{"id":362801,"date":"2026-10-04T11:47:09","date_gmt":"2026-10-04T09:47:09","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?post_type=sunday&p=362801"},"modified":"2026-10-04T11:47:13","modified_gmt":"2026-10-04T09:47:13","slug":"a-qui-appartient-saint-francois","status":"publish","type":"sunday","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/dimanches\/a-qui-appartient-saint-francois\/","title":{"rendered":"\u00c0 qui appartient saint Fran\u00e7ois ?"},"content":{"rendered":"\n
En ce 4 octobre 2026, l\u2019Italie c\u00e9l\u00e8bre un nouveau jour f\u00e9ri\u00e9, \u00e0 l\u2019occasion du 800e anniversaire de la mort de saint Fran\u00e7ois d\u2019Assise le 3 octobre 1226, en vertu d\u2019une loi vot\u00e9e l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re par le Parlement italien \u00e0 une tr\u00e8s large majorit\u00e9. Giorgia Meloni reproduit ainsi le m\u00eame geste que Benito Mussolini, qui, en 1926, fit de la f\u00eate du saint un jour f\u00e9ri\u00e9 \u2013 supprim\u00e9 pour des raisons \u00e9conomiques, en 1977. Nous interrogeons Fabien Archambault, historien sp\u00e9cialiste des cultures populaires et de l\u2019histoire politique de l\u2019Italie du XXe si\u00e8cle, sur sa signification historique et politique et sur la difficile greffe entre le nationalisme et le catholicisme du \u00ab <\/em>plus saint des Italiens et du plus italien des saints \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n Deux logiques parall\u00e8les se rencontrent \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 1925 : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, Mussolini cherche \u00e0 consolider le r\u00e9gime fasciste et \u00e0 obtenir l\u2019appui de l\u2019\u00c9glise ; de l\u2019autre, Pie XI poursuit une politique de r\u00e9christianisation de la soci\u00e9t\u00e9 et cherche \u00e0 r\u00e9gler la question romaine <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019automne 1926 plusieurs tentatives d\u2019attentat visent Mussolini, dont la derni\u00e8re, \u00e0 la fin du mois d\u2019octobre \u00e0 Bologne, est commise par un jeune anarchiste de quinze ans, Anteo Zamboni. C\u2019est ensuite au cours du mois de novembre que sont vot\u00e9es les derni\u00e8res lois dites \u00ab fascistissimes \u00bb, qui font d\u00e9finitivement basculer le r\u00e9gime dans la dictature. L\u2019objectif de Mussolini est alors de consolider son pouvoir en s\u2019appuyant sur les \u00e9lites traditionnelles du pays : les anciennes \u00e9lites lib\u00e9rales ou conservatrices du royaume d\u2019Italie, bien s\u00fbr, mais aussi l\u2019\u00c9glise.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Oui, mais cela va au-del\u00e0 de Pie XI qui est \u00e9lu en 1922. Une partie des \u00e9lites catholiques, qu\u2019elles soient eccl\u00e9siastiques, sociales ou \u00e9conomiques, s\u2019est mise \u00e0 soutenir le fascisme, comme l\u2019avaient fait auparavant une partie des \u00e9lites lib\u00e9rales. C\u2019est dans cette ambiance de \u00ab cl\u00e9rico-fascisme \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>\u00a0que commencent les n\u00e9gociations qui conduiront aux accords du Latran. Elles sont encore secr\u00e8tes, mais les deux camps multiplient les gages de bonne volont\u00e9. Il existe en quelque sorte un accord tacite : Pie XI se sert de Mussolini pour r\u00e9gler la question romaine ; de son c\u00f4t\u00e9, Mussolini cherche \u00e0 r\u00e9gler la question romaine afin de s\u2019assurer le soutien de l\u2019\u00c9glise.\u00a0<\/p>\n\n\n\n \u00c0 cela s\u2019ajoute l\u2019Ann\u00e9e sainte de 1925 : Pie XI annonce l\u2019organisation de festivit\u00e9s particuli\u00e8res pour le 700e <\/sup>anniversaire de la mort de Fran\u00e7ois. Cette initiative s\u2019explique notamment par son attachement personnel au franciscanisme, il est lui-m\u00eame membre du tiers-ordre franciscain, mais elle s\u2019inscrit aussi dans une strat\u00e9gie de reconqu\u00eate et de rechristianisation de la soci\u00e9t\u00e9 italienne. C\u2019est en 1925 qu\u2019est institu\u00e9e la f\u00eate du Christ-Roi, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le dernier dimanche d\u2019octobre. Dans cette volont\u00e9 de reconqu\u00e9rir le \u00ab peuple de Dieu \u00bb, la figure \u00e9vang\u00e9lique de Fran\u00e7ois rev\u00eat une importance particuli\u00e8re.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Fran\u00e7ois est depuis longtemps d\u00e9j\u00e0 le saint le plus populaire d\u2019Italie. C\u2019est l\u2019alter Christus<\/em>, le premier saint \u00e0 avoir re\u00e7u les stigmates. Dans l\u2019Italie du Moyen \u00c2ge, cela avait d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 une v\u00e9ritable stupeur, ce qui explique qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 canonis\u00e9 si vite, deux ans \u00e0 peine apr\u00e8s sa mort. <\/p>\n\n\n\n Mussolini n\u2019invente pas cette nationalisation de saint Fran\u00e7ois : il intervient sur une figure qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 investie et r\u00e9appropri\u00e9e par plusieurs traditions au XIXe si\u00e8cle. Tous les mouvements qui essaient de b\u00e2tir une Italie nouvelle cherchent \u00e0 se l\u2019approprier. Fran\u00e7ois est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019inventeur d\u2019une litt\u00e9rature nationale qui exprime une religiosit\u00e9 populaire. Le Cantique des cr\u00e9atures<\/em>, compos\u00e9 en 1225 en dialecte ombrien, est l\u2019un des premiers textes de la litt\u00e9rature nationale qui ne soit pas en latin. La Divine Com\u00e9die<\/em> est un texte d\u2019acc\u00e8s tr\u00e8s difficile, qu\u2019on ne lit qu\u2019au lyc\u00e9e. \u00c0 l\u2019inverse, il existe d\u00e8s le XVIIe <\/sup>si\u00e8cle des traductions en italien du Cantico delle creature<\/em>.<\/p>\n\n\n\n\n\n Il y a ensuite le mouvement guelfe, ou plut\u00f4t n\u00e9o-guelfe, autour de Vincenzo Gioberti (1801-1852) <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. C\u2019est lui qui, en 1843, \u00e9crit que Fran\u00e7ois est le \u00ab le plus aimable, le plus po\u00e9tique et le plus italien des saints \u00bb, formule consacr\u00e9e en 1939 par Pie XII qui parlera du : \u00ab plus saint des Italiens et le plus italien des saints \u00bb, apr\u00e8s une reprise de Gabriele D\u2019Annunzio en 1919, dans un discours au Capitole. La papaut\u00e9 l\u2019utilise, Mussolini aussi. Il s\u2019agit de gagner le consensus des masses catholiques en mettant en avant une figure qui est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s populaire.<\/p>\n\n\n\n C\u2019est pour la m\u00eame raison que le mouvement socialiste, qui cherchait \u00e0 adapter son anticl\u00e9ricalisme \u00e0 la religiosit\u00e9 des masses paysannes, investit, \u00e0 la fin du XIXe\u00a0si\u00e8cle, la figure du Cristo rosso<\/em>. L\u2019anticl\u00e9ricalisme socialiste est reformul\u00e9 : l\u2019\u00c9glise devait revenir au vrai message de l\u2019\u00c9vangile, \u00e0 l\u2019instar du Poverello<\/em>. Cela a contribu\u00e9 \u00e0 renforcer la popularit\u00e9 de Fran\u00e7ois dans l\u2019Italie parmi les masses paysannes du Nord et du Centre du pays.<\/p>\n\n\n\n Mussolini compose donc avec toutes ces m\u00e9moires-l\u00e0 : une m\u00e9moire nationaliste, une m\u00e9moire catholique et une m\u00e9moire socialiste <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Ce n\u2019est pas Mussolini qui a l\u2019initiative, en 1925 : c\u2019est le maire d\u2019Assise, Arnaldo Fortini. Ce dernier avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lu sur les listes du Parti Populaire avant de passer au fascisme et devenir podest\u00e0<\/em>. C\u2019est un exemple de ce cl\u00e9rico-fascisme, qui ne concerne pas seulement les \u00e9lites catholiques du pays, mais qui vient aussi du bas, en l\u2019occurrence d\u2019un personnel municipal qui choisit le fascisme par peur des agitations populaires dans les campagnes et par volont\u00e9 de retour \u00e0 l\u2019ordre. \u00c0 la fois fasciste et catholique, Fortini contacte la pr\u00e9sidence du Conseil et propose \u00e0 Mussolini d\u2019intervenir pour organiser les festivit\u00e9s et r\u00e9nover la basilique et la ville d\u2019Assise.<\/p>\n\n\n\n Mussolini saisit tr\u00e8s vite l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019op\u00e9ration. En faisant voter l\u2019instauration d\u2019un jour f\u00e9ri\u00e9 le 4 octobre, il envoie un signal utile au Saint-Si\u00e8ge, alors que vont bient\u00f4t s\u2019ouvrir les n\u00e9gociations des accords du Latran. Dans un premier temps, il ne cherche donc pas \u00e0 fasciser la figure de Fran\u00e7ois. C\u2019est au contraire l\u2019\u00c9tat fasciste qui se met au service du Saint-Si\u00e8ge. Dans le message qu\u2019il envoie aux ambassades italiennes le 28 novembre 1925, o\u00f9 il dresse la liste des grandes figures que l\u2019Italie a offertes au monde, il proclame :\u00a0<\/p>\n\n\n\n \u00ab L\u2019Italie avec Fran\u00e7ois a \u00e9galement donn\u00e9 \u00e0 la chr\u00e9tient\u00e9 et \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 le plus saint des saints. [\u2026] Et c\u2019est d\u2019ailleurs avec le saint d\u2019Assise que l\u2019Italie, bien qu\u2019encore en proie aux dures \u00e9preuves du Moyen \u00c2ge, r\u00e9v\u00e8le pour ainsi dire les premiers signes de sa renaissance et affirme ses qualit\u00e9s renouvel\u00e9es de courtoisie et d\u2019humanisme. Saint Fran\u00e7ois, qui avait pris part aux luttes communales<\/em>, s\u2019\u00e9l\u00e8ve soudain comme ravi hors du monde, au-dessus du tourbillon \u00e9tincelant des passions de son \u00e9poque<\/em>, brandissant la croix dans ses mains d\u00e9charn\u00e9es, les insignes glorieux de la charit\u00e9 et de la paix. \u00bb<\/p>\n\n\n\n En effet, ce sont les aspects que le Saint-Si\u00e8ge met en avant pour les festivit\u00e9s de 1926. Ce que Mussolini s\u2019efforce d\u2019op\u00e9rer c\u2019est une nouvelle interpr\u00e9tation de r\u00e9interpr\u00e9ter la figure de Fran\u00e7ois comme un guerrier et un pacificateur<\/em>. C\u2019est toute la perversit\u00e9 du fascisme, qui se pr\u00e9sente comme la solution politique pour mettre fin aux violences et \u00e0 une guerre civile dont il \u00e9tait lui-m\u00eame porteur. <\/p>\n\n\n\n \u00c0 l\u2019approche des c\u00e9l\u00e9brations, la figure de Fran\u00e7ois est ainsi progressivement fascis\u00e9e. Paolo Ardali, pr\u00eatre du nord de l\u2019Italie, publie notamment \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1926 un essai intitul\u00e9 San Francesco e Mussolini<\/em>, dans lequel il \u00e9tablit un parall\u00e8le entre les deux hommes. Tout ce qui concerne la pauvret\u00e9 franciscaine est retourn\u00e9 : elle n\u2019est plus pr\u00e9sent\u00e9e comme une contestation sociale, \u00e0 la mani\u00e8re des socialistes, mais comme une apologie de la discipline, de l\u2019acceptation de l\u2019ordre \u00e9tabli et du renoncement de l\u2019individu au nom d\u2019une cause sup\u00e9rieure. L\u2019\u00c9glise, pour Fran\u00e7ois, la patrie pour Mussolini. Fran\u00e7ois est \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 comme un mendiant fam\u00e9lique, en \u00e9tablissant un parall\u00e8le avec Mussolini qui, dans les tranch\u00e9es, s\u2019est sacrifi\u00e9 pour la nation en connaissant la faim. Il y a enfin la jeunesse de Fran\u00e7ois et sa participation aux guerres communales, avant sa conversion \u00e0 la vie religieuse : chez Ardali, tout le mod\u00e8le de la virilit\u00e9 fasciste s\u2019y trouverait d\u00e9j\u00e0 <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Toute une partie de l\u2019\u00c9glise comprend spontan\u00e9ment le m\u00e9canisme de propagande en train de se mettre en place autour de la figure de celui qui est le dictateur et chef du fascisme et entend devenir le chef de l\u2019\u00c9tat d\u2019une nation catholique : on essaye ainsi de faire co\u00efncider les deux syst\u00e8mes de repr\u00e9sentation et de les rendre compatibles.<\/p>\n\n\n\n Le fascisme entend faire oublier la violence \u00e0 l\u2019origine de la dictature et donc mettre en sc\u00e8ne un peuple qui le soutiendrait en masse. Ce n\u2019est pas facile, car le r\u00e9gime n\u2019en est qu\u2019\u00e0 ses d\u00e9buts et la guerre civile est encore r\u00e9cente : une grande partie des catholiques ainsi que les socialistes \u2013 en somme, la majorit\u00e9 de la population italienne \u2013 savent \u00e0 quoi s\u2019en tenir \u00e0 l\u2019\u00e9gard du fascisme. Utiliser Fran\u00e7ois et les festivit\u00e9s de 1926 est donc un moyen, peu co\u00fbteux de pr\u00e9tendre que les foules, que l\u2019on sait devoir \u00eatre consid\u00e9rables, se rassemblent aussi sous la banni\u00e8re du fascisme.<\/p>\n\n\n\n Et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il y a une transaction : Mussolini fait du 4 octobre un jour f\u00e9ri\u00e9 et d\u00e9bloque trois millions de lires, notamment pour la construction d\u2019un orphelinat, install\u00e9 juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la basilique. La premi\u00e8re pierre en est pos\u00e9e le 28 octobre 1925, c\u2019est-\u00e0-dire le jour anniversaire de la marche sur Rome. On voit l\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre la tentative de fusionner les deux m\u00e9moires, celle de Fran\u00e7ois et celle du r\u00e9gime, ce dernier se pr\u00e9sentant comme le continuateur de l\u2019\u0153uvre du premier. Il y a aussi la r\u00e9novation de la basilique et de toute la ville, avec notamment la construction d\u2019h\u00f4tels pour pouvoir accueillir les p\u00e8lerins pendant les festivit\u00e9s.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Et cela fonctionne. Le succ\u00e8s des festivit\u00e9s, c\u2019est en grande partie le r\u00e9gime fasciste qui le rend possible. L\u2019\u00c9glise n\u2019aurait pas eu les moyens financiers de pr\u00e9parer la ville d\u2019Assise \u00e0 recevoir un afflux touristique aussi important \u2013 un million et demi de visiteurs entre 1925 et 1927. C\u2019est \u00e0 la fois un tourisme patrimonial et un tourisme religieux. Le visage d\u2019Assise tel que nous le connaissons aujourd\u2019hui a \u00e9t\u00e9 en grande partie fa\u00e7onn\u00e9 dans les ann\u00e9es 1926-1927, la ville est r\u00e9nov\u00e9e avec le souci d\u2019en accentuer le caract\u00e8re m\u00e9di\u00e9val. C\u2019est quelque chose que les fascistes \u00e9tendent ensuite \u00e0 toute la Toscane, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930. Au-del\u00e0 du tourisme religieux, il s\u2019agit aussi de gagner de l\u2019argent : d\u00e9mocratiser le Grand Tour et en orienter les flux.<\/p>\n\n\n\n Du c\u00f4t\u00e9 de la propagande qui construit la figure du Duce, on trouve, la m\u00eame ann\u00e9e, la biographie de Mussolini publi\u00e9e au mois de juin par Margherita Sarfatti (1880-1961), sa ma\u00eetresse, ou du moins sa muse : Dux<\/em>, dont le titre renvoie au th\u00e8me de la restauratio imperii<\/em>.<\/p>\n\n\n\n Sarfatti \u00e9voque des femmes des Abruzzes qui, lors d\u2019une visite de Mussolini, veulent le toucher. En Sicile, on l\u2019invoque ensuite pour entrer en contact avec les morts : en tant qu\u2019ancien combattant, il devient la figure de l\u2019intercesseur aupr\u00e8s des soldats tomb\u00e9s pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Les deux fonctions classiques du saint, le thaumaturge et l\u2019intercesseur avec les morts, sont donc mises en avant, en filigrane, par Sarfatti.<\/p>\n\n\n\n\n\n Jusqu\u2019\u00e0 la fin du r\u00e9gime, une part importante de la propagande tournera autour de cette figure de nouvel alter Christus<\/em>, capable de faire des miracles <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Il y a, par exemple, les enfants malades qui recouvrent la sant\u00e9 parce que leurs parents ont plac\u00e9 une photographie du Duce sous leur oreiller ; en 1936, des sourds-muets retrouvent la parole pour jurer fid\u00e9lit\u00e9 au fondateur de l\u2019Empire ; ou bien des femmes enceintes qui fixent le portrait de Mussolini accroch\u00e9 au mur pour en transmettre les vertus \u00e0 leurs futurs enfants.\u00a0<\/p>\n\n\n\nUn paradoxe entoure la figure de saint Fran\u00e7ois. Le Poverello, figure de la pauvret\u00e9 et de la paix, a d’abord \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 d’un jour f\u00e9ri\u00e9 national par Mussolini et le r\u00e9gime fasciste il y a un si\u00e8cle exactement. Dans quel contexte cette d\u00e9cision s’inscrit-elle ? <\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Cet objectif converge-t-il avec la volont\u00e9 du pape ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Pourquoi saint Fran\u00e7ois ? Que symbolisait alors sa figure, et comment Mussolini parvient-il \u00e0 fusionner les m\u00e9moires existantes pour en faire le saint national de l\u2019Italie ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nAu prix de quelles distorsions et r\u00e9appropriations cette mise en valeur de saint Fran\u00e7ois s\u2019effectue-t-elle dans le r\u00e9gime fasciste ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
La charit\u00e9 et la paix ne paraissent pas des \u00e9l\u00e9ments clefs de la propagande fasciste\u2026<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Cette greffe cl\u00e9rico-fasciste qui configure une nouvelle identit\u00e9 de saint Fran\u00e7ois est-elle une commande du nouveau pouvoir ou s\u2019inscrit-elle dans des dynamiques culturelles d\u2019en bas ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Comment la renaissance du culte du saint en Italie et \u00e0 Assise en particulier devient-elle un instrument aux mains du pouvoir fasciste ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Mussolini cherche-t-il \u00e0 capter l\u2019aura du saint ? Se <\/strong>fait-il prince thaumaturge ou <\/strong>alter Christus<\/em><\/strong> ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n