{"id":348161,"date":"2026-07-24T21:41:27","date_gmt":"2026-07-24T19:41:27","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?post_type=sunday&p=348161"},"modified":"2026-07-24T21:47:03","modified_gmt":"2026-07-24T19:47:03","slug":"un-inedit-de-lecrivain-grec-ilias-venezis-galini-serenite","status":"publish","type":"sunday","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/dimanches\/un-inedit-de-lecrivain-grec-ilias-venezis-galini-serenite\/","title":{"rendered":"Un in\u00e9dit de l’\u00e9crivain grec Il\u00edas Ven\u00e9zis (Galini, s\u00e9r\u00e9nit\u00e9)"},"content":{"rendered":"\n

Chapitre V<\/strong><\/p>\n\n\n\n

O\u00f9 un homme tente de poursuivre des chim\u00e8res<\/em>
<\/em>sur la terre d\u2019An\u00e1vyssos<\/em><\/p>\n\n\n\n

Le lendemain, l’aube se leva sur les corps des r\u00e9fugi\u00e9s, qui venaient de passer une seconde nuit sous les arbres. \u00c0 l’est, au-dessus de la ligne des collines, l’\u00e9toile du matin planait sur les terres arides d’An\u00e1vyssos, pareille \u00e0 un faucon qui a d\u00e9j\u00e0 rep\u00e9r\u00e9 sa proie.<\/p>\n\n\n\n

Glaros ouvrit les yeux et secoua doucement son \u00e9pouse, endormie aupr\u00e8s de lui.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Eleni\u2026 Debout.<\/p>\n\n\n\n

Elle tressaillit.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Que se passe-t-il ?<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Rien. La nuit s’est pass\u00e9e sans encombre.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 J’ai eu peur. Je me disais que les bergers viendraient peut-\u00eatre nous chasser. Que le Seigneur soit b\u00e9ni !<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Je te l’ai dit : pour l’instant nous n’avons rien \u00e0 craindre. Plus tard, peut-\u00eatre, ils s’en prendront \u00e0 nous. Mais pas aujourd’hui.<\/p>\n\n\n\n

Comme tous les autres, elle avait appris \u00e0 ne donner de prix qu’\u00e0 l’instant pr\u00e9sent. Le bonheur comme le malheur appartenaient d\u00e9sormais \u00e0 un avenir si lointain qu’ils en avaient presque cess\u00e9 d’exister.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Qui sait ? murmura-t-elle.<\/p>\n\n\n\n

Et, une fois encore, elle rendit gr\u00e2ce \u00e0 Dieu pour cette nuit paisible.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 D\u00e8s le lever du jour, je partirai, dit Fotis. J’irai reconna\u00eetre les environs. Il faut choisir notre terre.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Je ne sais pas si cela changera grand-chose, r\u00e9pondit-elle. O\u00f9 que l’on regarde, c’est partout la m\u00eame terre : s\u00e8che\u2026 Et\u2026<\/p>\n\n\n\n

Elle s’interrompit.<\/p>\n\n\n\n

Elle savait que son mari n’avait jamais pr\u00eat\u00e9 grande attention \u00e0 ses avis. Comme sa m\u00e8re avant elle, elle avait appris \u00e0 se taire.<\/p>\n\n\n\n

Elle demanda seulement :<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Veux-tu que je t’accompagne ?<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Non.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 quoi bon ? Il fallait bien que quelqu’un rest\u00e2t aupr\u00e8s des enfants.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 J’irai seul.<\/p>\n\n\n\n

C’\u00e9tait un homme de petite taille, maigre, encore jeune, les yeux vifs, les veines saillantes sur ses avant-bras noueux.<\/p>\n\n\n\n

Cinq heures s’\u00e9coul\u00e8rent avant qu’il ne repar\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n

Lorsqu’il revint, son visage portait d\u00e9j\u00e0 la marque de la r\u00e9signation.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 C’est ainsi, dit-il. Partout, c’est la m\u00eame terre.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Alors nous choisirons au hasard ?<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Au hasard. Demain, je te montrerai l’endroit. Il est tout pr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n

Ils gard\u00e8rent longtemps le silence.<\/p>\n\n\n\n

Ils pressentaient obscur\u00e9ment qu’en cette heure se d\u00e9cidait le destin d’un monde encore invisible : celui de leurs enfants. D\u00e9sormais, leur histoire serait celle de cette terre.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Au moins, c’est une terre proche de Dieu, dit-elle doucement, comme si ces mots suffisaient \u00e0 la consacrer.<\/p>\n\n\n\n

Toute la journ\u00e9e, Glaros avait parcouru cette plaine dess\u00e9ch\u00e9e. Il revenait, r\u00e9solu \u00e0 accepter la parcelle qui lui serait attribu\u00e9e, o\u00f9 qu’elle se trouv\u00e2t, lorsqu’il aper\u00e7ut une petite \u00e9glise \u00e0 demi \u00e9croul\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n

Elle n’avait plus ni porte ni ic\u00f4nes. C’\u00e9tait l’un de ces pauvres ermitages o\u00f9, dans les campagnes de l’Attique, les anachor\u00e8tes byzantins venaient jadis chercher refuge. Hommes simples et craignant Dieu, ils avaient couvert les murs des traces de leur long combat spirituel, faisant de leur propre existence une hagiographie.<\/p>\n\n\n\n

Comme dans les autres ermitages de l’Hymette, les pluies, les vents et les si\u00e8cles avaient presque tout effac\u00e9. Il ne demeurait qu’un peu de couleur, quelques silhouettes \u00e0 peine, dont le temps avait lentement rong\u00e9 les contours.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 peine parvenu devant la petite \u00e9glise, Glaros fit le signe de la croix.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Aide-moi, Seigneur. J’ai une femme et de jeunes enfants.<\/p>\n\n\n\n

Il consid\u00e9ra longuement les lieux, puis en fit le tour.<\/p>\n\n\n\n

\u00c7\u00e0 et l\u00e0 gisaient des pierres. Un muret, profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans le sol, attira son regard. Il le prit d’abord pour une simple cl\u00f4ture. Puis, voyant la force de ses fondations, il comprit qu’il s’agissait des vestiges d’une ancienne demeure.<\/p>\n\n\n\n

\u00ab Des hommes ont v\u00e9cu ici autrefois, songea-t-il. Pourquoi cette terre vaudrait-elle moins qu’une autre ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Il lui semblait que la chaleur des hommes qui avaient v\u00e9cu l\u00e0 montait encore des profondeurs du temps et continuait de b\u00e9nir cette terre par leur travail.<\/p>\n\n\n\n

Il leva les yeux.<\/p>\n\n\n\n

La mer n’\u00e9tait gu\u00e8re \u00e9loign\u00e9e. Quant aux torrents de l’hiver, les ravines qu’ils avaient creus\u00e9es montraient qu’ils coulaient plus bas. M\u00eame les pluies les plus violentes n’atteindraient jamais cet endroit.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 C’est ici.<\/p>\n\n\n\n

Et il fit de nouveau le signe de la croix.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Les autres ne sont pas encore revenus ? demanda-t-il.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Non. Ils cherchent encore.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Que cherchent-ils donc ? Le docteur n’est pas l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Je ne l’ai pas vu partir. Il doit \u00eatre quelque part dans les environs.<\/p>\n\n\n\n

Alors Glaros partit \u00e0 sa recherche.<\/p>\n\n\n\n

Il avait toujours ob\u00e9i \u00e0 son instinct. Il accordait une confiance enti\u00e8re \u00e0 ces forces obscures qui marchent aupr\u00e8s des hommes. Mais parce qu’il savait que le choix qu’il allait faire serait irr\u00e9vocable, et qu’il n’en r\u00e9pondrait que devant Dieu, il \u00e9prouvait le besoin d’entendre une voix qui confirm\u00e2t la sienne.<\/p>\n\n\n\n

La pr\u00e9sence d’un autre homme lui \u00e9tait n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n

Cet autre n’\u00e9tait presque jamais sa femme.<\/p>\n\n\n\n

Elle appartenait \u00e0 sa propre substance ; elle \u00e9tait comme une voix sortie de sa bouche m\u00eame. Elle ne pouvait r\u00e9pondre \u00e0 ce besoin.<\/p>\n\n\n\n

Le docteur, d\u00e9positaire de la sagesse du monde au sein de cette petite communaut\u00e9 d’exil\u00e9s, demeurait son plus s\u00fbr appui.<\/p>\n\n\n\n

Il se dirigea vers l’arbre sous lequel ils s’\u00e9taient install\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

L\u00e0 aussi, Dimitris Venis parlait avec sa femme de cette m\u00eame question.<\/p>\n\n\n\n

L’esprit de communaut\u00e9 qui, jusqu’\u00e0 la veille encore, les avait unis dans les souffrances de l’exil et les p\u00e9rils d’une terre \u00e9trang\u00e8re commen\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 se dissiper. Chacun s’\u00e9tait \u00e9loign\u00e9 \u00e0 la recherche de la terre qui serait d\u00e9sormais la sienne.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Tous les hommes sont partis. Sais-tu pourquoi ? demanda Dimitris Venis.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Je le sais.<\/p>\n\n\n\n

Puis elle ajouta, d’une voix sans douceur :<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Toi seul es rest\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Il fit semblant de ne pas entendre. Depuis quelque temps, il s’\u00e9tait accoutum\u00e9 \u00e0 de tels silences.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Que serais-je all\u00e9 faire ? dit-il. Qu’y connais-je, \u00e0 la terre ? Mais moi aussi, j’ai ma t\u00e2che.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Laquelle ?<\/p>\n\n\n\n

D’un geste de la main, il d\u00e9signa le petit cercle de terre qui les entourait.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Ici. C’est ici que nous resterons.<\/p>\n\n\n\n

Il lui parlait de ce lieu comme s’il le voyait d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9. Les arbres \u00e9taient rares ; la mer, toute proche. Un jour, lorsque l’\u00c9tat leur aurait donn\u00e9 de quoi b\u00e2tir quelques cabanes, leur village s’\u00e9l\u00e8verait l\u00e0. Ils regarderaient les navires passer avant qu’ils ne disparaissent au large. Si la terre consentait \u00e0 porter des fruits, ils la retourneraient au pied de la montagne. Les autres viendraient les aider ; lui, il soignerait les leurs.<\/p>\n\n\n\n

Elle l’\u00e9coutait sans r\u00e9pondre. Ses paroles glissaient sur elle comme l’eau sur une pierre.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Et puis\u2026, reprit Dimitris Venis.<\/p>\n\n\n\n

Sa voix s’\u00e9tait faite grave.<\/p>\n\n\n\n

Elle tourna lentement la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Et puis ?<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Nous planterons des roses.<\/p>\n\n\n\n

Sa voix tremblait \u00e0 peine.<\/p>\n\n\n\n

Irini sentit un rire lui monter aux l\u00e8vres. Elle le retint. Son visage reprit cette duret\u00e9 qui lui \u00e9tait famili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Tu n’as jamais rien accompli qui ne f\u00fbt vain ou m\u00e9diocre. Et voil\u00e0 qu’aujourd’hui, sur cette terre que tu as choisie, je croyais enfin te voir semer du bl\u00e9. J’aurais pens\u00e9 que, pour une fois, tu voudrais faire \u0153uvre utile. Mais ton destin semble devoir demeurer, jusqu’au bout, ce qu’il a toujours \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Sous le pin, la ros\u00e9e rafra\u00eechissait les branches ; rien pourtant n’adoucissait cette voix. Elle demeurait s\u00e8che, inflexible.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Ton destin restera le m\u00eame jusqu’\u00e0 la fin.<\/p>\n\n\n\n

Bless\u00e9, le docteur releva brusquement la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Le tien aussi.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 peine ces mots eurent-ils franchi ses l\u00e8vres qu’il les regretta. Il aurait voulu s’expliquer.<\/p>\n\n\n\n

Dans son pays, disait-il, tous cultivaient les roses. L’eau de rose rapportait davantage que le bl\u00e9. Ses p\u00e8res en avaient v\u00e9cu avant lui. Lui seul avait rompu cette lign\u00e9e. Et voici qu’enfin la vie lui rendait un morceau de terre\u2026<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 cet instant, Glaros arriva sous leur arbre.<\/p>\n\n\n\n

Irini se retourna vers lui. Elle voulait humilier son mari.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Nous aussi, Fotis, nous cultiverons la terre. Le savais-tu ?<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Avez-vous d\u00e9j\u00e0 choisi votre terre ? demanda Glaros. Qui vous a montr\u00e9 cet endroit ?<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Nous cultiverons les pentes de cette montagne.<\/p>\n\n\n\n

Puis elle ajouta :<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Et nous planterons des roses.<\/p>\n\n\n\n

Elle le regarda fixement, savourant l’\u00e9tonnement qui se lisait sur son visage.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Oui, des roses, r\u00e9p\u00e9ta-t-elle avec une ironie triomphante.<\/p>\n\n\n\n

Glaros h\u00e9sita avant de r\u00e9pondre.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Des roses ? Ici ? Que ferez-vous de toutes ces pierres et de ces ronces ? Et quand bien m\u00eame les rosiers prendraient racine, qu’en feriez-vous ?<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Nous nous en parerons, r\u00e9pondit Irini.<\/p>\n\n\n\n

Ses yeux flamboyaient.<\/p>\n\n\n\n

Son regard avait la f\u00e9rocit\u00e9 d’une b\u00eate traqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n

Le docteur ne disait rien. Il regardait la mer, comme pour retenir ce qui montait en lui.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Dans la plaine, il y a des terres que l’on peut d\u00e9fricher, reprit Glaros. Il y en aura pour tous. C’est l\u00e0 que vous devriez prendre votre part, docteur. Vous pourrez, comme nous, planter de la vigne ou semer du bl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Le docteur se tourna lentement vers lui.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Nous resterons ici.<\/p>\n\n\n\n

Puis, presque \u00e0 voix basse :<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Si Dieu le veut.<\/p>\n\n\n\n

Et dans cette voix presque \u00e9teinte, d\u00e9j\u00e0 pareille \u00e0 celle d’un vieillard, vibrait une r\u00e9solution in\u00e9branlable.<\/p>\n\n\n\n

Une ligne d’azur au-dessus de la terre ; des arbres, des tombes ; l’\u00e9clair qui jaillit, puis s’\u00e9teint en se perdant dans la mer ; et, par-del\u00e0 toute chose, le silence, ultime fronti\u00e8re du monde.<\/p>\n\n\n\n

Qui conna\u00eet le destin du monde ?<\/p>\n\n\n\n

Lecteur, je voudrais te parler du destin de quelques hommes. Je voudrais parler de ces ossements que la mer blanchira lorsqu’apr\u00e8s d’innombrables ann\u00e9es elle aura recouvert de ses eaux ce refuge de terre.<\/p>\n\n\n\n

Je ne connais rien qui d\u00e9livre mieux l’homme de l’amertume de l’incertitude que le silence et l’immuable certitude des astres.<\/p>\n\n\n\n

\u00ab Autour d’eux, la Terre nourrici\u00e8re cr\u00e9pitait dans les flammes ; la for\u00eat immense, indicible, grondait sous l’incendie. Toute la terre bouillonnait, ainsi que le cours d’Oc\u00e9an et la mer st\u00e9rile ; une vapeur br\u00fblante enveloppait les Titans n\u00e9s de la Terre, tandis que les flammes montaient jusqu’\u00e0 l’\u00e9ther divin. Une ardeur sacr\u00e9e retenait alors le Chaos\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Ainsi en fut-il lorsque se livra le grand combat d’o\u00f9 naquit l’harmonie du cosmos.<\/p>\n\n\n\n

Au commencement fut le Chaos ; puis vint la vaste Terre ; puis cette force qui attire les corps les uns vers les autres afin que la vie se perp\u00e9tue.<\/p>\n\n\n\n

Vinrent ensuite la nuit, la lumi\u00e8re et le ciel ; les divinit\u00e9s du mouvement et de la dur\u00e9e ; les dieux des fleuves et des sources.<\/p>\n\n\n\n

Alors une \u00e9toile dit \u00e0 une autre :<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Regarde, l\u00e0-bas, sur la Terre. Il me semble qu’ils commencent \u00e0 marcher.<\/p>\n\n\n\n

\u2014 Oui, ils marchent, r\u00e9pondit l’autre \u00e9toile.<\/p>\n\n\n\n

Et le silence du firmament glac\u00e9 recouvrit de nouveau la nuit et les profondeurs, aux premiers jours de la vie des hommes sur la Terre.<\/p>\n\n\n\n

Il n’en ira pas autrement lorsque viendra l’heure derni\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Une civilisation na\u00eet quand un homme choisit une pierre et qu’un autre d\u00e9cide d’y planter des roses. <\/p>\n","protected":false},"featured_media":348098,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":true,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":9,"_lgc_tts_voice":"","_lgc_tts_publish":false,"_lgc_tts_history_item_id":"","_lgc_tts_generated_at":"","_lgc_tts_status":"","_lgc_tts_error":"","footnotes":""},"categories":[],"staff":[5074],"editorial_format":[4916],"week":[5073],"geo":[],"class_list":["post-348161","sunday","type-sunday","status-publish","hentry","staff-ilias-venezis","editorial_format-textes"],"acf":{"_thumbnail_id":348098,"excerpt":"Une civilisation na\u00eet quand un homme choisit une pierre et qu'un autre d\u00e9cide d'y planter des roses. 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