Le 7 octobre 2021, le Tribunal constitutionnel polonais a rendu sa décision sur la requête du Premier Ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui lui demandait d’estimer que la façon dont la Cour de justice interprète certaines dispositions du droit de l’Union européenne sont contraires à la constitution polonaise.
Cette décision soulève de nombreuses questions. En Pologne, cette décision semble illustrer la prise de contrôle autoritaire du gouvernement polonais sur une partie du système judiciaire. Comment les opposants politiques à Mateusz Morawiecki et la population civile perçoivent-ils cette crise politique ? Envisagent-ils d’utiliser la pression des autres pays européens pour contester cette décision et ébranler le pouvoir du PIS sur la vie politique polonaise ? Sont-ils susceptibles d’y parvenir ?
En France, comme dans les Considérations sur le gouvernement de Pologne de Jean-Jacques Rousseau, la Pologne est à nouveau devenue un espace de projection de l’imaginaire politique français, puisqu’on a vu, depuis plusieurs personnes, des personnalités politiques telles que Valérie Pécresse, Eric Zemmour, Arnaud Montebourg, soutenir le gouvernement polonais et préconiser un comportement similaire de la part de la France. Qu’est-ce que cette utilisation de la crise polonaise dit-elle de l’européanisation des vies politiques européennes ? Assiste-t-on à une orbanisation des droites européennes, désormais décidées à miner de l’intérieur les institutions ?
A l’échelle européenne enfin, on peut s’interroger sur les conséquences que pourraient avoir ces tensions entre un certain nombre de pays européens et la Pologne. Si la Pologne ne sort pas de l’Union européenne, et cela semble extrêmement peu probable, le gouvernement polonais va-t-il revenir sur sa décision ? S’il ne le fait pas, les moyens de coercition de la Commission seront-ils suffisants pour l’y contraindre ? Est-ce que cette décision fissure de façon irrémédiable le principe de supériorité du droit européen sur les droits nationaux, pierre angulaire de la construction européenne ?
Pour répondre à toutes ces questions, en partant de plusieurs articles parus sur Le Grand Continent, “Comment comprendre la décision du Tribunal constitutionnel polonais ?”, et “Crise à la frontière polonaise”, nous aurons le plaisir de recevoir :
La discussion se déroulera le 26 octobre de 19h30 à 20h30 en salle des Actes (et non en salle Dussane, comme prévu initialement), au 45 rue d’Ulm.
Les inscriptions sont obligatoires à ce lien.