Aujourd’hui, samedi 3 janvier, cela fait 156 jours que l’armée russe est entrée dans la ville de Pokrovsk, dans l’oblast de Donetsk, à la fin du mois de juillet. Les données vectorielles de l’Institute for the Study of War indiquent que Moscou contrôlait 70 % de la ville au 31 décembre, contre 59 % à la fin du mois de novembre. Dans la ville voisine de Myrnohrad, les forces russes sont présentes sur 30 % de la surface municipale.

Lorsqu’on s’intéresse à la progression russe en termes de kilomètres carrés, la situation est toutefois bien moins avantageuse qu’il n’y paraît pour Moscou.

  • Au long du mois de décembre, les forces russes ont avancé en moyenne de 100m² par jour à l’intérieur de la ville de Pokrovsk.
  • Le rythme de progression russe a ainsi diminué par rapport à la période juillet-novembre, lorsque Moscou avançait de 120m² chaque jour.
  • Cette maigre avancée se fait au prix de nombreuses pertes, tant humaines que matérielles, notamment provoquées par les drones FPV ukrainiens.

Malgré un net avantage numérique — on estime que jusqu’à 150 000 combattants russes sont déployés dans le secteur de Pokrovsk —, l’armée russe peine à consolider ses positions dans la partie nord de la ville, au-delà des voies ferrées. L’arrivée du froid dans l’Est de l’Ukraine permet néanmoins à Moscou de multiplier les assauts motorisés via des véhicules blindés, des chars, mais aussi des voitures civiles modifiées ou bien des quads 1.

  • Dans le nord-ouest de la ville, les tentatives d’infiltrations russes sont bloquées par plusieurs unités ukrainiennes qui parviennent à barrer la route jusqu’à Hryshyne, un village situé à environ 6 kilomètres de Pokrovsk.
  • Les défenseurs ukrainiens ont reçu au cours des derniers jours une livraison de 12 chars d’assaut Abrams supplémentaires livrés par l’Australie, portant le total à 49, suite à la livraison de 37 appareils par Canberra plus tôt au cours de l’été 2025.
  • Ces nouveaux blindés seraient d’ores et déjà entrés en action jeudi 1er janvier pour neutraliser des points de tirs russes à l’intérieur de Pokrovsk 2.

Le maintien durable d’une présence ukrainienne à l’intérieur de Pokrovsk et Myrnohrad est vu comme un objectif prioritaire par Kiev, alors que le Kremlin cherche à obtenirla totalité du Donbass dans le cadre d’un accord de paix. Le redéploiement par l’État-major ukrainien d’unités de réserve à Pokrovsk à la fin du mois d’octobre semble avoir permis de contribuer à endiguer la progression russe — potentiellement au détriment d’autres secteurs du front.

Si les forces ukrainiennes subissent une pression permanente en raison des bombardements russes visant les lignes d’approvisionnement, l’augmentation massive du nombre de soldats russes déployés en Ukraine constitue lui aussi un risque.

  • L’armée russe dispose actuellement de 710 000 combattants sur le front, contre 150 000 lors du lancement de l’invasion à grande échelle, en février 2022.
  • La chute des températures exige toutefois un approvisionnement accru, notamment en carburant et en vivres, qui pourrait surcharger les lignes d’approvisionnement 3.
  • Cette pression vient s’ajouter à celle exercée par les drones ukrainiens, qui ciblent systématiquement les réseaux logistiques.