Alors que Donald Trump a qualifié le président ukrainien Zelensky de « dictateur » le 19 février, une enquête menée en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Pologne par More in Commons 1 révèle qu’une nette majorité de la population estime que le président américain mérite d’être qualifié de cette manière.
- Une nette majorité – 59 % des Allemands et Français, 56 % des Britanniques et 47 % des Polonais – estime que le président américain est un « dictateur ».
- Une minorité – 25 % des Français, 29 % des Allemands et 30 % des Britanniques – refuse cette appellation.
Selon la même enquête, une large majorité qualifie Vladimir Poutine de « dictateur ».
- Ce terme est utilisé par 80 % des Français, 81 % des Allemands, 84 % des Britanniques et 92 % des Polonais.
- En comparaison, le qualificatif n’est attribué à Zelensky que par une infime minorité.
La rencontre au Bureau ovale a été un choc ressenti pour une partie large de l’opinion. Une majorité nette de Français considère que la responsabilité repose sur le président américain.
- Selon une enquête Ipsos parue aujourd’hui 2 l’indignation et la colère face aux déclarations et décisions de Trump sur l’Ukraine sont majoritaires dans toutes les tendances politiques – y compris au Rassemblement national.
- 61 % des Français jugent Trump irrespectueux, un avis partagé par 64 % des Britanniques et 59 % des Allemands.
Face au renversement d’alliance, les Européens évaluent leur relation avec Washington, en se tournant vers leurs alliés européens.
- Seulement 24 % des Français et 23 % des Allemands considèrent encore les États-Unis comme un allié, contre 49 % des Britanniques et 55 % des Polonais.
Les Français considèrent largement l’Union européenne, le Royaume-Uni et l’Allemagne comme des alliés, mais sont plus réservés sur la Pologne.
- Si la Russie (54 %) et l’Iran (45 %) sont clairement perçus comme des ennemis, la Chine suscite davantage d’hésitation.
- Seuls 25 % des Français voient encore les États-Unis comme un allié, tandis que 57 % peinent à qualifier la relation, reflétant une incertitude sur un possible basculement de l’alliance.
Selon l’enquête Ipsos, 68 % des Français se disent prêts à boycotter les entreprises américaines.
- La majorité des personnes interrogées se disent favorables à un boycott, avec des taux élevés de réponses « Oui, sûrement » et « Oui, probablement » dans toutes les familles politiques.
- Le soutien le plus élevé se retrouve chez les électeurs de l’ancienne majorité présidentielle Renaissance-Horizons-MoDem (84 %), suivis de près par La France Insoumise (76 %) et le Parti Socialiste (74 %).
- Les électeurs de LR-UDI et du Rassemblement National (RN) sont plus partagés. Chez LR-UDI, 71 % sont favorables au boycott, mais avec une forte proportion de « Oui, probablement » (42 %), indiquant une position plus prudente. Les électeurs du RN sont les plus divisés, avec 55 % d’entre eux en faveur du boycott, et une proportion notable de 22 % répondant « Non, sûrement pas ».
Sources
- Ukraine : le soutien des Européens se renforce dans l’adversité, Enquête multi-pays (USA, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, France), Destin Commun, Mars 2025.
- Les Français se préparent à l’économie de guerre, La Tribune Dimanche, 9 mars 2025.