stablecoin <\/em>de Trump. Il faudrait avoir un canal alternatif aux banques et au march\u00e9 pour g\u00e9rer l’offre et la demande de monnaie, g\u00e9rer l’h\u00e9licopt\u00e8re mon\u00e9taire tout comme l’aspirateur mon\u00e9taire. <\/p>\n\n\n\nAujourd’hui, nous sommes sid\u00e9r\u00e9s. A chaque fois qu’il y a une annonce, on est surpris, allons \u00e0 Bruxelles, pour dire \u00ab Il faut maintenant d\u00e9penser 3,5 % de PIB dans la d\u00e9fense ! \u00bb. L\u2019un veut le faire sans augmenter les imp\u00f4ts, l’autre veut le faire autrement : en Allemagne, le prochain gouvernement pr\u00e9voit 500 milliards d\u2019euros dans les infrastructures sur dix ans et de sortir les d\u00e9penses de d\u00e9fense du frein \u00e0 l’endettement constitutionnel. Chaque pays a une solution diff\u00e9rente. Tout cela refl\u00e8te un certain amateurisme.\u00a0<\/p>\n\n\n\n
Il me semble que plonger toute l\u2019Europe dans une \u00e9conomie de guerre n\u2019est pas forc\u00e9ment une excellente id\u00e9e. La r\u00e9ponse au COVID a cr\u00e9\u00e9 beaucoup d’imp\u00f4ts et d’inflation lors de la sortie de crise. <\/p>\n\n\n\n
La vraie r\u00e9ponse est ce qu\u2019on fera sur notre monnaie. L\u2019enjeu ultime est la monnaie et nos relations mon\u00e9taires avec le reste du monde. Il manque aujourd’hui dans la riposte europ\u00e9enne l’\u00e9tape d’apr\u00e8s : il est bien de r\u00e9agir \u00e0 chaud sur les barri\u00e8res douani\u00e8res. Il faut n\u00e9gocier \u2013 \u00e7a marche assez bien \u2013 et \u00eatre un peu moins na\u00effs. Il est bien aussi qu’on travaille sur la d\u00e9fense. Mais le vrai sujet, c’est l’euro. Le vrai sujet, c’est l’architecture mon\u00e9taire et financi\u00e8re. Cela, malheureusement, on ne s’en parle pas ou pas assez.\u00a0<\/p>\n\n<\/div>\n\n\n
O<\/strong>n<\/strong> compte aujourd\u2019hui sur l’Allemagne pour faire ce que demande Paris (ironie)…<\/strong><\/p>\n\n\n\n\n
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Ludovic Subran<\/p>\n \n <\/div>\n <\/div>\n \n\n
L’Allemagne est devenue franchouillarde, ce qui est int\u00e9ressant parce que l’Allemagne mercantile a \u00e9t\u00e9 rattrap\u00e9e par la France souverainiste. Les Allemands le sentent bien.<\/p>\n\n\n\n
L’enjeu des prochains trimestres est de prouver aux Allemands qu\u2019en d\u00e9pensant davantage, ils ne sont pas en train de faire un gros plan de redistribution, c\u2019est-\u00e0-dire, donner de l’argent aux Fran\u00e7ais, aux Italiens pour leurs bo\u00eetes europ\u00e9ennes, ou encore aux Britanniques. Cela va forc\u00e9ment cre\u00e9er tensions. Je rappelle \u00e0 ce sujet que dans une \u00e9conomie de guerre, l’effort est toujours port\u00e9 par les classes moyennes. Le capital, les riches, savent toujours comment \u00e9chapper \u00e0 l\u2019effort, et leurs enfants ne vont jamais au front. <\/p>\n\n\n\n
Chaque pays va donc devoir identifier une mani\u00e8re de payer pour l’effort de guerre. Il va falloir penser \u00e0 la TVA ou \u00e0 des formes de financement propres. Il va falloir g\u00e9rer le stress financier. Il va certainement falloir que la BCE mon\u00e9tise une partie de la dette, et on ne pourra pas rester avec des taux \u00e0 2 % si on fait 1,5 % de d\u00e9penses en plus, sans faire d’effort \u00e0 c\u00f4t\u00e9 sur la protection sociale. <\/p>\n\n\n\n
L’Allemagne s’endette, c’est tr\u00e8s bien. Il fallait qu’elle le fasse, principalement parce qu’elle a un d\u00e9ficit d’infrastructure majeur. Toutefois en ce qui concerne la d\u00e9fense et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale l’endettement suppl\u00e9mentaire, tr\u00e8s vite la question de l’effort de guerre va se poser. En Allemagne, on sait que malheureusement, il y a toujours un double effet kiss cool. <\/em> Au d\u00e9but, par la force on arrive \u00e0 faire avancer le chemin europ\u00e9en, mais apr\u00e8s se posent de grandes questions sur ce que cela implique pour les classes moyennes allemandes. <\/p>\n\n\n\nDonc l’\u00e9conomie de guerre en Europe sera un sujet. La fin du mercantilisme sera un sujet. L’Europe est \u00e0 un moment historique aujourd’hui. On voit depuis une semaine un retour de capitaux vers l\u2019Europe, alors que tout le monde nous disait que les \u00c9tats-Unis \u00e9taient formidables. Je ne citerai pas de chef d\u2019entreprise, mais vous avez tous en t\u00eate des patrons qui vous disent : \u00ab Je vais me quoter aux Etats-Unis, l’Europe est finie, l’\u00e9nergie est trop ch\u00e8re, je vais aux Etats-Unis \u00bb. Des gens avec beaucoup d’argent qui disent que le dollar, les march\u00e9s des actions, la tech, sont formidables. Aujourd’hui, on se rend compte que la strat\u00e9gie du fou est co\u00fbteuse et que l’Europe est int\u00e9ressante, malgr\u00e9 nos valeurs, malgr\u00e9 notre \u00ab wokisme \u00bb, malgr\u00e9 notre obsession verte, malgr\u00e9 le temps qu’on prend \u00e0 prendre des d\u00e9cisions \u00e0 27. Ce c\u00f4t\u00e9 un peu lent, un peu vieux, un peu lancinant, ne para\u00eet maintenant pas si mal par rapport \u00e0 quelqu’un qui a grill\u00e9 plusieurs fusibles au cours des derniers mois.<\/p>\n\n\n\n
Il faut du patriotisme \u00e9conomique. On doit rappeler aux gens que c’est bien de vouloir investir 20 milliards dans la logistique aux Etats Unis, mais qu’il faut savoir comment on a pu financer ces 20 milliards, quand on est une grande entreprise de transport maritime\u2026 Cela souvent se fait gr\u00e2ce aux imp\u00f4ts et \u00e0 l’inflation en France.<\/p>\n\n\n\n
Il faut que l’Europe soit fi\u00e8re de ce qu’elle a construit, mais qu’elle rappelle \u00e0 l’ordre, parce que le capital doit rester en Europe. On doit transformer l\u2019essai aujourd’hui. S’il y a un \u00e9l\u00e9ment qui nous montre que le capital revient vers l’Europe, il faut qu’on transforme cet effet-l\u00e0. Il ne faut pas qu’on soit avec un train de retard sur l’euro, la construction mon\u00e9taire et l’attractivit\u00e9 de notre territoire sur les rendements du capital. J\u2019ai finalement utilis\u00e9 les cinq minutes de plus que je n\u2019avais pas utilis\u00e9es initialement\u2026<\/p>\n\n<\/div>\n\n\n
Vous avez parfaitement respect\u00e9 les r\u00e8gles du pacte de stabilit\u00e9\u2026 dans sa nouvelle forme ! (rires). Vous avez chacun quelques minutes pour prolonger l\u2019\u00e9loge de la grisaille europ\u00e9enne propos\u00e9 par Ludovic, et identifier une mesure qu\u2019il faudrait prendre dans les mois \u00e0 venir. <\/strong><\/p>\n\n\n\n\n
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Federico Fubini<\/p>\n \n <\/div>\n <\/div>\n \n\n
Comme je refuse de consid\u00e9rer que les Am\u00e9ricains sont stupides, je vais vous expliquer pourquoi ils sont en contradiction avec eux-m\u00eames. Le dernier quart de si\u00e8cle am\u00e9ricain est marqu\u00e9 par un triomphe de l\u2019innovation. Les magnificent seven<\/em> ont r\u00e9ussi \u00e0 atteindre 35 % de valorisation de la bourse am\u00e9ricaine, qui elle-m\u00eame repr\u00e9sente 75 % de la bourse mondiale. La cr\u00e9ation de valeur actionnariale de ces entreprises a repr\u00e9sent\u00e9 40 mille milliards, c’est-\u00e0-dire la moiti\u00e9 du PIB mondial. Ce quart de si\u00e8cle a donc \u00e9t\u00e9 celui d\u2019un triomphe \u00e9conomique am\u00e9ricain, mais il a aussi \u00e9t\u00e9 celui d’humiliations et de faillites de la politique \u00e9trang\u00e8re des Etats-Unis.\u00a0<\/p>\n\n\n\nLe dernier succ\u00e8s de politique \u00e9trang\u00e8re \u00e9tait au Kosovo, en 1999. 40 000 peacekeepers<\/em> avaient alors \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s, sur un territoire grand comme un d\u00e9partement fran\u00e7ais, pour en assurer la stabilit\u00e9. Aujourd\u2019hui, on parle de 30 000 peace keepers<\/em> en Ukraine, le plus grand pays europ\u00e9en, en guerre contre le plus grand pays du monde. Apr\u00e8s 1999, il y a eu l\u2019\u00e9chec de l\u2019Irak, de la G\u00e9orgie, de l’Afghanistan \u2014 le retrait humiliant n\u00e9goci\u00e9 par Trump et mis en oeuvre par Biden \u2014 la Crim\u00e9e, le Donbass, la Libye, la Syrie, avec les fameuses lignes rouges de Barack Obama qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es. Les Russes sont aujourd\u2019hui en Libye. Cela a \u00e9t\u00e9 une s\u00e9rie d\u2019\u00e9checs. Le seul succ\u00e8s du dernier quart de si\u00e8cle a \u00e9t\u00e9 en Ukraine en 2022, car l\u2019Ukraine est aujourd\u2019hui encore libre et ind\u00e9pendante. Qui aurait cru \u00e0 l\u2019\u00e9poque que cela aurait \u00e9t\u00e9 le cas ?\u00a0<\/p>\n\n\n\nLes \u00c9tats-Unis sont par cons\u00e9quent tr\u00e8s contradictoires. Le repli est bien entendu tentant pour une puissance dans une telle position, et en m\u00eame temps impossible en raison de leur positionnement financier international. Ils sont contraints \u00e0 un ajustement budg\u00e9taire, m\u00eame si ce dernier est r\u00e9cessif pour eux et par extension pour l\u2019\u00e9conomie internationale.<\/p>\n\n\n\n
La cons\u00e9quence des contradictions de ce pays est qu\u2019il faut faire un bond en avant dans l\u2019int\u00e9gration de la d\u00e9fense europ\u00e9enne.<\/p>\n\n<\/div>\n\n\n
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Gilles Mo\u00ebc<\/p>\n \n <\/div>\n <\/div>\n \n\n
Je vais citer Stephen Miran, que je relisais cet apr\u00e8s-midi. Il parle de ce qui fonde la puissance du dollar comme monnaie de r\u00e9serve internationale. Il dit \u00ab L\u2019Am\u00e9rique a fourni au reste du monde de la stabilit\u00e9, de la liquidit\u00e9, de la profondeur de march\u00e9, et le respect de l\u2019\u00e9tat de droit \u00bb. Quatre \u00e9l\u00e9ments, dont deux – je vous laisse choisir lesquels – sont l\u00e9g\u00e8rement en retrait depuis quelques semaines.\u00a0<\/p>\n\n\n\n
Le papier de Miran et toute la politique internationale des \u00c9tats-Unis est fond\u00e9e sur un r\u00e9alisme g\u00e9opolitique. Or, pour reprendre ce que disait Ludovic Subran, il y a aussi des \u00ab institutions invisibles \u00bb – pour reprendre l\u2019expression de Pierre Rosanvallon – dans les relations internationales. La confiance et le partage des valeurs sont fondamentales. Il est par cons\u00e9quent n\u00e9cessaire que les Europ\u00e9ens continuent \u00e0 rester fermes sur les valeurs.\u00a0<\/p>\n\n<\/div>\n\n\n
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Doroth\u00e9e Rouzet<\/p>\n \n <\/div>\n <\/div>\n \n\n
Dans la r\u00e9ponse commerciale, il faut \u00eatre ferme, cr\u00e9atif et ambitieux. Ferme car on est face \u00e0 un interlocuteur qui comprend les rapports de force. On a beaucoup appris en 2018, o\u00f9 on avait \u00e9t\u00e9 sid\u00e9r\u00e9s par les droits de douane sur l\u2019acier et l\u2019aluminium. Aujourd’hui, la bo\u00eete \u00e0 outils est pr\u00eate. Il ne faut pas h\u00e9siter \u00e0 l\u2019utiliser, pour ensuite aller \u00e0 la n\u00e9gociation, mais avec des munitions. \u00catre cr\u00e9atif car les repr\u00e9sailles sur les droits de douane ne seront pas suffisants. L\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine en Europe est surtout compos\u00e9e de services. Si on veut toucher les int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains sans que cela soit trop lourd pour nous, il faut identifier les domaines dans lesquels des acteurs am\u00e9ricains sont d\u00e9pendants du march\u00e9 europ\u00e9en. L\u2019Europe n\u2019est pas habitu\u00e9e \u00e0 se consid\u00e9rer comme puissance, mais nous sommes 450 millions de consommateurs dans un march\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 – le plus grand au monde – et cela est un levier. Nous avons des arguments. On peut renforcer les r\u00e9gulations du num\u00e9rique, les r\u00e9gulations antitrusts contre les g\u00e9ants du num\u00e9rique, tout ce qui peut faire mal \u00e0 des int\u00e9r\u00eats proches de Trump. Il faut enfin \u00eatre ambitieux car cela pourrait permettre d’avoir un agenda de comp\u00e9titivit\u00e9 agressif en Europe. On peut renforcer l\u2019euro comme monnaie de r\u00e9serve internationale. On peut avoir une politique agressive pour attirer les chercheurs des \u00c9tats-Unis et renforcer l\u2019innovation. De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, \u00eatre davantage d\u00e9pendants de notre proche march\u00e9 nous rendra moins vuln\u00e9rable \u00e0 l\u2019avenir.\u00a0<\/p>\n\n<\/div>\n\n\n
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Benjamin B\u00fcrbaumer<\/p>\n \n <\/div>\n <\/div>\n \n\n
Je pense au graphique de la consommation en Europe que l\u2019on trouve dans l\u2019Observatoire de la guerre \u00e9conomique, en valeur absolue ou en rapport avec le PIB. Il y a un plafonnement depuis assez longtemps. Cela rend vuln\u00e9rables aux difficult\u00e9s ext\u00e9rieures. La r\u00e9ponse pourrait donc aussi \u00eatre macro\u00e9conomique.<\/p>\n\n<\/div>\n\n\n