{"id":359349,"date":"2026-09-22T20:16:57","date_gmt":"2026-09-22T18:16:57","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?post_type=sunday&p=359349"},"modified":"2026-09-22T20:28:58","modified_gmt":"2026-09-22T18:28:58","slug":"qui-ecrit-quand-personne-necrit","status":"publish","type":"sunday","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/dimanches\/qui-ecrit-quand-personne-necrit\/","title":{"rendered":"Qui \u00e9crit quand personne n\u2019\u00e9crit ?"},"content":{"rendered":"\n
L\u2019apparition de l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative bouleverse notre rapport \u00e0 l\u2019\u00e9criture, qui a lui-m\u00eame \u00e9t\u00e9 codifi\u00e9 par l\u2019invention de Gutenberg, il y a pr\u00e8s de six cents ans. <\/p>\n\n\n\n
Ce que l\u2019on oublie souvent, c\u2019est que ce qu\u2019on croit \u00eatre des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles sur le langage \u2013 je pense \u00e0 des notions qu\u2019on emploie couramment : auteur, imprimeur, plagiat, citation, copyright<\/em>\u2026 \u2013 sont en fait des modalit\u00e9s de notre rapport \u00e0 la langue dans \u00ab l\u2019\u00e8re Gutenberg \u00bb. <\/p>\n\n\n\n Dans l\u2019Antiquit\u00e9, le mode de transmission du savoir et de la parole \u00e9tait r\u00e9gi par ce qu\u2019on appelle la doxographie, sur laquelle Barbara Cassin<\/a> a beaucoup \u00e9crit : on dit que x<\/em> a dit y<\/em>, sans que y <\/em>soit consid\u00e9r\u00e9 comme les paroles exactes de x<\/em>. De m\u00eame, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019imprimerie, il faut comprendre qu\u2019il n\u2019a jamais exist\u00e9 deux fois le m\u00eame livre<\/em> \u2013 en particulier dans un monde roman o\u00f9 l\u2019orthographe lexicale n\u2019\u00e9tait pas stabilis\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n Pour la premi\u00e8re fois, avec l\u2019apparition du livre imprim\u00e9, on a pu trouver exactement la m\u00eame \u00e9dition \u00e0 Rome, Manille et Veracruz \u2013 et plus trivialement \u00e0 Sens et \u00e0 Orl\u00e9ans. La notion d\u2019auteur a chang\u00e9, et avec elle le complexe l\u00e9gal auteur-\u00e9diteur-imprimeur qui garantit l\u2019auctorialit\u00e9 des textes. <\/p>\n\n\n\n Eh bien, ces changements vertigineux qu\u2019on a un peu oubli\u00e9s et qui sont devenus pour nous des normes, sont \u00e0 nouveau en train d\u2019\u00eatre boulevers\u00e9s. Pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire, du langage peut \u00eatre produit par personne<\/em>, par autre chose qu\u2019une personne, par une immense cha\u00eene d\u2019autres langages, elle-m\u00eame d\u00e9pass\u00e9e algorithmiquement par un pari sur la cr\u00e9dibilit\u00e9 d\u2019un \u00e9l\u00e9ment n+1<\/em> de la cha\u00eene. Beaucoup de notions anciennes p\u00e9riment. Pour le dire vite \u00e0 l\u2019aide d\u2019un exemple : alors qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e8re Gutenberg, on ne doutait pas qu\u2019un texte, m\u00eame anonyme, e\u00fbt un auteur, \u00e0 l\u2019\u00e8re de ChatGPT, on peut l\u00e9gitimement douter qu\u2019un texte, m\u00eame sign\u00e9, en ait un. <\/p>\n\n\n\n M\u00eame si cela ne change pas tout du jour au lendemain \u2013 je continue d\u2019\u00e9noncer moi-m\u00eame les r\u00e9ponses \u00e0 cet entretien, qui pourra ensuite \u00eatre lu comme nous avons l\u2019habitude de le faire \u2013, je crois que cela engage un profond changement de paradigme, dont nous n\u2019avons pas encore fini de cerner les contours.<\/p>\n\n\n\n Nous vivons dans une \u00ab \u00e8re du soup\u00e7on \u00bb algorithmiquement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. Comme souvent, voil\u00e0 un concept de la modernit\u00e9 tardive \u2013 celui-ci invent\u00e9 par Nathalie Sarraute pour d\u00e9crire la crise de la fiction au lendemain de la Seconde Guerre mondiale \u2013 qui prend un tour nouveau au temps de l\u2019IA. <\/p>\n\n\n\n Peut-on se fier \u00e0 des algorithmes pour faire le partage entre le langage humain et la langue des algorithmes ? Comme \u00e0 l\u2019heure du Covid, on parle d\u00e9sormais de \u00ab faux n\u00e9gatifs \u00bb et de \u00ab faux positifs \u00bb. J\u2019ai l\u2019impression que certaines IA ont une tendance aux premiers, comme ChatGPT, et d\u2019autres aux seconds, comme Pangram.<\/p>\n\n\n\n C\u2019est une question qu’il faut s\u00e9rieusement se poser. Personnellement, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019exp\u00e9rience de d\u00e9tections erron\u00e9es sur des textes \u00e9crits de ma main, et de non-d\u00e9tections de textes \u00e9crits par ChatGPT que j\u2019avais \u00e0 peine retouch\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n Je comprends les arguments statistiques, mais j\u2019observe un probl\u00e8me structurel dans la position de tous ceux qui d\u00e9fendent la validit\u00e9 de la d\u00e9tection par IA dans le cadre de l\u2019affaire Or\u00e9lien. <\/p>\n\n\n\n Au fond, ils cherchent ainsi, par des moyens techniques, \u00e0 faire entrer le g\u00e9nie dans la bouteille en r\u00e9tablissant une v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9finitive. Je pense que le d\u00e9fi auquel nous sommes confront\u00e9s est beaucoup plus grand. Nous devons apprendre \u00e0 vivre dans un monde o\u00f9 le doute est omnipr\u00e9sent. <\/p>\n\n\n\n C’est l’un des plus beaux moments du Quart Livre<\/em> de Rabelais, aux chapitres 55 et 56. Pantagruel et ses compagnons, toujours en route vers l’oracle de la Dive Bouteille, naviguent aux confins de la mer glaciale quand Pantagruel se l\u00e8ve en pleine mer et lance : \u00ab Compaignons, oyez vous rien ? Me semble, que ie oy quelques gens parlans en l\u2019air, ie n\u2019y voy toutesfoys personne. Escoutez.<\/em> \u00bb <\/p>\n\n\n\n L’\u00e9quipage s’affole, on commence en effet \u00e0 entendre des voix d\u2019hommes, des hennissements, des coups de canon, mais personne n\u2019appara\u00eet. <\/p>\n\n\n\n Panurge, comme \u00e0 son habitude, c\u00e8de \u00e0 la panique et il faut la sagesse humaniste de Pantagruel pour ramener le calme : il passe en revue plusieurs explications savantes, puis\u00e9es chez les Anciens, avant que le pilote ne livre la clef du myst\u00e8re. L’hiver pr\u00e9c\u00e9dent, une bataille sanglante s’est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 cet endroit et les cris, les chocs d’armes et les bruits du combat ont gel\u00e9 dans l’air avec le froid. Le printemps venu, ils d\u00e9g\u00e8lent et se font entendre \u00e0 des gens qui n’y \u00e9taient pas. Pantagruel en attrape m\u00eame des poign\u00e9es sur le pont : les paroles gel\u00e9es ressemblent \u00e0 des drag\u00e9es de toutes les couleurs et ne redeviennent sonores qu’en fondant entre les mains.<\/p>\n\n\n\n Le premier lien, nous venons d\u2019en parler, c\u2019est une analogie entre l\u2019\u00e9poque de Rabelais vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e8re pr\u00e9-Gutenberg et notre \u00e9poque vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e8re pr\u00e9-IA. Rabelais, n\u00e9 dans les ann\u00e9es 1480, est, vis-\u00e0-vis de l\u2019imprimerie, ce que nous appellerions un digital native<\/em>. Mais les changements allaient alors un peu moins vite. L\u2019hypoth\u00e8se que j\u2019\u00e9mets, c\u2019est que l\u2019\u00e9tranget\u00e9 radicale de l\u2019\u00e9pisode des paroles gel\u00e9es pour un lecteur ou une lectrice d\u2019aujourd\u2019hui devait certainement \u00eatre moindre pour les contemporains de Rabelais. <\/p>\n\n\n\n Le r\u00e9cit, que nous ne pouvons qualifier que de fantastique<\/em> au regard de notre rapport au langage \u2013 qui se transmet par l\u2019\u00e9crit principalement, c\u2019est la faute \u00e0 Gutenberg \u2013, pouvait, aux yeux des lecteurs du premier XVIe si\u00e8cle, rappeler le souvenir d\u2019une \u00e9poque pas si lointaine, o\u00f9 les textes circulaient de fa\u00e7on moins authentifiable, moins l\u00e9gale, moins certifi\u00e9e que depuis l\u2019apparition de l\u2019imprimerie, o\u00f9 chaque texte \u00e9tait n\u00e9cessairement une copie manuscrite, et ce faisant, le r\u00e9gime d\u2019auctorialit\u00e9 \u00e9tait diff\u00e9rent. <\/p>\n\n\n\n L\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative ouvre une nouvelle \u00e8re o\u00f9 il est envisageable que du langage tombe du ciel sans qu\u2019on ait besoin de lui attribuer un auteur. \u00c7a parle<\/em>, comme dirait l\u2019autre. \u00c0 ce sujet, un tic de langage des \u00e9l\u00e8ves et des \u00e9tudiants \u00e0 qui j\u2019ai pu enseigner me semble exemplaire de ce changement de paradigme : on les entend souvent dire \u00ab dans le texte ils disent que\u2026 \u00bb. Cet \u00e9trange pluriel me semble \u00eatre le signe d\u2019un nouveau r\u00e9gime d\u2019auctorialit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e8re post-Gutenberg, dans un monde o\u00f9 la production du langage n\u2019est plus r\u00e9serv\u00e9e aux \u00eatres humains. Il peut y avoir du langage<\/em> comme il y a de la pluie<\/em> ou des embouteillages<\/em> : par un effet \u00e9trange, la langue rejoint le \u00e7a<\/em> freudien.<\/p>\n\n\n\n Tout \u00e0 fait. D\u2019une fa\u00e7on int\u00e9ressante, cette affaire montre que nous sommes perdus, car les outils dont nous disposons pour en juger, qui datent de l\u2019\u00e8re-Gutenberg, s\u2019av\u00e8rent tout \u00e0 coup obsol\u00e8tes. La notion de plagiat est, en effet, un bon exemple. <\/p>\n\n\n\n Bien entendu si la suspicion est av\u00e9r\u00e9e, elle risque sans doute de co\u00fbter un beau prix litt\u00e9raire \u00e0 son auteur. Cependant, on ne pourra pas exactement brandir l\u2019accusation de plagiat, qui serait en effet infond\u00e9e au sens l\u00e9gal de ce mot. Comment nommer alors ce dont il s\u2019agit ? Acceptera-t-on de lire, d\u2019aimer ou de r\u00e9compenser des \u0153uvres co-\u00e9crites par l\u2019IA ? Que voudrait dire \u00ab cr\u00e9diter l\u2019IA comme co-auteur \u00bb, quand on sait par ailleurs que l\u2019algorithme se fonde lui aussi sur une immense agr\u00e9gation d\u2019autres textes, sans pour autant les citer ?<\/p>\n\n\n\n D\u2019une certaine mani\u00e8re, oui. Quand Roland Barthes r\u00eave \u00ab La mort de l\u2019auteur \u00bb, prolongeant au fond le d\u00e9sir proustien de s\u2019affranchir de la critique biographique, mais cette fois pour de bon<\/em>, il n\u2019a \u00e9videmment pas en t\u00eate la disparition r\u00e9elle des auteurs par l\u2019invention de robots capables de produire du langage. Cependant, il faut mettre les structuralistes face \u00e0 leurs contradictions : si l\u2019on r\u00eave d\u2019analyser le texte comme pure combinaison de mots (textus<\/em>), <\/em>d\u00e9li\u00e9e de toute consid\u00e9ration quant \u00e0 l\u2019intentionnalit\u00e9 de sa production, quoi de plus fabuleux qu\u2019une prose \u00e9crite par personne<\/em> ?\u00a0<\/p>\n\n\n\n Quoi qu\u2019il en soit, le langage produit par ChatGPT pose de s\u00e9rieuses questions structurales<\/em>, tant du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019analyse des textes et de la po\u00e9tique, que du c\u00f4t\u00e9 de la psychanalyse et de la r\u00e9flexion sur la dimension constitutive du langage dans la construction du sujet. <\/p>\n\n\n\n Je suis convaincu que les ing\u00e9nieurs et les commentateurs de l\u2019IA auraient besoin de concepts structuralistes pour penser ce qu\u2019ils ont sous les yeux. Ils ont eu absolument tort d\u2019esquiver cette dimension ; ils s\u2019en rendent compte sans doute seulement maintenant, face \u00e0 ce qu\u2019ils sont en train de d\u00e9couvrir. <\/p>\n\n\n\n Le paradoxe de l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative est le suivant : elle fait sortir le num\u00e9rique de l\u2019\u00e8re purement math\u00e9matique ou algorithmique pour le faire entrer dans une \u00e8re structuraliste et litt\u00e9raire, \u00e0 tous les sens du mot. <\/p>\n\n\n\n Il y a tant de menaces brandies autour de l\u2019IA que je ne m\u2019aventurerais pas \u00e0 dire comment r\u00e9pondre \u00e0 chacune ! J\u2019en vois peut-\u00eatre une qui est davantage \u00e0 ma port\u00e9e, et dans l\u2019orbite de ce \u00e0 quoi je r\u00e9fl\u00e9chis dans ce livre. Je la r\u00e9sumerais ainsi : que faire face \u00e0 la langue de l\u2019IA, qu\u2019on la reconnaisse comme telle (dans une conversation avec un LLM), qu\u2019on la devine entre les lignes (dans un texte sign\u00e9 mais visiblement nourri d\u2019IA), ou carr\u00e9ment qu\u2019on la re\u00e7oive sans la reconna\u00eetre (dans un r\u00e9emploi qui passerait sous nos radars) ? Au risque de vous d\u00e9cevoir, ma r\u00e9ponse est la suivante : il faut, plus que jamais, apprendre \u00e0 lire.<\/p>\n\n\n\n Dans le monde qui vient, la capacit\u00e9 \u00e0 savoir lire<\/em>, dont je parlais au d\u00e9but de cet entretien, va devenir une des comp\u00e9tences les plus irrempla\u00e7ables et les plus discriminantes qui soit. La lecture critique, la r\u00e9flexion sur l\u2019\u00e9laboration du sens, la vigilance face aux mots, toutes choses dont on croit qu\u2019elles vont dispara\u00eetre sous l\u2019effet de l\u2019IA, seront au contraire les conditions de notre libert\u00e9 \u00e0 l\u2019heure de son r\u00e8gne. <\/p>\n\n\n\n \u00c0 l\u2019heure de l\u2019IA, il me semble que de nombreuses proph\u00e9ties de la modernit\u00e9, ces phrases de Marx, Rimbaud, Nietzsche, Mallarm\u00e9 ou Freud qu\u2019on ressort souvent, prennent un nouveau sens. L\u2019une d\u2019elles, c\u2019est l\u2019\u00e9nigmatique \u00ab Je est un autre \u00bb que Rimbaud \u00e9crit dans sa lettre \u00e0 Paul Demeny du 15 mai 1871, alors qu\u2019il n\u2019a que 16 ans et qu\u2019il s\u2019ennuie \u00e0 Charleville pendant que Paris vit l\u2019effervescence de la Commune \u2013 qui s\u2019ach\u00e8vera bient\u00f4t dans le sang. <\/p>\n\n\n\n C\u2019est une phrase qu\u2019on peut relire \u00e0 l\u2019aune de la psychanalyse, a fortiori<\/em> lacanienne, bien s\u00fbr. On y entend alors l\u2019id\u00e9e que ce qui de moi dit \u00ab je<\/em> \u00bb est une construction imaginaire et symbolique dans laquelle entrent l\u2019image de l\u2019autre et son langage. Mais si l\u2019on d\u00e9place cela \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative, il faut aller plus loin. Que se passe-t-il si je reprends \u00e0 mon compte la langue de l\u2019IA, que ce soit pour la recopier ou pour prendre au s\u00e9rieux son discours ? Quel autre<\/em> laiss\u00e9-je entrer dans ma langue<\/em> ? Qui me parle<\/em> alors ?<\/p>\n\n\n\nQu\u2019est-ce qui change avec l\u2019IA ?<\/h3>\n\n\n\n
C’est ainsi que vous comprenez l’affaire Th\u00e9lyson Or\u00e9lien ? <\/h3>\n\n\n\n
Au fond pour vous nous ne pourrions pas faire confiance aux algorithmes pour d\u00e9tecter des textes \u00e9crits par des algorithmes ?<\/h3>\n\n\n\n
Dans votre livre, vous proposez de trouver la clef de cet apprentissage dans un \u00e9pisode du Quart Livre<\/em> de Rabelais, l’un des chefs-d’\u0153uvre de la Renaissance fran\u00e7aise. Pourriez-vous nous l’expliquer ?<\/h3>\n\n\n\n
Quel rapport entre ce r\u00e9cit et l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative ?<\/h3>\n\n\n\n
En quel sens ?<\/h3>\n\n\n\n
Les paroles gel\u00e9es de Rabelais sont-elles au temps de l\u2019IA une image de ce que Claude ou ChatGPT nous offrent ?<\/h3>\n\n\n\n
Revenons au souci de nommer les choses, qui est au c\u0153ur de votre essai. Dans l’affaire Or\u00e9lien, on parle beaucoup de \u00ab plagiat \u00bb. Mais quoi qu’on pense du fond de l’affaire, ce mot ne semble pas tout \u00e0 fait appropri\u00e9 et il para\u00eet m\u00eame, d’une certaine mani\u00e8re, injuste. Faut-il inventer un terme pour d\u00e9signer le fait de signer un texte \u00e9crit par une intelligence artificielle et la personne qui le fait ? <\/h3>\n\n\n\n
La mort de l\u2019auteur \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019intelligence artificielle donne-t-elle raison aux structuralistes ? Assistons-nous \u00e0 la revanche de Barthes ou de Foucault ?<\/h3>\n\n\n\n
\u00c0 mi-chemin entre Barthes (degr\u00e9 z\u00e9ro de l\u2019\u00e9criture) et Foucault (fonction-auteur) au temps de l\u2019IA, avec cette pol\u00e9mique les ing\u00e9nieurs semblent d\u00e9couvrir les probl\u00e8mes de la litt\u00e9rature, et les litt\u00e9raires ceux du num\u00e9rique\u2026 <\/h3>\n\n\n\n
Comment pourrait-on lutter contre cette nouvelle \u00e8re du soup\u00e7on algorithmiquement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e qui s\u2019ouvre sur toutes les productions \u00e9crites \u00e0 l\u2019\u00e8re de ChatGPT ? <\/h3>\n\n\n\n
Pourquoi maintenant Je est plein d\u2019autres<\/em> ?\u00a0<\/h3>\n\n\n\n