La quatrième Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine qui s’ouvre aujourd’hui, jeudi 10 juillet, à Rome, entend axer les discussions sur quatre thématiques clefs : la mobilisation du secteur privé, la reconstitution du capital humain, la reconstruction des collectivités locales et les réformes en vue de l’adhésion du pays à l’Union.

  • Plus de 80 chefs d’État et de gouvernement et 4 000 participants au total sont attendus aujourd’hui et demain dans la capitale italienne, dont Volodymyr Zelensky, Donald Tusk et Friedrich Merz. Emmanuel Macron est quant à lui à Londres mais devrait participer aux discussions par visioconférence.

Selon l’estimation RDNA4 publiée en février 2025 par la Banque mondiale, les Nations unies, l’Union européenne et le gouvernement ukrainien, les besoins de reconstruction s’élèvent à 524 milliards de dollars sur dix ans (soit environ 506 milliards d’euros). Ce chiffre a toutefois certainement augmenté depuis en raison de l’intensification des frappes de drones ces dernières semaines ainsi que de la progression de l’armée russe dans le sud et l’est du pays.

Bien que la reconstruction de l’Ukraine ait initialement été envisagée une fois la paix revenue, il semble que certains projets soient déjà en cours.

  • Le gouvernement ukrainien a notamment commencé à rédiger à la mi-juin un appel d’offres pour l’exploitation de la mine de lithium de Dobra, située à 300 km de Kiev, dont les États-Unis pourraient bénéficier dans le cadre de l’accord sur les minéraux signé en avril.
  • Parmi les potentiels acteurs susceptibles de remporter l’offre figure un consortium d’investisseurs comprenant TechMet, une société d’investissement détenue en partie par le gouvernement américain et Ronald S. Lauder, un milliardaire proche de Donald Trump 1.
  • C’est également Lauder qui était à l’origine de l’idée du rachat — voire de la prise de contrôle — du Groenland par les États-Unis, un territoire particulièrement riche en terres rares. 
  • Début juin, la ministre ukrainienne de l’Économie, Yulia Svyrydenko, déclarait que les États-Unis et l’Ukraine tiendraient leur première réunion pour discuter d’un fonds sous-tendant l’accord courant juillet.

Les États-Unis seront représentés lors de la conférence par Keith Kellogg, l’envoyé spécial de Trump pour l’Ukraine. La question du maintien de l’assistance militaire américaine engagée sous Biden ainsi que de potentiels futurs investissements en Ukraine est centrale pour Kiev, qui dépend en grande partie des États-Unis pour la défense anti-aérienne. 

  • La semaine dernière, le Pentagone avait annoncé avoir « mis en pause » certaines livraisons d’armes et de munitions, invoquant des stocks américains insuffisants, avant que Trump ne déclare lundi 7 juillet que Washington allait « envoyer davantage d’armes » à Kiev.
  • Le président américain étudie également l’envoi de systèmes de défense aérienne Patriot supplémentaires que l’Allemagne achèterait pour l’Ukraine.
  • Volodymr Zelensky avait annoncé en fin de semaine dernière avoir signé des accords de coproduction de drones avec plusieurs fabricants, dont Swift Beat, une entreprise dirigée par l’ex-PDG de Google Eric Schmidt.

Aujourd’hui aura lieu également un sommet des États « volontaires » pour la défense de l’Ukraine organisé par la France et le Royaume-Uni depuis Londres. 

Sources
  1. Constant Méheut, « Ukraine Takes First Step Toward Carrying Out Minerals Deal With U.S. », The New York Times, 16 juin 2025.