Ces deux réunions annuelles (Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois, CCPPC, et Assemblée nationale populaire, ANP), appelées les « Deux Sessions », rassemblent des dirigeants et experts du Parti communiste chinois (PCC) et ont vocation à voter des lois et à définir la trajectoire annuelle du pays.
Comme le notent les experts du Centre d’analyse sur la Chine d’Asia Society Neil Thomas et Jing Qian dans une étude parue dans nos pages : « Dans la politique chinoise, les Deux Sessions sont ce qui se rapproche le plus d’un carnaval ».
- Plusieurs moments-clefs rythmeront les deux conférences : les prises de parole de Xi Jinping les 5, 6 et 7 mars, la conférence de presse annuelle du ministre des Affaires étrangères Wang Yi vendredi 7 ainsi que la probable conférence de presse de Li Qiang le dernier jour de l’Assemblée nationale populaire.
- Le discours de Li Qiang est très attendu : chaque terme sera une déclinaison des possibles inflexions de la doctrine du Parti. Les deux sessions doivent se conclure mardi prochain, le 11 mars.
- Cette année, l’un des principaux thèmes des Deux Sessions sera le rapport présenté par Li Qiang dès aujourd’hui à l’Assemblée populaire nationale. Celui-ci consistera en un passage en revue du travail réalisé par le gouvernement en 2024 ainsi qu’en une présentation des priorités économiques et objectifs politiques pour 2025.
Alors que la séance de 2024 avait été assez conservatrice, celle de 2025 devrait afficher un programme plus favorable à la croissance, avec un objectif d’environ 5 % de croissance du PIB (pour la 3e année consécutive), 4 % du PIB de déficit budgétaire et 2 % d’inflation.
- En décembre, la politique monétaire chinoise est passée de « stable et prudente » à « convenablement souple ».
- Des mesures pour stimuler les dépenses de consommation, telles qu’une subvention pour le remplacement d’équipements électriques et davantage de dépenses sociales, et pour encourager l’innovation dans le secteur privé, seront également introduites.
- Pour autant, la politique économique de Xi restera modérée afin de conserver ses ressources fiscales en prévision d’une éventuelle guerre commerciale.
Li Qiang et Wang Yi vont également s’exprimer sur la situation internationale de la Chine. La réponse chinoise aux droits de douane de 10 % instaurés par Trump à son retour au pouvoir avait jusqu’ici été modérée, alors que le président américain a imposé des tarifs supplémentaires de 10 % hier, mardi 4 mars. Pékin a annoncé dans la foulée avoir déposé une nouvelle plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce, arguant que la Maison-Blanche viole gravement les règles de l’OMC et sape la base de la coopération économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis.