeton University Press, 1982.
  7. Stephen Kinzer, « Our misunderstanding of the hostage crisis still poisons US-Iran relations », The Boston Globe, 31 octobre 2019.
  8. Bob Woodward, « CIA Support for Exiles, Other Covert Iran Activity Reported », The Los Angeles Times, 19 novembre 1986.
  9. Kenneth R. Timmerman, Countdown to crisis : the coming nuclear showdown with Iran, New York, Crown Forum, 2005.
  10. Carla Hall, « The Shah Without A Country », The Washington Post, 21 mai 1989.
  11. Marc Perelman, « New Front Sets Sights On Toppling Iran Regime », The Forward, 16 mai 2003.
  12. Asef Bayat, « Squatters and the State : Back Street Politics in the Islamic Republic », Middle East Report, No. 191, Iran’s Revolutionary Impasse (novembre-décembre 1994), pp. 10-14.
  13. Farzaneh Hemmasi, Tehrangeles Dreaming : Intimacy and Imagination in Southern California’s Iranian Pop Music, Duke University Press, 2020.
  14. Monavar Khalaj, « Primetime battle for Iran’s airwaves », The Financial Times, 10 avril 2013.
  15. « Iranians’ Attitudes Toward Media 2023 », Gamaan.
  16. Saeed Kamali Dehghan, « Concern over UK-based Iranian TV channel’s links to Saudi Arabia », The Guardian, 31 octobre 2018.
  17. Voir sur X.
  18. « Iranian Trade Unions statement on bombing their country », Jewish Voice for Liberation, 24 juin 2025.
  19. « Public Opinion Survey of Iranian Americans », PAAIA, 2008.
  20. Barbara Slavin, « Iranian American Groups Unite Against Trump Travel Ban », Atlantic Council, 19 avril 2017.
  21. « Nationwide Poll of Iranian Americans Shows Opposition to War, Support for Diplomacy », NIAC, 17 juin 2025.
  22. Geoff Golberg, « Why Do Official Israeli Government Twitter Accounts Follow So Many Inauthentic Accounts ? », Medium, 12 mai 2023.
  23. Geoff Golberg, « State-Sponsored Twitter Accounts Pushing For War With Iran », 22 octobre 2019.
  24. Negar Mortazavi, Murtaza Hussain, « State Department Cut Funding for Controversial « Iran Disinfo » Project — but Kept Working With Its Creators », The Intercept, 22 septembre 2020.
  25. Geoff Golberg, « Inauthentic Twitter Accounts Continue Pushing For War With Iran », Medium, 9 juin 2020.
  26. Ali Gharib, « Washington’s Sketchy Pro-Israel/Anti-Iran Camp », The Nation, 11 août 2014.
  27. Mark Mazzetti, Ronen Bergman, David D. Kirkpatrick et Maggie Haberman, « Rick Gates Sought Online Manipulation Plans From Israeli Intelligence Firm for Trump Campaign », The New York Times, 8 octobre 2018.
  28. Adam Entous et Ronan Farrow, « Private Mossad for Hire », The New Yorker, 11 février 2019.
  29. Jonathan Guyer, « Why the protests in Iran over Mahsa Amini’s death are so hard to understand », Vox, 12 décembre 2022.
  30. Isabel Debre, « Israeli army admits to covert influence campaign in Gaza war », AP News, 22 mars 2023.
  31. Voir le lien sur X.
  32. Human Rights Tracker, NIAC.
  33. Geoff Golberg, « State-Sponsored Platform Manipulation », Social Forensics, juillet 2023.
  34. Sina Toosi, « Analysis : Why are Iranian monarchists backing Israel over its Gaza war ? », Al Jazeera, 9 mars 2024.
  35. Alex MacDonald, « Iran : Wife of Reza Pahlavi posts ‘women, life, freedom’ over image of Israeli soldier », Middle East Eye, 19 avril 2023.